Mercredi 3 décembre 2008
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13:44
(Labyrinth)
de Jim Henson (Etats-Unis)
Avec David Bowie, Jennifer Connelly, Shelley Thompson, Toby Froud, David Goelz, Steve Whitmire, Karen Prell
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Fort du succès artistique de Dark Crystal, Jim Henson, le père du Muppet Show, décida de transformer l’essai en se lançant dans un nouveau conte fantastique appréciable à la fois par
les enfants et les adultes. Au lieu d’opter une fois de plus pour un casting exclusivement constitué de marionnettes (c’était la grande originalité de Dark Crystal en 1982), il préféra cette
fois mixer créatures fantastiques et acteurs humains. Revu à la hausse, le budget atteint la somme confortable de 25 millions de dollars (contre 15 millions pour Dark Crystal). La jeune
Jennifer Connelly, qui venait de faire ses preuves dans Phenomena de Dario Argento, tient donc la vedette de
Labyrinthe, dont le scénario fut co-écrit par Henson et l’ex-Monty Python Terry Jones, et dont la production fut assurée par George Lucas. Elle y incarne Sarah, une adolescente romantique
mal à l’aise dans sa vie de famille.
Grâce aux contes fantastiques qu’elle lit à longueur de journée, elle trouve le moyen de s’évader d’un quotidien trop morne et imagine même de temps en temps que son frère cadet Toby (interprété
par le tout jeune Toby Froud, fils du concepteur visuel du film), parfois trop envahissant à son goût, est enlevé par une horde de lutins. Or un soir, son souhait secret se réalise. Prise de
panique, elle se sert de son livre favori, « Le Labyrinthe », pour franchir les portes de l’autre monde et partir à la recherche de Toby. Plongée dans les méandres d’un labyrinthe peuplé de
créatures étranges, elle n’a que treize heures pour remettre la main sur son frère, prisonnier dans le palais du cruel et séduisant Jareth. « Je demande si peu », réclame celui-ci. « Crains moi,
aime moi, fais ce que je dis et je serai ton esclave. »
Affublé d’une coupe en pétard peroxydée à faire pâlir Luc Besson, Jareth est incarné par David Bowie, assurant par sa simple présence une belle promotion au film et permettant au film de se muer,
le temps de quelques séquences, en véritable comédie musicale. Ainsi, après avoir donné la réplique à l’immense Donald Pleasence dans Phenomena, Jennifer Connelly partage-t-elle cette fois l’affiche avec l’une des plus grandes rock stars du moment. Dès les
premiers préparatifs de Labyrinthe, Henson envisageait de faire appel à un chanteur de sa carrure pour le rôle, les deux autres choix possibles étant Sting et Michael Jackson.
Ce casting surprenant contribue beaucoup à l’impact de Labyrinthe, paré en outre d’un bestiaire débordant d’originalité (dont chaque spécimen s’inspire des jouets ou des éléments de
décoration de la chambre de Sarah que l’on découvre au début du film), d’une magnifique photographie d’Alex Thomson (La Forteresse Noire, Legend), d’effets spéciaux imaginatifs (incluant un hibou en image de synthèse pendant le générique de début, effet assez
révolutionnaire à l’époque) et de décors proprement magiques (inspirés partiellement par l’univers sens dessus dessous de MC Escher). Mais le film ne parvient pas à égaler en fantaisie Dark
Crystal, de l’ombre duquel il ne s’extirpe guère, entravé par un scénario trop basique, une mise en scène quelque peu académique et une bande originale qui, aujourd’hui, a pris un sacré coup de
vieux.
© Gilles Penso
Thema: Contes de fées
Par Gilles Penso
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