(Star Trek 6 : the Undiscovered Country)
de Nicholas Meyer (Etats-Unis)
Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Walter Koenig, Nichelle Nichols


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L’échec artistique et financier de Star Trek 5 provoqua un certain remue-ménage au sein de la Paramount. Soucieux de dynamiser une franchise bien mal en point, le producteur Harve Bennet proposa un Starfleet Academy racontant la jeunesse de l’équipage de l’Entreprise (Ethan Hawke fut envisagé dans le rôle du jeune Kirk, et John Cusack dans celui de Spock). Rejetant cette idée (la « prequel » n’étant pas encore à la mode), le studio s’orienta vers un nouvel épisode plus « classique », doté d’un modeste budget de 26 millions de dollars. L’idée était de donner une dernière fois la vedette à l’équipage classique afin de pouvoir consacrer les futurs longs-métrages à celui de la nouvelle génération.

Après Star Trek 2, Nicholas Meyer reprend ainsi les commandes, laissées vacantes par un William Shatner plus habile en capitaine qu'en metteur en scène, et insuffle à ce sixième
Star Trek cinématographique une dimension politique du plus grand intérêt. Après tout, la vraie richesse de la science-fiction a toujours été d'extrapoler à partir des événements réels (scientifiques mais aussi ethnologiques, politiques ou sociaux). Cette approche relie un peu le film à quelques épisodes de la série originale qui n'hésitaient pas non plus à se servir de l'anticipation comme prétexte à des paraboles sociales où il était question de racisme, de guerre, de neutralité de ventes d'arme, etc. S’inspirant de la catastrophe de Tchernobyl, de la crise des missiles cubains de 1962 et du rôle de Gorbatchev dans le rapprochement Est-Ouest et de l’effondrement du communisme, Meyer et Denny Martin Flinn rédigent un script brillant.

A cause de l'explosion de l'une de ses lunes, l'empire Klingon s'apprête à se morceler, ce qui ne fait pas l'affaire de la Fédération. A trois mois de la retraite, le capitaine Kirk, à bord de l'Enterprise, est envoyé en mission pour rencontrer Gorkon, un Klingon pacifiste, désireux de réaliser une alliance avec la Fédération. Mais Gorkon est assassiné par des forces conservatrices avant que le traité ne soit signé. Accusés du meurtre par un Klingon aux allures de pirate, James Kirk et le docteur McCoy se retrouvent dans une prison galactique d'où ils parviennent à s'évader grâce à une créature humanoïde (incarnée par le top model Imam) qui change de forme à loisir grâce à des morphings assez efficaces (bien que leur impact ait été banalisé par le clip « Black or White » de Michael Jackson et ses innombrables imitations).

Car les effets visuels d’ILM bénéficient cette fois ci des vertus du traitement numérique. Dans ce domaine, on se souviendra surtout de la scène du meurtre en apesanteur, où le sang des victimes s’échappe de leur corps sous forme de bulles flottantes, ou encore des magnifiques vues de l’Enterprise quittant sa base. La partition musicale de Cliff Eidelman, en revanche, s'avère moins mémorable que les splendeurs symphoniques composées par Jerry Goldsmith et James Horner. Star Trek 6, assurément l’un des meilleurs épisodes de la série sur grand écran, marque officiellement les adieux de l’équipage de l’Enterprise, désormais à la retraite. Au cours du générique de fin, chaque interprète officialise ces adieux en signant son nom à la main.

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