(Terminator 3 : Rise of the Machines)
De Jonathan Mostow (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristanna Loken, David Andrews, Mark Famiglietti, Earl Boen


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Dans les années 90, Arnold Schwarzenegger avait affirmé fermement qu’il ne jouerait dans Terminator 3 qu’à condition que James Cameron le réalise. Une demi-douzaine de flops plus tard, l’acteur bodybuildé a revu ses élans de solidarité à la baisse et rempile donc pour cette séquelle tardive des deux chefs d’œuvre de Cameron. La très lourde responsabilité de la mise en scène échoit à Jonathan Mostow, qui s’était distingué par un remake à peine camouflé du Bateau de Wolfgang Petersen (U-571) et une variante fort bien troussée sur le thème d’Une Femme disparaît d’Alfred Hitchcock (Breakdown). La pression était terrible, et tout le monde attendait un peu ce troisième opus au tournant.

A vrai dire, Mostow s’en tire plutôt bien, illustrant du mieux qu’il peut un scénario habile mais guère innovant qui puise la plupart de ses idées dans les deux premiers
Terminator, tout en empruntant sous forme de clin d’œil quelques répliques à Commando (« I lied ! ») et à Aliens (« Die, bitch ! »). Nous retrouvons un John Connor âgé de vingt ans, qui n’a plus les traits d’Edward Furlong mais de Nick Stahl, à nouveau en ligne de mire d’un cyborg venu du futur. Cette fois-ci, il s’agit du T-X, une « terminatrice » redoutable à qui Kristinna Loken prête ses traits, et dont les bras se muent en armes de toutes sortes. Comme toujours, un autre cyborg vient lui prêter main-forte, le T-850, massivement interprété par Schwarzie. La course-poursuite peut donc commencer.

Le personnage de Sarah Connor ayant trépassé entre-temps, c’est la future épouse de John (Claire Danes, ex-héroïne du très maniéré Romeo+Juliet de Baz Luhrmann) qui assure le rôle cameronien de la femme forte et battante. On le voit, l’effet de surprise s’est considérablement émoussé, et c’est principalement dans les séquences d’action qu’il faut chercher des trouvailles. De ce point de vue, le film ne démérite pas, accumulant les crash de poids lourds en tous genres, les explosions monstrueuses et les corps à corps musclés entre les deux robots. Mais plus le récit avance, plus il devient évident que l’essence même du concept initial ne repose plus sur les mêmes bases. Chez Cameron, comme chez le Robert Zemeckis de
Retour vers le Futur, l’homme bâtit son propre futur et a la capacité de le changer.

Or ici, c’est le retour au fatalisme de
La Planète des Singes : l’avenir est inéluctable et rien ne pourra le modifier. Ceci étant posé, le combat des protagonistes semble soudain vain, puisque leur destin est déjà écrit. Une perspective guère palpitante qui clôt le film sur une note sombre pour le moins frustrante. D’autant que le soulèvement des machines promis par le sous-titre nous laissait espérer un climax en forme de lutte homérique entre l’homme et la machine. Une lutte qui se résume ici à l’intervention d’une poignée de robots roulants et volants. Terminator 3 n’atteint donc jamais l’ampleur artistique et narrative de ses prédécesseurs, ce qui était à craindre, et se hisse tout juste au niveau d’une bonne série B musclée.

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