de Len Wiseman (Etats-Unis)
Avec Kate Beckinsale, Scott Speedman, Shane Brolly, Michael Sheen, Bill Nighy, Erwin Leder, Sophia Myles, Robbie Gee


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Roméo et Juliette au pays des loups-garous et des vampires : l’idée est excellente, et sous-tend un scénario pour le moins audacieux. Voilà mille ans que lycanthropes et suceurs de sang se livrent une guerre farouche, sans que personne ne semble se souvenir des origines de ce combat séculaire. Signe des temps, les combats sont livrés avec des armes à feu high-tech, équipées de cartouches à l’ultra-violet ou au nitrate d’argent, selon les belligérants. Redoutable guerrière vampire, Selene (ainsi baptisée en hommage à la déesse de la pleine lune dans la mythologie grecque) casse du loup-garou à tour de bras tout en se heurtant à l’autorité de son supérieur Kraven, qu’elle soupçonne de pactiser avec l’ennemi. Les choses se compliquent lorsque Selene tombe amoureuse de Michael Corvin, un humain sur le point de se couvrir de poils depuis qu’il a été mordu par le chef des hommes-loups.

Fort de ce postulat passionnant, Underworld se pare d’une somptueuse direction artistique, visiblement très inspirée par celle de The Crow (le film d’Alex Proyas a d’ailleurs droit à un petit clin d’œil à travers le nom de Michael Corvin, inspiré de celui d’Ashe Corven). Il faut dire que Len Wiseman, dont c’est le premier film en tant que réalisateur, œuvrait auparavant dans le département artistique de maintes superproductions de science-fiction, notamment pour Roland Emmerich (Stargate, Independence Day, Godzilla) et Barry Sonenfeld (Men in Black), avant de se reconvertir dans la mise en scène de spots publicitaires et de clips. La photographie exclusivement nocturne d’Underworld, signée Tony Pierce-Roberts et inspirée par les splendides croquis noir et blanc du réalisateur, joue presque la carte de l’achromie, tandis que les décors délabrés de Bruton Jones sont sinistres à souhait et les costumes de Wendy Patridge raffinés et atemporels…

Pas de fausse note non plus du côté du casting, dominé par une Kate Beckinsale superbe à qui le cuir noir colle à la peau avec une indéniable grâce. En bon pygmalion, Len Wiseman épousa d’ailleurs la comédienne peu de temps après l’avoir rencontrée pendant les préparatifs du film. Comme en outre l’action ne faiblit guère, ponctuée de pugilats admirablement chorégraphiés, Underworld est une véritable réussite dans le genre. Et puis, cerise sur le gâteau, le film de Wiseman nous donne à voir les loups-garous les plus impressionnants jamais portés à l’écran, volant quasiment la vedette à ceux d’Hurlements et du Loup-Garou de Londres, pourtant références ultimes du genre. Leur design est l’œuvre de Patrick Tatopoulos, que le cinéaste côtoya de près sur les films de Roland Emmerich.

Au cours du dénouement intervient une créature hybride, mi-vampire mi-loup-garou, qui mettra peut-être fin à cette impitoyable guerre… A moins qu’elle ne la ravive au contraire, comme le laisse imaginer une fin très ouverte. Malgré des démêlées juridiques avec les responsables de la compagnie « White Wolf » spécialisée dans les jeux de rôles, qui trouvèrent beaucoup de similitudes entre le scénario d’Underworld et plusieurs de leurs titres, les producteurs du film, confiants, donnèrent avant même sa distribution en salles le feu vert pour une séquelle et une préquelle.

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