(Night At The Museum)
de Shawn Levy (Etats-Unis)
avec Ben Stiller, Carla Gugino, Dick Van Dyke, Mickey Rooney, Bill Cobbs, Jake Cherry, Ricky Gervais, Robin Williams


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Si la comédie est en soi un exercice cinématographique difficile, son mixage avec le fantastique relève de l’alchimie la plus délicate. Un parfait équilibrage entre les deux genres est rare. Les aventures d’Abbott et Costello y parvenaient souvent, mais la référence ultime en la matière demeure S.O.S. Fantômes d’Ivan Reitman. Désormais, il faudra ajouter La Nuit au Musée à la petite liste privilégiée des croisements réussis entre pantalonnade jubilatoire et fantasmagorie à grand spectacle, aux côtés d’autres œuvres déjantées telles que Gremlins ou Chérie J’ai rétréci les Gosses. Le film de Shawn Levy repose beaucoup sur les épaules de Ben Stiller, qui incarne ici Larry Daley, un homme instable incapable de conserver un travail régulier plus de quelques mois d’affilée.

Souffrant de l’image pathétique qu’il renvoie à son ex-femme Erica (Kim Raver) et à son jeune fils Nick (Jake Cherry), il accepte à la dernière minute un emploi de gardien de nuit dans le musée d’histoire naturelle de la ville. Ce qu’ont bien omis de lui préciser ses trois vénérables prédécesseurs, c’est qu’une tablette présente dans l’aile égyptienne du musée, appartenant à une momie parfaitement conservée dans son sarcophage, provoque un phénomène hors du commun : dès que tombe la nuit, tout ce qui est exposé est soudain ramené à la vie. Attila et ses Huns, Christophe Colomb, Theodore Roosevelt, une tribu d’hommes de Néanderthal, des hordes d’animaux empaillés et un squelette de tyrannosaure sèment donc la panique, sous les yeux affolés d’un Larry évidemment dépassé par les événements…

Certes, le prétexte scénaristique utilisé pour donner vie au musée peut sembler quelque peu évasif, mais qu’importe. Ici, les qualités du divertissement l’emportent largement sur la rigueur du script, le film s’appréciant surtout comme un ride de parc d’attractions, à mi-chemin entre le Grand Huit et le train fantôme. Ben Stiller nous offre là une performance exceptionnelle, oscillant habilement entre la maladresse touchante (les séquences avec son ex-femme et son fils sont empreintes de sensibilité) et le burlesque débridé (la confrontation avec Attila et ses Huns est un très grand moment de fou rire). A ses côtés, le cinéphile savourera la présence de trois légendes vivantes de la comédie américaine, Dick Van Dyke (Mary Poppins), Mickey Rooney (Diamants sur Canapé) et Bill Cobbs (Le Grand Saut), dans le rôle des anciens gardiens de nuit hauts en couleur, tandis que Robin Williams nous offre la prestation savoureuse d’un Ted Roosevelt de cire s’efforçant de se montrer à la hauteur de son modèle historique.

Les effets spéciaux ne sont pas en reste, grâce à la minutie et au savoir-faire des infographistes de Rythm & Hues. Les visions les plus spectaculaires et les plus surréalistes jaillissent ainsi à l’écran, des légions romaines miniatures attaquant les cow-boys lilliputiens aux élucubrations d’une massive statue de l’île de Pâques en passant par les hallucinantes cavalcades d’un monstrueux squelette de T-Rex, le tout aux accents d’une partition très énergique d’Alan Silvestri. Et si La Nuit au Musée évoque par moments Jumanji et L’Indien dans le Placard, il les dépasse largement par son grain de folie et son audace sans borne.

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