(Friday the 13th : A New Beginning)
de Danny Steinmann (Etats-Unis)
avec Richard Young, Melanie Kinnaman, John Shepperd, Shavar Ross, Corey Feldman, Dominick Brascia, Todd Bryant


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A la fin du « chapitre final », Jason Voorhees finissait massacré à coup de machette (Sa tête y était carrément transpercée de part en part). Aucun retour ne semblait donc possible, cette fois-ci. Mais l’ultime vision du visage de Tommy Jarvis (Corey Feldman), le petit garçon qui était finalement venu à bout du monstre, laissait imaginer une relève possible. Le crâne rasé et le regard fou, il portait en effet tous les stigmates d’un nouveau tueur possible. Au cours de la scène pré-générique de ce cinquième opus, Tommy rêve d’ailleurs que Jason surgit de sa tombe pour le massacrer à coup de machette. Il était originellement prévu que Corey Feldman soit en tête d’affiche de ce nouveau Vendredi 13, mais le tournage simultané des Goonies de Richard Donner l’en empêcha.

Richard Young prend donc la relève dans le rôle d’un Tommy adolescent, tellement traumatisé qu’il séjourne désormais dans un institut psychiatrique en plein air baptisé Pinehurst. Plus que jamais obsédé par Jason, Tommy croit le voir partout. Or des meurtres en tout points semblables aux précédentes exactions de l’assassin masqué commencent à frapper les alentours. Parmi les personnages secondaires qui émaillent le film, personne, absolument personne n’est crédible : ni les jeunes, ni les flics, ni les infirmiers, ni le maire, ni la vieille acariâtre qui veut faire fermer l’institut, ni son fils passablement attardé. Tous surjouent sans réserve et débitent des dialogues rivalisant d’absurdité. On sent bien que le réalisateur tente d’injecter de l’humour dans son métrage, à travers cette galerie quelque peu pittoresque. Hélas, si la caricature subsiste, le rire n’est pas vraiment au rendez-vous, en tout cas pas au premier degré.

Pour le reste, les meurtres sanglants ponctuent comme d’habitude une intrigue filiforme. Le climax, quant à lui, ne recule devant aucune absurdité (le gamin qui conduit un tracteur pour stopper Jason !), empruntant ses idées au Tueur du Vendredi (la fille qui l’affronte avec une tronçonneuse) et à Meurtres en 3D (la lutte dans la grange). Beaucoup moins impressionnant et massif que ses prédécesseurs, le nouveau Jason arbore un masque tout neuf et une machette qui, dès lors, sera son arme fétiche. Quant aux raisons qui justifient son impensable résurrection, elles sont d’une banale trivialité. Car ce Jason – que ceux qui veulent garder la surprise ne lisent pas la suite – ce Jason, donc, n’est qu’un vulgaire copycat improbable calquant ses méfaits sur le fameux tueur de Crystal Lake.

Pour les besoins de ce cinquième Vendredi 13, le maquilleur Martin Becker a conçu des effets gore plutôt réalistes, le sang y étant presque noir et les blessures bien peu ragoûtantes. La très prude « Motion Pictures Association of America » ne l’entendit pas de cette oreille et réclama une quinzaine de coupes franches, tant du point de vue de la violence que de celui de l’érotisme. Car dès qu’une donzelle se promène seins nus – et ici elles le font sans vergogne – Dame Censure s’offusque outre-Atlantique. Le film fut donc soumis à un véritable tranchage dans le vif pour éviter le classement X et sortit du coup dans une version plus soft que prévu, perdant au passage le peu de saveur qui lui restait.

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