de David Morley (France)
Avec Hélène de Fougerolles, Francis Renaud, Dida Diafat, Marie-Sohna Condé, Nicolas Briançon, Luz Mando, Driss Ramdi


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« J’ai eu la chance d’être primé en 2005 à Gerardmer avec un court-métrage qui s’appelait Organic », raconte le réalisateur David Morley. « Les producteurs m’ont alors contacté pour faire un long. Mutants est donc un film de commande. » (1) De prime abord, nous sommes sur un terrain familier, balisé par George Romero, Danny Boyle et Juan-Carlo Fesnadillo, celui du monde qui bascule dans l’apocalypse suite à la propagation d’un terrible virus transformant chaque contaminé en créature bestiale assoiffée de chair humaine. Et de fait, l’entrée en matière de Mutants évoque beaucoup
28 Jours plus Tard et surtout sa séquelle 28 Semaines plus tard. Morley ne renie absolument pas cette double référence, déclamant même sans complexes son penchant pour les films de zombies.

Mais le moteur de son premier long-métrage, sa force et sa personnalité résident ailleurs. Car avant d’être un film de monstres, Mutants est une histoire d’amour, une romance d’autant plus poignante qu’on la sait d’emblée vouée à l’échec. D’une certaine manière, le « film de commande » se mue ainsi en véritable « film d’auteur ». Ses héros sont Sonia et Marco (Hélène de Fougerolles et Francis Renaud), deux secouristes ayant miraculeusement échappé au virus et trouvant refuge dans un immense bâtiment désaffecté perdu au milieu d’une forêt sinistre drapée d’un linceul de neige. La trêve est courte, car Marco présente les premiers symptômes de la contamination. Mordu par un mutant, il s’apprête à devenir l’un d’entre eux, et l’amour inconditionnel que lui voue Sonia risque d’être mis à mal par cette monstruosité larvée qui ne saurait tarder à émerger.

Contrairement à ce que sa filmographie précédente pourrait laisser penser, Hélène de Fougerolles est une fan inconditionnelle de cinéma de genre, sa culture encyclopédique en la matière ayant nourri sa prestation dans Mutants, qu’elle considère sans sourciller comme l’un de ses meilleurs rôles. Et on ne saurait lui donner tort. Fragile, sensible, à fleur de peau, elle nous touche et nous émeut avec une justesse désarmante. « David Morley voulait que je fasse un stage de maniement des armes et de cascades, mais j’ai préféré éviter », nous révèle-t-elle. « La fille que je joue n’a jamais tenu une seule arme de sa vie, elle est gauche, et il fallait que je joue le personnage comme ça. » (2) En ce sens, Sonia est moins proche de la Sigourney Weaver d’
Aliens que de la Geena Davis de La Mouche.

L’horrible métamorphose qui guette son âme sœur nous renvoie donc à l’univers de David Cronenberg, que le cinéaste adule depuis ses plus jeunes années. Quant à Francis Renaud, il s’avère hallucinant dans un registre difficile et intense. « J’avais deux références dans ma tête », nous dit-il. « Le jeu de Jack Nicholson dans Shining et
The Thing de Carpenter » Principalement centré sur ses personnages, Mutant n’en délaisse pas pour autant la mise en forme, magnifiant les décors naturels enneigés par une photographie somptueuse, décuplant l’impact des séquences de suspense par une bande son efficace (où plane l’ombre des compositions de Carpenter) et bénéficiant d’effets spéciaux de maquillage extraordinaires muant les comédiens en abominations n’ayant plus grand-chose d’humain.

(1), (2) et (3) Propos recueillis par votre serviteur en février 2009




© Gilles Penso


Thema: Mutants

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