de J.J. Abrams (Etats-Unis)
avec Chris Pyne, Zacchary Quinto, Eric Bana, Simon Pegg, Winona Ryder, Karl Urban, John Cho, Zoe Saldana


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J.J. Abrams parle de Star Trek

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Après l’accueil tiédasse de Star Trek Insurrection et Star Trek Nemesis, l’idée d’un épisode « prequel », évoquée dès la fin des années 80, fut ressortie des placards par Paramount. Et pour redorer le blason de la saga, J.J. Abrams était le candidat idéal. Créateur de séries novatrices (Alias, Lost), adaptateur de séries cultes (
Mission Impossible 3), modernisateur des vieilles recettes (Cloverfield), il s’empare de l’univers de Gene Roddenberry et l’accommode aux goûts des années 2000. L’un des plus gros pièges de ce « rétro-Star Trek » aurait été, comme George Lucas sur la « prélogie » La Star Wars, de déployer les images de synthèse dernier cri pour montrer une technologie extrêmement élaborée, alors que le film est censé se dérouler avant la série des années 60, plutôt avare en terme d’effets spéciaux.

Or Abrams ne cède pas à la tentation. L’Enterprise n’a pas été relooké, les téléportations utilisent des effets à l’ancienne, l’équipage porte toujours des pyjamas (pour les hommes) et des mini-jupes (pour les femmes). En ce sens, Star Trek 2009 a un côté vintage franchement agréable. « Comment donner une vision “sixties” du futur qui fonctionne aujourd’hui ? C’était un défi de tous les instants, lié à la technologie mais aussi  aux situations, aux costumes, aux accessoires, aux vaisseaux », confirme le réalisateur.  « Fort heureusement, le concept de Roddenberry s’attachait avant tout à la profondeur de ses personnages, la technologie ne venant qu’à l’arrière-plan. » (1) Le deuxième piège eut été de distribuer les rôles principaux aux acteurs les plus « bankables » du moment.

Ici encore, le cinéaste opère des choix intelligents et trouve les interprètes idéaux, à la fois proches physiquement de leurs modèles et capables d’imprégner l’équipage d’une personnalité unique. « Il ne s’agissait pas de recréer la performance des acteurs qui nous ont précédé, mais d’y injecter notre propre point de vue », explique Zachary Quinto, parfait en Spock (2). Ce que confirment Chris Pine, le nouveau Kirk (« je n’ai pas essayé de reproduire le jeu de William Shatner puisque je devais incarner un moment dans la vie du personnage qui n’avait pas encore été montré » (3)), et Zoe Saldana, ravissante Uhura (« Nichelle Nichols est une véritable icône et j’ai voulu lui ressembler en tant que femme et qu’artiste sans pour autant imiter son jeu » (4)). Les seules vraies « têtes d’affiche » sont Winona Ryder (apparaissant brièvement en mère de Spock) et Eric Bana (méconnaissable dans le rôle du redoutable Nero ivre de vengeance).

La grande réussite de J.J. Abrams aura surtout été de concevoir un Star Trek moderne, porté par un Kirk effronté et tête brûlée qui représente un pôle d’identification idéal pour les jeunes spectateurs et ne révèle son héroïsme qu’au prix de douloureuses épreuves. Cerise sur le gâteau, Leonard Nimoy nous gratifie d’une prestation émouvante dépassant largement le cadre de la traditionnelle figuration en guest-star. Seuls bémols : une partition manquant d’un véritable thème épique et un rythme global pas toujours soutenu (le film aurait probablement pu être allégé d’un bon quart d’heure). Quoiqu’il en soit, l’aventure Star Trek est bel et bien repartie pour un tour, pour le plus grand bonheur des trekkies du 21ème siècle.

(1), (2), (3) et (4) Propos recueillis par votre serviteur en avril 2009.

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