(The Mummy : Tomb of the Dragon Emperor)
de Rob Cohen (Etats-Unis)
Avec Brendan Fraser, Jet Li, Maria Bello, John Hannah, Michelle Yeoh, Luke Ford, Isabella Leong, Russell Wong


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Le Retour de la Momie s’était avéré bien décevant, transformant l’aventure grisante et mouvementée du premier opus en une espèce de bande démo de jeu vidéo truffée d’effets numériques grotesques. Que pouvait-on attendre d’un troisième épisode, sachant en outre que Stephen Sommers céda sa chaise de réalisateur à un Rob Cohen peu réputé pour sa finesse (Fast and Furious, XXX) ? Pas grand-chose à vrai dire, et si le divertissement est au rendez-vous, mieux vaut ne pas être trop regardant côté scénario. L’idée de transposer le motif de la momie – habituellement égyptien – dans la Chine antique permet de varier quelque peu les plaisirs.

Fidèle à son goût pour le cinéma asiatique (il réalisa Dragon, la biographie romancée de Bruce Lee), Cohen narre sous forme de flash-back les méfaits d’un redoutable empereur incarné par Jet Li. Ayant vaincu tous ses opposants, sur le corps desquels il fit bâtir la Muraille de Chine, ce redoutable tyran n’a bientôt plus qu’un adversaire à contrer : la Mort. En quête d’éternité, il fait appel à une sorcière (Michelle Yeoh) qu’il trahit aussitôt en faisant écarteler son amant. Cette dernière lui lance alors une malédiction, traduite à l’écran par sa métamorphose en tas de boue puis en torche humaine et en statue… Nous sommes donc loin des bandelettes traditionnelles ! Le temps passe et revoilà la sympathique trogne de Brendan Fraser, dans l’Angleterre de 1946. Son épouse est désormais incarnée par Maria Bello (Rachel Weisz ayant préféré s’en tenir là) et leur fils Alex (Luke Ford) est désormais un jeune émule d’Indiana Jones.

L’archéologue de Spielberg et Lucas influence d’ailleurs grandement ce troisième épisode, du tombeau truffé de pièges façon Les Aventuriers de l’Arche Perdue au club huppé de Shangaï hérité d’Indiana Jones et le Temple Maudit en passant par les conflictuelles relations père-fils calquées sur celles d’Indiana Jones et la Dernière Croisade. Lorsque l’empereur maudit et son armée pétrifiée sont réveillés de leur sommeil séculaire, une autre source d’inspiration importante se fait jour, celle de Ray Harryhausen, comme en témoignent les statues animées, les abominables hommes des neiges, l’hydre aux têtes multiples ou les squelettes ressuscités. Indiana Jones et Harryhausen étaient déjà à l’honneur dans la première Momie de Sommers, et l’on pourrait se réjouir de ce retour aux sources décomplexé.

Mais ces yétis catcheurs en 3D sont franchement ridicules, ce dragon tricéphale plutôt incongru et cette momie en terre cuite bien peu convaincante. En outre, La Momie 3 souffre de dialogues souvent puérils, d’un humour balourd et de raccourcis scénaristiques hasardeux. Restent quelques séquences généreusement spectaculaires, notamment la poursuite explosive dans les rues de Shangaï, la monstrueuse avalanche himalayenne et le monumental affrontement des morts-vivants. Le combat final entre Jet Li et Michelle Yeoh, en revanche, est une vraie frustration. Expédié en quelques ralentis maladroits, il n’a rien du « choc des titans » tant attendu. Bref, nous sommes bien loin de l’enthousiasme généré par la première Momie de Stephen Sommers.

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