(The Wolf Man)
De George Waggner (Etats-Unis)
Avec Lon Chaney Jr, Claude Rains, Warren Williams, Ralph Bellamy, Bela Lugosi, Maria Ouspenkaya, Evelyn Ankers


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Baigné dans une ambiance hybride à mi-chemin entre le réalisme moderne et le folklore mythique tzigane, ce Loup-Garou donna le coup d'envoi d'une nouvelle série de classiques fantastiques à base de monstres mythiques, et consacra définitivement Lon Chaney Jr comme nouvelle tête d’affiche du cinéma d’épouvante estampé Universal. Il y incarne avec sensibilité Lawrence Talbot, de retour de son pays de Galles natal. Là, il fait la connaissance de Gwen (Evelyn Ankers), une jeune fille qui habite en face du manoir familial.

 

Talbot l'accompagne dans une forêt proche du village pour y rencontrer une tribu tzigane de diseurs de bonne aventure. Mais en tentant de protéger une amie de Gwen contre l'attaque d'un loup, il est mordu puis tue la bête avec sa canne à pommeau d'argent. Or plus tard, c'est le corps du Bohémien Bela (interprété par… Bela Lugosi !) qu'on retrouve à la place de celui du loup. Talbot apprend par Maleva (Maria Ouspenkaya), la mère de Bela, qu'il s'agissait d'un loup-garou, et que lui-même sera désormais en proie à la lycanthropie. Incrédule, il se transforme pourtant à la pleine lune en homme-loup agressif, et rode dans la forêt. Il sera tué par son propre père (l’impérial Claude Rains, ex-Homme Invisible) à l'aide de sa canne, au cours d’un final poignant et emphatique situé au beau milieu d’une triste campagne brumeuse plongée dans la nuit.

Bien que le personnage du loup-garou offre moins de richesse thématique que Dracula ou Frankenstein, il possède tout de même une grande force émotionnelle, en grande partie grâce au jeu de Chaney Jr, tenant ici l'un de ses meilleurs rôles. Les effets spéciaux, hélas, ne sont pas vraiment à l’avenant. Le maquillage du pourtant talentueux Jack Pierce est un peu simpliste (un visage barbu couvert de poils de yack et arborant des dents pointues) et s'accorde mal avec le corps du comédien qui, lui, reste parfaitement humanoïde. D'autre part, les transformations, obtenues par une succession de fondus enchaînés, traînent quelque peu en longueur. Malgré tout, la créature est habilement mise en valeur par une mise en scène par ailleurs dynamique, une très belle forêt de studio nocturne, et des éclairages somptueux.

A l’occasion du film, le scénariste Curt Siodmak invente le fameux poème : « Même un homme dont le cœur est pur, et qui récite ses prières le soir, peut devenir un loup lorsque l’aconit fleurit et que la lune d’automne brille ». On notera la prestation de Bela Lugosi, brève mais déterminante, dans la mesure où il est le loup-garou à l'origine de la malédiction de Talbot. Quant à Maria Ouspenskaya, elle ne cesse de sillonner le petite forêt nocturne sur sa carriole, afin d'intervenir aux moments clef du film. Au cours d’une séquence épique, le loup-garou était censé affronter un ours, mais l’animal s’avéra fort peu conciliant sur le plateau de tournage, obligeant les producteurs à abandonner cette idée pourtant excitante. Certains plans furent cependant tournés et intégrés dans la bande-annonce de l’époque. Dès le second épisode, Talbot, apparemment incapable de susciter à nouveau l'intérêt des spectateurs à lui seul, allait rencontrer le Monstre de Frankenstein.

© Gilles Penso
Thema : Loups-Garous
 
Tag(s) : #FILMS