Mercredi 25 février 2009
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(Underworld : Rise of the Lycans)
de Patrick Tatopoulos (Etats-Unis)
avec Rhona Mitra, Michael Sheen, Bill Nighy, Steven Mackintosh, Kevin Grevioux, David Ashton, Geraldine Brophy, Alex Carroll
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« Toute guerre a une origine » affirme le slogan d’Underworld 3. Depuis que George Lucas a initié la préquelle de la trilogie Star Wars, chaque saga se voit systématiquement affubler d’épisodes zéro s’efforçant de narrer les péripéties précédant celles
que le public connaît déjà. L’origine de l’affrontement des vampires et des loups-garous imaginé par Len Wiseman, dont nous avions déjà un aperçu dans Underworld Evolution, a donc droit à un long-métrage à part entière. Et c’est Patrick Tatopoulos, vétéran des effets spéciaux et
du design de créatures fantastiques (Stargate, Independence Day, Godzilla et les deux premiers Underworld), qui se
charge de diriger ce prologue très attendu, passant pour la première fois à la mise en scène.
Même s’il œuvre depuis de nombreuses années à Hollywood, Tatopoulos reste confiant dans le savoir-faire de ses compatriotes et demande ainsi à la compagnie Duboi de concevoir bon nombre d’effets
numériques d’Underworld 3, notamment les lycanthropes en image de synthèse. « Des dizaines de plans avec de nombreux de loups-garous partaient tous les soirs en calcul sur nos
ordinateurs », raconte Jacquemin Piel, patron du studio Duran/Duboi. « C’était un travail complexe mais tout a bien fonctionné. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est d’arriver à
obtenir en 3D des rendus photo-réalistes extrêmement proches de la lumière du tournage. » (1)
Les événements narrés dans Underworld 3 se situant avant la naissance du personnage incarné par Kate Beckinsale, il fallait trouver une actrice susceptible de la remplacer avec autant de
charisme et de sex-appeal. Le choix de Rhona Mitra, mémorable anti-héroïne de Doomsday, relève en ce sens du génie, même si la belle est un
peu sous-exploitée dans un rôle qu’on aurait aimé plus solide et mieux construit. L’intrigue se situe dans un moyen âge alternatif où les hommes-loups sont les dociles serviteurs du peuple des
vampires, mené avec fermeté par le tyrannique Victor. Or sa propre fille s’éprend de Lucian, un forgeron loups-garous au service de Victor. Le motif de Roméo et Juliette est donc à nouveau le
moteur de l’intrigue, et lorsque Lucian joue les Spartacus auprès de ses frères enchaînés, une guerre sanglante se déclare entre les lycans et les buveurs de sang…
Inscrivant sa mise en scène dans la directe lignée de celle de Len Wiseman, Tatopoulos concocte quelques séquences d’action originales et mouvementées, comme l’attaque d’une horde de loups-garous
en pleine forêt, l’évasion des lycans entravée par une nuée de pieux ou la titanesque bataille finale. Pour la première fois, la saga s’offre de larges décors extérieurs naturels et quelques scènes
ensoleillées, ce qui n’est évidemment pas sans conséquence sur l’épiderme blafard des fiers vampires. Certes, en restant cantonnée au moyen âge, cette préquelle se prive de l’inscription du mythe
gothique au sein d’un environnement résolument moderne, spécificité des deux premiers Underworld. La tonalité est ici plus monocorde, ce qui n’empêche
pas pour autant le scénario, très classique dans sa première moitié, de réserver un honnête lot de surprises et de rebondissements au cours du climax.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en janvier 2009
Par Gilles Penso
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