(Last House on the Left)
de Dennis Iliadis (Etats-Unis)
avec Monica Potter, Sara Paxton, Tony Goldwyn, Garret Dillahunt, Riki Lindhome, Martha Macisaac, Spencer Treat Clark, Aaron Paul


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Lorsqu’une nouvelle version de
La Dernière Maison sur la Gauche fut annoncée chez Universal, toutes les craintes étaient permises. Comment un grand studio allait-il pouvoir préserver la brutalité sans concession du premier long-métrage de Wes Craven ? Certes, le succès de La Colline a des Yeux d’Alexandre Aja prouvait qu’une relecture intelligente de l’œuvre du père de Freddy Krueger était possible. Nos craintes étaient-elles atténuées pour autant ? Pas vraiment… Jusqu’à ce que le résultat ne s’impose comme une réussite fulgurante. Car la nouvelle Dernière Maison sur la Gauche est un choc cinématographique ultime, un film enragé au moins aussi traumatisant que son modèle, mêlant les violences physiques et psychologiques en un redoutable cocktail dont personne ne pourra décemment ressortir indemne.

Force est de reconnaître que le choix du réalisateur grec Dennis Iliadis, auteur d’un très remarqué Hardcore en 2004, est une excellente initiative du studio (qui, paraît-il, envisagea une bonne centaine de noms de metteurs en scène avant d’arrêter sa décision). Le film s’intéresse à la famille Collingwood (un père chirurgien, une femme aimante et une fille adolescente férue de natation), en vacances dans leur maison de campagne isolée sur les berges d’un lac paisible. Un soir, pour tromper l’ennui de ces congés autarciques, Mari décide de passer la soirée avec son amie Paige. Lorsque toutes deux se lient avec le jeune Justin, logé dans un motel aux alentours, elles ignorent que le père de ce dernier, Krug, est un tueur psychopathe en cavale. Flanqué de sa compagne Sadie et de son frère Francis, au moins aussi déséquilibrés que lui, Krug prend les filles en otage et le cauchemar commence…

Les principales péripéties imaginées par Wes Craven ont donc été reproduites ici, ce qui n’empêche pas les scénaristes Adam Alleca et Carl Ellsworth de nous réserver de nombreuses surprises, notamment avec un prologue mouvementé et surtout une seconde partie de métrage modifiant quelque peu les données initiales pour ménager de nombreux rebondissements inattendus. Or cette seconde partie était justement l’un des points faibles de l’originale
Dernière Maison sur la Gauche, atténuant légèrement la force du propos de Craven par quelques incohérences comportementales. De là à affirmer que le remake surpasse l’original, il n’y a qu’un pas que chacun sera libre de franchir ou non.

L’impact du film repose beaucoup sur la justesse de ses comédiens. Aucune star ne pointe ici le bout de son nez, et la crédibilité des protagonistes y gagne en force, d’autant que les acteurs donnent de leur personne jusqu’à effectuer eux-mêmes bon nombre de cascades violentes. En tête d’affiche, Garret Dillahunt, personnage récurrent de plusieurs séries TV (Urgences, Les 4400, Deadwood, Les Chroniques de Sarah Connor), succède au pourtant inoubliable David Hess, interprète de Krug en 1972, composant un tueur impressionnant et massif. Et si le final semble absoudre les héros de leurs méfaits, laissant la légitime défense « excuser » leurs basculements, ce n’est qu’un leurre, comme le prouve une dernière séquence nihiliste à souhait.

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