(Terminator 2 : Judgement Day)
de James Cameron (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Joe Morton, Earl Boen


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La scène prégénérique de Terminator 2, qui décrit à nouveau la lutte des humains contre les machines du futur, donne immédiatement le ton : en un seul plan, on voit plus de robots, de vaisseaux aériens et de chars monstrueux que dans toutes les séquences futuristes réunies du premier
Terminator. Après le conflit nucléaire du 29 août 1997, les rares survivants organisent la résistance contre les machines devenues autonomes qui sont à l’origine du conflit. En 1984, Skynet, l’ordinateur qui contrôlait ces machines, expédiait sur Terre un Terminator de type T-800 dont la mission était d’éliminer Sarah Connor, dont l’enfant à naître devait être le futur chef de la résistance. Le cyborg en question fut détruit et vers 1995 Skynet envoyait un second Terminator de type T-1000, plus perfectionné, pour éliminer John Connor durant son enfance. Quant à Sarah, elle est internée pour avoir tenté de faire sauter l’usine où exerçait Miles Dyson, futur inventeur de la puce qui doit déclencher le conflit.

Muni du plus gigantesque des budgets, James Cameron affiche ostensiblement le moindre dollar à l’écran et réalise l’un des meilleurs films d’actions jamais vus à l’écran, toutes nationalités et toutes époques confondues. Autant remake que suite de
Terminator, ce second opus réutilise la mécanique narrative du film précédent et la transcende avec génie. Ici, l’humour et le second degré s’installent discrètement (notamment à travers le faux départ qui nous révèle que le méchant Terminator n’est pas celui qu’on croit) et les personnages gagnent en profondeur et en complexité. Chaque protagoniste vacille sur les bases que nous lui connaissions. Le redoutable T-800 est désormais un sympathique garde du corps cybernétique (l’image du comédien, quasi inconnu en 1984 et désormais superstar, s’y prête mieux à présent), Sarah Connor s’est transformée en dangereuse guerrière psychotique et son fils John (incarné par Edward Furlong, une vraie révélation) mesure difficilement les responsabilités qui reposent sur ses épaules.

Mais la vraie vedette du film est le T-1000, un cyborg multiforme qui marque une avancée technologique considérable dans le domaine des images de synthèse (amorcée avec le tentacule aquatique d’Abyss et définitivement assise par
Jurassic Park deux ans plus tard) tout en confirmant que l’excellence des effets spéciaux repose la plupart du temps sur une combinaison de techniques et de talents. Ici, en l’occurrence, les effets numériques d’ILM se mêlent à d’impressionnants effets animatroniques de Stan Winston et au jeu charismatique de Robert Patrick, dont le regard froid amplifie considérablement le potentiel inquiétant du personnage. Les morceaux de bravoure abondent dans Terminator 2, du traumatisant cauchemar atomique de Sarah Connor à l’ébouriffante poursuite en camion du climax en passant par les nombreuses échauffourées opposant les deux cyborgs. Au sommet de son art, James Cameron apporte ainsi au cinéma de science-fiction l’une de ses œuvres les plus marquantes et les plus monumentales. « Le cinéma se redéfinit lui-même à chaque avancée technologique », explique-t-il. « Mais la technique n’est qu’un outil. Ce qui demeure inchangé, c’est l’envie de raconter des histoires et de toucher les spectateurs émotionnellement. » (1)

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009

© Gilles Penso
Thema: Robots, Voyages dans le Temps, Futur
Tag(s) : #FILMS