Mardi 14 avril 2009
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(Star Trek 5 : the Final Frontier)
de William Shatner (Etats-Unis)
Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Walter Koenig, Nichelle Nichols, Laurence Luckinbill
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Après Leonard Nimoy, William Shatner se retrouve à son tour derrière la caméra. Hélas, le capitaine Kirk s'avère bien moins doué que Monsieur Spock en matière de réalisation, d'autant que le
scénario médiocre de ce cinquième Star Trek n'est pas pour lui faciliter la tâche. Sybok (incarné par Lawrence Luckinbill, après les désistements de Max Von Sydow et Sean Connery), un
Vulcain persuadé de sa mission mystique, s'est vu chasser de sa planète pour avoir professé des idéaux peu orthodoxes. D'après lui, pour atteindre le véritable savoir, l'émotion doit supplanter la
logique, ce que réfutent complètement ses congénères vulcains, comme chacun sait. Depuis, il erre de planète en planète.
En pleine zone neutre, il s'empare de trois diplomates sur Nimbus III, planète de la Paix Galactique. Le vaisseau de guerre Klingon que commande le capitaine Klaa est alors envoyé sur les lieux de
l'enlèvement, tandis que Kirk, Spock et le docteur McCoy sont chargés de régler le problème. Arrachés à leurs vacances terrestres (pendant lesquelles ils chantent « au clair de la lune » autour
d’un feu de camp), les fidèles compagnons regagnent l'USS Enterprise. Agissant en véritable envoyé de Dieu messianique, Sybok s'empare de leur vaisseau par la ruse et contraint toute l'équipe à
tenter la folle traversée de la grande barrière, pour rejoindre le centre de l'Univers.
L'intrigue mystico-philosophique de ce cinquième volet tente vainement de retrouver la dimension métaphysique du classique de Robert Wise, en vain. L’un des plus gros handicaps du film, qui ne
cesse de croître au fil des épisodes cinématographiques, est l'âge des acteurs qui affecte sérieusement le réalisme de leurs rôles. On sent, ça et là, des références maladroites à La Guerre des Étoiles (avec une énième copie du Cantina Bar) et de 2001 l'Odysée de l'Espace (à travers le voyage vers l'Ultime frontière). Enfin - et hélas - cette séquelle souffre d'un manque cruel de subtiité. Comment ne pas être désarmé par
cet humour gras, ces dialogues lourdingues et ces scènes gratuites ? Dans ce domaine, la danse d'Uhura, censée exhaler un érotisme exotique irrésistible, atteint les sommets du grotesque (cette
idée n’était au départ qu’une boutade du scénariste David Loughery, visiblement prise très au sérieux par Shatner).
La finesse d’écriture d’un Nicholas Meyer – sollicité par la production pour une révision du script, mais peu intéressé par l’offre – n’eut pas été inutile. ILM étant occupé par les effets visuels
de S.O.S. Fantômes 2 et Indiana Jones et la
Dernière Croisade, les effets de Star Trek 5 furent confiés au superviseur Brian Ferren, qui ne démérite pas en
nous offrant de magnifiques visions de l’Enterprise sous toutes ses coutures. Il s’agit d’un des rares éléments réjouissants de ce catastrophique épisode, avec une partition de Jerry Goldsmith
toujours aussi flamboyante. Boudé par le public aux Etats-Unis, Star Trek 5 sortit directement en vidéo en France. La franchise semblait moribonde. Ce n’était heureusement qu’une mauvaise passe,
comme allait le prouver le magistral épisode suivant.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les Star Trek
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