(The Mummy)
de Stephen Sommers (Etats-Unis)
avec Brendan Fraser, Rachel Weisz, Arnold Vosloo, John Hannah, Kevin J. O’Connor, Oded Fehr, Jonathan Hyde, Patricia Velasquez


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Un remake à grand spectacle de la très théâtrale Momie de Karl Freund confié au réalisateur d’un Livre de la Jungle et d’Un Cri dans l’Océan ne brillant guère par leur finesse, il y avait là de quoi s’inquiéter ! D’autant qu’il fut question à une certaines époque de réalisateurs plus prestigieux à la tête de cette entreprise, notamment George Romero, Clive Barker ou Joe Dante. Et pourtant, ô joie, cette Momie new look est une magistrale réussite. Car Sommers s’est mis en tête de puiser son inspiration principale chez Indiana Jones. Exit donc les huis clos minimalistes et les chiches figurants. Ici, le souffle de la grande aventure plane sur un scénario qui s’offre toutes les variantes possibles sur le thème initial, tout en respectant dans les grandes lignes le récit du film original.

L’égyptologue Evelyn Carnahan engage l’aventurier Rick O’Connell pour l’emmener dans l’ancienne cité d’Hamunaptra où réside le corps momifié d’Imhotep. Celui-ci fut jadis enterré vivant pour avoir couché avec la promise du Pharaon, Anck Su Namun (la belle Patricia Velasquez, qui apparaît dans le film uniquement vêtue de quelques bijoux et d’une peinture corporelle élaborée). Il ressuscite bientôt et se met en tête de ramener sa belle à la vie. Sur un rythme échevelé, La Momie de Sommers alterne les scènes d’action inédites (l’avion pris dans une tempête de sable vivante), les séquences d’épouvante outrancières (l’attaque des insectes anthropophages) et les gags allègres (l’un des héros face à une horde d’adorateurs d’Imhotep qui imite leur démarche de zombies pour passer inaperçu). En tête de casting, on trouve Brendan Fraser (ex-George de la Jungle) en émule d’Indiana Jones, Rachel Weisz (future héroïne de Stalingrad) en beauté érudite et maladroite, et John Hanna (révélation de Quatre Mariages et un Enterrement) qui assure avec brio le rôle du faire-valoir comique. La momie elle-même est incarnée par l’impressionnant Arnold Vosloo. Indéniable réussite technique, elle apparaît d’abord sous la forme d’un zombie décharné intégralement numérique, avant de retrouver progressivement ses traits humains.

« Dans les vieux films, ce n’est pas un personnage très effrayant »
, nous avoue Vosloo. « Il marche si lentement que vous pouvez lui échapper sans problème ! La version que nous avons tournée est très différente des momies de nos grands-pères. Les fans purs et durs seront peut-être déçus, parce que ce n’est pas seulement un conte d’épouvante. Mais si vous faites un film de 80 millions de dollars, vous devez attirer plus de gens qu’une poignée de cinéphiles. Voilà pourquoi il y a de l’action, de la comédie et de la romance, comme dans un Indiana Jones, un Errol Flynn, ou un aventure à la Jason et les Argonautes. Il y a d’ailleurs une allusion directe à Jason dans le film, lorsque Brendan Fraser affronte une meute de momies squelettiques. » (1) Cerise sur le gateau, Jerry Goldsmith a composé pour cet habile mélange d’action, d’horreur et d’humour une partition aux teintes orientales du plus bel effet. Le succès de La Momie fut tel que dès le lendemain de sa sortie, les responsables d’Uinversal téléphonèrent à Stephen Sommers pour lui passer commande d’une séquelle !

(1) Propos recueillis par votre serviteur en juin 1999
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