(Terminator Salvation)
de McG (Etats-Unis)
avec Christian Bale, Sam Worthington, Bryce Dallas Howard, Helena Bonham Carter, Michael Ironside


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La bande originale est disponible ici

ATTENTION : les deux dernières lignes de cet article révèlent une petite surprise qu'il est conseillé de découvrir à l'écran avant de lire !

Porté aux nues pour son travail inventif dans le domaine du clip musical, McG a franchi avec fracas les portes d’Hollywood en dirigeant coup sur coup Charlie’s Angels et sa séquelle. Son style survolté et son inimitable sens du rythme se mettent désormais au service des héros torturés imaginés par James Cameron. Or tous les fans, échaudés par le résultat artistiquement passable du Terminator 3 de Jonathan Mostow (pourtant non dénué d’attraits), attendaient le réalisateur au tournant. Conscient de cet état de fait, le cinéaste s’est fendu de nombreuses déclarations publiques affirmant son admiration pour le travail de James Cameron et sa volonté d’inscrire son travail stylistique dans la lignée de deux premiers
Terminator. Pari réussi ? Haut la main !

Finies les échauffourées cartoonesques aux accents d’une musique techno chères aux deux adaptations de la série Drôles de Dames. McG prend ici son sujet à bras le corps avec une noirceur et un réalisme très appréciables. D’ailleurs, son influence artistique semble moins être le James Cameron de
T1 et T2 que l’Alfonso Cuaron des Fils de l’Homme, comme en témoignent cette photographie glaciale presque achrome, cette direction artistique oppressante et déshumanisée et cet emploi des plans-séquence immergeants pour plusieurs scènes d’action mémorables. A la fois prequelle et séquelle (la distinction est toujours difficile lorsqu’il s’agit de voyages dans le temps), Terminator Renaissance commence en 2003. Marcus Wright (Sam Worthington), un condamné à mort, accepte de donner son corps à la science.

Quinze ans plus tard, il erre, amnésique, dans les ruines d’un monde apocalyptique où les machines ont déclaré la guerre aux humains. Chef de la résistance, John Connor (Christian Bale) prépare un assaut contre le quartier général des créatures artificielles de Skynet, s’efforçant de respecter les instructions de sa défunte mère et de trouver un adolescent nommé Kyle Reese qui est censé devenir son père… Les pièces du puzzle s’assemblent ainsi une à une, portées par le charisme et la conviction d’un casting impeccable. Ainsi, même si les effets spéciaux concoctés par une myriade de compagnies (dont l’indéboulonnable ILM) sont époustouflants, et si le déploiement des machines de Skynet nous offre des morceaux d’anthologie extrêmement spectaculaires (l’attaque du robot géant, la poursuite sur le pont entre le camion et les motos, la récupération des prisonniers en plein vol), ce sont les enjeux humains qui sont ici les plus forts.

En ce sens, McG se montre bien plus intelligent que le Michael Bay de
Transformers, ne laissant jamais les robots voler la vedette à ses acteurs en chair et en os et concoctant des scènes de pugilats toujours limpides et lisibles malgré leur dynamisme à couper le souffle. La dernière partie du métrage, située au cœur de Skynet, ne parvient pas à éviter quelques incohérences scénaristiques, mais les amateurs de la saga s’y délecteront d’un hommage jouissif au premier Terminator de 1984, via l’intervention d’un T-800 particulièrement virulent interprété par un Arnold Schwarzenegger numérique criant de vérité !

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