(Horsemen)
de Jonas Akerlund (Etats-Unis)
avec Dennis Quaid, Zang Ziyi, Lou Taylor Pucci, Chelcie Ross, Clifton Collins Jr, Barry Shabaka Henley, Peter Stormare


Voir la bande annonce

Le DVD est disponible ici

Louez le film ici

Le scénario des Cavaliers de l’Apocalypse, signé David Callaham, semble vouloir retrouver les recettes du succès de Seven. Il s’agit donc d’une nouvelle enquête policière liée à des meurtres atroces dont le mode opératoire trouve son inspiration dans les textes bibliques. Si ce n’est qu’ici, les sept péchés capitaux ont été troqués contre la prophétie des Cavaliers de l’Apocalypse. Pensant tenir là un nouveau champion du box office, les producteurs Michael Bay, Andrew Form et Brad Fuller se mirent en quête d’un nouveau David Fincher qu’ils crurent dénicher en la personne de Jonas Akerlund, spécialiste suédois du vidéoclip et du spot publicitaire. Hélas, comparer Les Cavaliers de l’Apocalypse à
Seven reviendrait à mettre sur le même pied d’égalité Les Dents de la Mer et Les Sous-Doués en Vacances !

Le film part pourtant avec de sérieux atouts en poche, l’un des moindres n’étant pas Dennis Quaid. Buriné par les ans, l’ancien héros de L’Aventure Intérieure n’a rien perdu de son charisme et occupe l’écran avec toujours autant de présence et d’intensité. Il incarne ici Aidan Breslin, un policier marqué par la mort de sa femme qui se réfugie tête baissée dans son travail, quitte à délaisser ses deux jeunes fils. Or le voilà accaparé par une série de meurtres pervers où les victimes sont suspendues par des crochets entamant leurs chairs. Sur chaque scène de crime, une inscription rouge sang stigmatise les murs en ces termes : « Viens et vois… » Il s’agit en fait d’une citation biblique qui associe les meurtres aux fameux quatre Cavaliers de l’Apocalypse, chacun étant décrit dans les « saintes écritures » sous un jour bien peu amène.

Le cavalier blanc est un maître de la tromperie, le cavalier rouge un guerrier qui dresse les hommes les uns contre les autres, le cavalier noir un tyran manipulateur, et le cavalier pâle un bourreau surhumain. Or Aidan semble avoir un lien direct avec les différents suspects… A la prestation de Dennis Quaid s’ajoutent quelques savoureux seconds rôles, notamment la sublime Zhang Ziyi en victime ambiguë, le truculent Peter Stormare en père de famille au lourd secret, ou l’excellent Eric Balfour dont la courte apparition est l’une des scènes les plus marquantes du film. Car Les Cavaliers de l’Apocalypse présente l’intérêt de s’intéresser avant tout à ses personnages, sans reculer pour autant devant les scènes horrifiques les plus éprouvantes, sorte de version hyper-réaliste des sévices de la saga
Hellraiser.

Mais l’alchimie ne prend pas, car le produit manque cruellement de spontanéité et de cohérence. Les ingrédients du récit semblent avoir été minutieusement dosés pour cibler large (les fans d’horreur, les amateurs de films policiers, les amoureux du drame psychologique) et les répercussions familiales du récit ont toutes les apparences d’un prétexte « respectable » pour que le film puisse se racheter une conduite et mieux justifier les scènes de torture qu’il inflige aux spectateurs avec un total manque de recul. La morale douteuse que véhicule le scénario et sa fin en queue de poisson achèvent de placer Les Cavaliers de l’Apocalypse dans la catégorie « facultatif ». Il y a sûrement un moyen plus intéressant de passer deux heures de son temps.

Tag(s) : #FILMS