(Inkheart)
d’Iain Softley (Etats-Unis/Grande-Bretagne/Allemagne)
avec Brendan Fraser, Paul Bettany, Helen Mirren, Jim Broadbent, Andy Serkis, Eliza Hope Bennett, Rafi Gavron, Sienna Guillory


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En quelques années, Brendan Fraser s’est spécialisé dans l’aventure fantastique tout public. Après George de la Jungle, Endiablé, Monkeybone, Les Looney Tunes passent à l’attaque, les trois épisodes de La Momie et Voyage au centre de la Terre, le voilà en tête d’affiche de Cœur d’encre, adaptation du best seller homonyme de Cornelia Funke. C’est d’ailleurs la romancière elle-même, également productrice du film, qui jeta son dévolu sur le comédien, interprète idéal à ses yeux du héros Mo Folchart, qui possède le don de donner vie aux personnages des livres qu’il lit à voix haute.

Or chaque fois qu’un être de fiction surgit d’une page, une personne du monde réel disparaît en contrepartie à l’intérieur de l’ouvrage. C’est ainsi que Mo a perdu son épouse Resa (Sienna Guillory). Depuis, accompagné de sa fille Meggie (Eliza Hope Bennett), il visite toutes les vieilles librairies, tous les bouquinistes et tous les marchés au livre du monde en quête d’un exemplaire de « Cœur d’Encre », l’ouvrage où s’est volatilisée Resa. Mais plusieurs personnages de ce conte fantastique se sont déjà installés dans le monde réel, notamment le redoutable Capricorne (Andy Serkis). Ce dernier kidnappe Meggie, qui possède le même don que son père, et projette de faire sortir du livre une créature monstrueuse et vorace baptisée l’Ombre…

D’emblée, on se laisse volontiers séduire par l’originalité du concept de Cœur d’Encre, qui n’est pas sans évoquer une autre œuvre majeure de la littérature pour la jeunesse : "L’Histoire sans Fin" de Michael Ende. Certes, l’interpénétration entre le monde réel et celui de la fiction appelait de nombreuses réflexions et idées narratives que le scénario de David Lindsay-Abaire ne fait ici qu’effleurer. Mais le film d’Iain Softley sait se montrer divertissant d’un bout à l’autre, paré d’une photographie somptueuse et d’extérieurs naturels très photogéniques captés en Europe. Les situations que l’intrigue met en place ne manquent pas de sel (l’intrusion d’un jeune voleur des 1001 Nuits qui tombe amoureux de Meggie, l’apparition du chien Toto du "Magicien d’Oz") et le film se paie même le luxe d’un bestiaire fantastique de toute beauté. Grâce à des effets spéciaux remarquables combinant souvent l’image de synthèse et l’animatronique, un minotaure enragé, des singes volants, une licorne et surtout l’Ombre colossale prennent corps et se déchaînent au cours d’un final joyeusement mouvementé.

Le dernier atout – et non des moindres – de Cœur d’Encre est son casting intelligent. Aux côtés de Brendan Fraser et de sa petite famille à l’écran interviennent ainsi quelques savoureux seconds rôles, notamment Andy Serkis en méchant grandiloquent, Helen Mirren en vieille tante misanthrope et Paul Bettany en jongleur pyromane et romantique répondant au surnom de « Doigt de Poussière ». Voilà donc un spectacle de qualité qui s’extrait sans difficulté de la masse importante d’œuvres fantastico-épiques saturant les écrans depuis le succès de la saga Harry Potter et qui générera peut-être deux séquelles, comme le roman dont il s’inspire, si le succès est au rendez-vous.


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