(Friday the 13th – Jason Lives)
de Tom Mac Loughlin (Etats-Unis)
avec David Kagen, Thom Mathews, Jennifer Coke, Kerry Noonan, Renee Jones, Tony Goldwyn, C.J. Graham, Darcy DeMoss


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Jason Voorhees était bien mort à la fin de Vendredi 13 chapitre Final, le tueur de l’épisode suivant n’étant qu’un ridicule imitateur se substituant à lui. Dans ce cas, comment faire perdurer la franchise et ramener Jason à la vie ? En invoquant le surnaturel, pardi ! « Un être aussi démoniaque ne meurt jamais » annonce d’ailleurs l’une des affiches du film. Personnage central de l’intrigue pour la troisième fois consécutive, Tommy Jarvis (cette fois-ci incarné par Thom Mathews) veut en finir avec les cauchemars qui le hantent depuis qu’il a tué Jason. Il est donc bien décidé à ouvrir son cercueil pour détruire son corps putréfié. Or le pieu métallique qu’il utilise pour transpercer sa carcasse fait office de paratonnerre. Ranimé par la foudre, le monstre surgit donc de sa tombe, à la manière d’un zombie de Lucio Fulci, et réendosse son masque de hockey.

Ainsi, comme les Dracula et Frankenstein de la période Universal, Jason s’érige-t-il en créature mythique capable de mourir et de ressusciter à volonté. Ce parti pris purement fantastique a quelque chose de très réjouissant, d’autant qu’il semble s’assortir d’un second degré culotté. Car Jason, dès que sa panoplie est complète, se met à marcher à travers un viseur circulaire, puis se retourne vers le spectateur en lançant sa machette, ce qui occasionne une coulée de sang à l’avant-plan joyeusement calquée sur le « gunbarrel » de James Bond ! Le reste du film est-il aussi déjanté que ce pré-générique hallucinant ? Tout porte à le croire au départ, comme en témoignent des répliques telles que : « J’ai vu assez de films d’horreur pour savoir qu’un taré avec un masque n’est pas bon signe », ou cette improbable équipe de de paintball que Jason démastique dédaigneusement pour récupérer une machette neuve.

En équilibre permanent entre le premier degré et la parodie pure et simple, Jason le Mort-Vivant nous réconcilie avec une franchise en sérieuse perte de vitesse, compensant le classicisme de son intrigue (un nouveau groupe de moniteurs s’installe dans le camp de Crystal Lake, rebaptisé Forrest Green pour chasser les mauvais souvenirs) par une inventivité en perpétuelle ébullition. L’humour y est souvent référentiel (la ville de Carpenter, le magasin Karloff, la rue Cunningham), parfois même absurde (un enfant lit du Jean-Paul Sartre, un autre est persuadé qu’ils vont tous mourir et demande à un ami « qu’est-ce que tu aurais voulu faire quand tu serais grand ? »).

Ici, Jason est donc une créature ouvertement indestructible (les balles ne l’arrêtent pas) et la présence d’enfants dans le camp de vacances renforce son statut de croquemitaine. Dommage que Tom McLaughlin ne parvienne pas à développer ses trouvailles tout au long du métrage. En cours de route, le film perd en effet son grain de folie pour basculer lentement mais sûrement dans la routine et s’orienter vers un final pas aussi explosif qu’espéré. On s’étonnera d’ailleurs de la « sagesse » de cet opus, du point de vue du sexe et du gore. Comme si le public visé était plus large qu’à l’accoutumée. Avec près de 20 millions de dollars de recette (pour un budget sept fois moindre), ce fut en tout cas un nouveau succès pour la franchise.

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