de Sam Raimi (Etats-Unis)
Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Thomas Haden Church, Topher Grace, Bryce Dallas Howard


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Le succès colossal des deux premiers
Spider-Man, dont les recettes mondiales atteignent les 1,6 milliards de dollars, incita Sony à programmer la date de sortie américaine de ce troisième épisode alors que le n°2 n’était pas encore distribué en salles ! Sam Raimi et son frère Ted imaginèrent donc une nouvelle aventure puisant une fois de plus son inspiration dans les comics des années 60 et 70, tout en empruntant des éléments aux épisodes conçus par Todd Mc Farlane dans les années 90. Spider-Man 3 reprend nos protagonistes là où le film précédent les laissait. Peter Parker a avoué sa flamme et sa double identité à Mary-Jane Watson, et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais un nouveau super-vilain se pointe bientôt à l’horizon : Flint Marco, un criminel en cavale victime d’un accident radioactif dans un immense bac de sable. Les molécules de son corps fusionnent avec le sable, lui donnant la capacité de se métamorphoser à loisir. Un malheur ne venant jamais seul, Peter hérite du « symbiote », un blob d’origine extra-terrestre qui se colle à son costume. Désormais revêtu d’une tenue noire, il possède de nouveaux pouvoirs… mais sa personnalité semble s’altérer. Il se laisse séduire par la belle Gwen Stacy, fille du capitaine de la police de New York, et sa relation avec Mary-Jane s’en trouve dégradée. Comme si ça ne suffisait pas, Harry Osborn, le meilleur ami de Peter, a juré sa perte. Héritant de l’arsenal du Bouffon Vert, Harry se mue en nouveau Bouffon et décide de le détruire définitivement… Sans compter le redoutable Venom, qui fait son apparition au dernier tiers du métrage.

Malgré cette profusion de super-vilains, Spider-Man 3 parvient à éviter les travers des
Batman de Tim Burton et Joel Schumacher et consacre la majeure partie de son scénario au développement de ses personnages. Du coup, Peter Parker est beaucoup plus présent à l’écran que son alter ego rouge et bleu, et de nombreuses séquences parviennent à émouvoir le plus endurci des spectateurs, même s’il eut été préférable que la bande originale de Christopher Young (remplaçant Danny Elfman tout en conservant ses thèmes musicaux) ne se sente pas obligée de surligner systématiquement chaque émotion. Qu’il s’agisse de moments de comédie (le dîner dans un restaurant français avec Bruce Campbell en hilarant maître d’hôtel) ou de scènes purement fantastiques (l’extraordinaire métamorphose de Marco en Homme-Sable, à la fois touchante et spectaculaire), Raimi conserve son style inimitable et sa personnalité malgré une pression croissante accrue par le pharaonique budget de 300 millions de dollars mis à sa disposition.

Dommage cependant que certains procédés scénaristiques manquent singulièrement de cohérence, notamment le chantage intangible qu’Harry fait subir à Mary-Jane, ou son revirement de dernière minute occasionné par une révélation peu crédible et bien tardive. Dommage également que Gwen Stacy, magnifique personnage du comic book original, ne transcende guère ici le rôle de la potiche blonde platine. Sans compter quelques touches d'humour à la limite du grotesque, comme la chorégraphie qu'improvise Peter Parker dans un club de jazz, façon The Mask ! Le spectacle demeure tout de même de très haute tenue, et s’achève sur un bataille homérique opposant quatre belligérants fort déterminés.
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