(Transformers 2 : Revenge of the Fallen)
de Michael Bay (Etats-Unis)
avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Tyrese Gibson, John Turturro, Kevin Dunn, Julie White, Ramon Rodriguez


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Dire que le premier
Transformers n’était pas un chef d’œuvre est un doux euphémisme, mais il faut reconnaître que l’effet de surprise fonctionnait à plein régime, que les robots géants avaient du panache et que le couple Shia LaBeouf/Megan Fox ne manquait pas de charme. Que fallait-il donc attendre de cette séquelle ? Un blockbuster survolté façon Bad Boys 2 ? Pourquoi pas. Hélas, Transformers 2 marque une nouvelle étape dans la régression artistique d’un cinéaste dont le seul véritable titre de gloire, The Rock, n’est plus qu’un lointain souvenir. Tous les travers habituels de sa mise en scène sont ici exacerbés, comme si notre homme rechignait à renouveler les ingrédients d’une recette éprouvée et confortable.

L’une des séquences de destruction du film est d’ailleurs un remake à peine voilé des deux scènes les plus célèbres d’Armageddon et Pearl Harbour. La partition de Steve Jablonsky continue donc à imiter servilement le style de Hans Zimmer en soulignant au marqueur chaque péripétie, les clichés xénophobes s’alignent avec une absence de complexe qui laisse pantois et l’humour plane tranquillement au-dessous de la ceinture avec une vulgarité prépubère. Sans parler de l’omniprésence d’une armée américaine qui fut rarement autant mise à l’honneur dans un long-métrage. La Navy, l’Air Force, l’infanterie, l’artillerie, tout l’arsenal y passe, en un défilé emphatique qui donne régulièrement au film les allures d’un spot publicitaire enjoignant les jeunes spectateurs à s’engager illico.

Le scénario se déroule deux ans après que Sam Witwicky (Shia LaBeouf) ait sauvé l'univers d'une bataille entre les deux clans rivaux de robots extraterrestres. Aujourd’hui, Sam s'apprête à entrer à l'université, au grand dam de sa petite amie Mikaela (Megan Fox), de ses parents (Kevin Dunn et Julie White) et de son ami robot Bumblebee, camouflé sous l’aspect d’une fringante Camaro. Mais la trêve ne va pas durer, car les Deceptions s’apprêtent à revenir nous envahir, tandis que Sam est assailli de visions qui le mettent en état de transe. Embourbé dans cette intrigue laborieuse, le film patine péniblement, chaque protagoniste se sentant obligé de résumer les informations narratives et les enjeux tous les quarts d’heure, à l’attention de spectateurs visiblement jugés déficients.

Que reste-t-il donc à sauver de Transformers 2 ? Les effets visuels, bien entendu. Il serait hypocrite de ne pas reconnaître l’excellence des séquences en image de synthèse conçues par les génies d’ILM. Les géants métalliques s’animent avec un réalisme qui coupe le souffle et plusieurs morceaux d’anthologie ponctuent le métrage, notamment le prologue situé en pleine préhistoire, l’intervention d’une nuée de nano-robots ou l’assemblage final du redoutable « Devastator ». Mais ici aussi la surenchère confine à l’indigestion, Michael Bay s’obstinant à filmer ses machines avec une frénésie qui rend souvent illisibles les pugilats et les métamorphoses. Bref, Transformers 2 est une vaste entreprise de démolition qui n’a plus grand-chose de cinématographique, à moins que le Septième Art puisse désormais se passer d’émotion et de narration.

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