(My Bloody Valentine 3D)
de Patrick Lussier (Etats-Unis)
avec Jensen Ackles, Jaime King, Kerr Smith, Kevin Tighe, Edi Gathegi, Tom Atkins, Betsy Rue, Megan Boone


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Meurtres à la Saint-Valentin 3D
est le remake en relief d’un sympathique slasher qui bénéficiait d’un scénario riche en rebondissements, d’un décor de mine claustrophobique et d’un tueur impressionnant engoncé dans une tenue de mineur et armé d’une pioche. Ces trois atouts sont évidemment au cœur du remake de Patrick Lussier. L’intrigue se situe dans la petite ville minière d’Harmony, théâtre d’un drame épouvantable. Suite à une erreur de débutant, le jeune mineur Tom Hanniger provoqua la mort de cinq hommes. Traumatisé, Harry Warden, l’unique survivant, se réveilla de son coma un an plus tard, le jour de la Saint-Valentin, et s’en alla occire vingt-deux personnes à coups de pioche avant d’être abattu. Une décennie plus tard, Tom Hanniger revient à Harmony pour tourner la page. Or il semble que le tueur de la Saint-Valentin soit de retour…

Certes, le scénario ne transcende pas vraiment un genre déjà très codifié, et les personnages n’échappent pas à un certain stéréotype. Mais qu’importe. L’intérêt du film est ailleurs, et les spectateurs venus éprouver le grand frisson en ont largement pour leur argent. Il faut d’abord saluer la mise en scène exemplaire d’un Patrick Lussier que l’on connut bien moins inspiré. Collaborateur régulier de Wes Craven dont il monta plusieurs films, il passa à la mise en scène sans panache avec des œuvres telles que The Prophecy 3, Dracula 2001 ou La Voix des Morts 2. Ici pourtant, il nous surprend par une inventivité permanente et des choix artistiques de premier ordre. Du générique de début extrêmement graphique jusqu’aux dernières péripéties d’un climax mouvementé, ce nouveau Meurtres à la Saint-Valentin dépasse largement son modèle en terme d’efficacité et ne recule devant aucun excès pour satisfaire les fans d’horreur.

Du coup, les meurtres s’avèrent particulièrement gratinés. Extrêmement violents mais jamais complaisants, les effets gore surprennent par leur outrance et démontrent à quel point une pioche peut faire des ravages sur un corps humain ! C’est là que le visionnage du film en relief gagne le plus d’impact. Car l’arme acérée jaillit littéralement au visage du spectateur, quand ce ne sont pas les différents organes arrachés qui voltigent dans la salle de cinéma, muant quasiment le film en attraction de fête foraine ! Peu soucieux des réactions de la censure, le cinéaste s’offre même une longue séquence mettant en scène une victime féminine intégralement nue, les généreuses rondeurs de la demoiselle gagnant évidemment en volume grâce à la 3D !

Pour ludique qu’il soit, l’emploi du relief ne se limite pas pour autant à projeter des objets, des morceaux de cadavres ou des poitrines girondes au public. Lussier sait dépasser la simple gadgétisation pour doter sa mine souterraine d’une profondeur étouffante et pour enrichir son langage cinématographique, disséminant parfois à l’avant-plan des éléments (objets ou personnages) amenés à jouer un rôle crucial au sein de sa dramaturgie. Même la scène érotique sus-citée utilise la nudité de son infortunée protagoniste comme support de suspense. Bref, voilà un bel exercice de style, qui exploite enfin avec richesse l’immense potentiel du cinéma en trois dimensions.

© Gilles Penso
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 Tueurs
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