de Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin (France)
Avec Lorant Deutsch, Sara Forestier, Dominique Pinon, Manon Tournier, Elise Otzenberger, Marc Olinger, Christian Kmiotek, Philippe Nahon


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En quelques années, Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin se sont creusé une petite niche dans le milieu fermé des effets spéciaux de maquillage français. Le premier fait ses premières armes sur des œuvres telles que L’Humanité, Vidocq ou Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, le second se forme auprès de l’immense Stan Winston en intégrant les gigantesques équipes de
Jurassic Park et Entretien avec un Vampire, et tous deux fondent en 2003 un atelier commun, dont les fruits les plus sanglants seront les séquences gore d’A l’intérieur. Forts de cette expérience, les deux artistes se voient bientôt confier les rênes d’Humains, un long-métrage en quête de réalisateur qui leur permet d’effecteur leur baptême derrière la caméra.

Le concept du film, loin d’être inintéressant, consiste à mixer le motif classique du survival champêtre avec des données anthropologiques. Et de fait, les héros d’
Humains sont des paléontologues. Il s’agit du professeur Schneider (Philippe Nahon), de son fils Thomas (Lorant Deutsch) et de son étudiante assidue Nadia (Sara Forestier), partis tous trois dans les Alpes Suisses pour confirmer une théorie révolutionnaire selon laquelle les hommes de Neanderthal auraient vécu plus longtemps que prévu et auraient donc évolué parallèlement à l’homo sapiens. Sur leur route, ils croisent une famille tombée en panne (Dominique Pinon, Manon Tournier et Elise Otzenberg) qu’ils acceptent d’accompagner jusqu’au village le plus proche. Sauf qu’un accident imprévu plonge nos six protagonistes dans une forêt hostile où d’étranges individus semblent les épier et leur tendre des pièges.

Qui sont donc les agresseurs d’Humains ? Des bouchers en retraite anticipée ? Des autochtones consanguins ? Des chasseurs en quête d’un nouveau gibier. Pour ceux qui n’auraient pas encore deviné et qui souhaiteraient garder une surprise totale, la lecture de ce qui suit est fortement déconseillée. Pour les autres, vous l’avez compris, il s’agit d’une peuplade d’hommes préhistoriques ayant miraculeusement survécu jusqu’à nos jours et cherchant à capturer toutes les femelles passant à leur portée pour perpétuer leur race. L’idée a le mérite d’être originale, et possède le potentiel terrifiant d’une Colline a des Yeux mâtinée de Guerre du Feu. Hélas, entre le papier et l’écran, il y a un fossé que le film ne franchit pas sans encombre.

Plusieurs raisons expliquent cet état de fait : des comédiens visiblement peu convaincus par leurs personnages (même Dominique Pinon, d’ordinaire si charismatique, peine ici à faire exister le père caricatural qu’il interprète), un scénario qui aurait mérité pas mal de polissage et une réécriture sacrément plus affûtée des dialogues, une mise en image un peu tristoune malgré l’indéniable photogénie des décors naturels, et des « bad guys » qui déclenchent des sourires au lieu d’effrayer. Car la présence anachronique de ces Néanderthals affublés de peaux de bêtes et grognant dans les bois a plus l’effet d’un gag que d’une vision cauchemardesque. Humains était-il une fausse bonne idée ? Probablement, et l’on ne peut s’empêcher de penser que Jacques-Olivier et Pierre-Olivier, munis d’un script digne de ce nom, pourraient faire des merveilles.

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