de David S. Goyer (Etats-Unis)
Avec Odette Yustman, Gary Oldman, Cam Gigandet, Meagan Good, Idris Elba, Jane Alexander, Atticus Shaffer, James Remar


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S’il s’est souvent avéré être un scénariste de très haut niveau (
The Crow, Dark City, Blade 2, The Dark Knight, sur un CV ça en jette tout de même !), les activités de David S. Goyer en tant que réalisateur sont plus inégales, comme en témoignent des titres tels que Blade Trinity ou Invisible. Unborn était donc attendu avec une certaine prudence. Or Goyer, délaissant pour une fois les super-héros qui lui tiennent tant à cœur, livre un bel exercice d’épouvante. Certes, la finesse n’est pas toujours au rendez-vous, mais il faut reconnaître que ce thriller horrifique ne faillit jamais à sa mission première : faire peur. Tous les ingrédients sont sollicités par le cinéaste, dès la première séquence onirique qui convoque pêle-mêle le surréalisme de David Lynch, les angoisses de M. Night Shyamalan et les figures récurrentes de la ghost story japonaise.

La jeune Casey Bell (délicieuse Odette Yustman, déjà remarquée dans Cloverfield) y découvre sur une route enneigée un chien portant un masque humain, avant de déterrer un fœtus qui semble encore vivant… Ce n’est que le premier d’une série de cauchemars agitant le sommeil de la belle étudiante, toujours marquée par le fait d’avoir été abandonnée par sa mère alors qu’elle était enfant. Mais s’agit-il vraiment de cauchemars ? Ces insectes envahissants et repoussants, ces visions atroces et spectrales ne sont-ils pas le symptôme d’un mal plus profond ? C’est ce que laisse penser un étrange phénomène biologique qui change peu à peu la couleur de ses yeux.

Croyant trouver des réponses chez une ancienne amie de sa mère, une rescapée de la Shoah passant ses vieux jours dans une maison de retraite, la jeune fille n’est pas au bout de ses surprises. Son salut semble résider auprès du rabbin Sendak (Gary Oldman). Avec son aide, elle découvre l’origine du mal dont est victime sa famille depuis l'Allemagne nazie : le « dibbouk », une créature capable d'habiter corps et objets et que chaque possession rend plus fort. Or ce démon insatiable semble vouloir prendre forme à travers le frère jumeau de Casey qui mourut à l’état embryonnaire. Fantômes, démons, possessions démoniaques, kabbale, enfants maléfiques… Goyer puise l’inspiration partout pour pouvoir effrayer son spectateur, et si cette variante surprenante sur le thème de
L'Exorciste mange un peu à tous les râteliers, la terreur est souvent au rendez-vous.

Comment oublier ce garçon décharné qui hurle dans une armoire à pharmacie (sursaut garanti), cette femme dont le visage n’est plus qu’une mâchoire difforme (via un maquillage particulièrement saisissant) ou ce vieillard se déplaçant comme une araignée (une créature à mi-chemin entre William Friedkin et Takashi Shimizu) ? Produit par Michael Bay via sa société Platinum Dunes, Unborn présente le mérite de changer un peu des remakes auxquels le réalisateur d’Armageddon s’est confortablement habitué (Massacre à la Tronçonneuse, Amityville, Hitcher, Vendredi 13) et va puiser dans les légendes juives une inspiration autant originale qu’inattendue, soutenue par l’interprétation très convaincante d’Odette Yustman, Gary Oldman et Meagan Good, que l’on découvrit sous les traits d’un redoutable prédateur vampire dans Twilight.

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