Jeudi 25 juin 2009
4
25
/06
/2009
08:48
(Terminator 3 : Rise of the Machines)
De Jonathan Mostow (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristanna Loken, David Andrews, Mark Famiglietti, Earl Boen
Voir la bande annonce
Le DVD est disponible
ici
Le Blu-ray est disponible
ici
La bande originale peut se
télécharger ici
Louez le DVD ici
Dans les années 90, Arnold Schwarzenegger avait affirmé fermement qu’il ne jouerait dans Terminator 3 qu’à condition que James Cameron le réalise. Une demi-douzaine de flops plus tard,
l’acteur bodybuildé a revu ses élans de solidarité à la baisse et rempile donc pour cette séquelle tardive des deux chefs d’œuvre de Cameron. La très lourde responsabilité de la mise en scène
échoit à Jonathan Mostow, qui s’était distingué par un remake à peine camouflé du Bateau de Wolfgang Petersen (U-571) et une variante fort bien troussée sur le thème d’Une Femme
disparaît d’Alfred Hitchcock (Breakdown). La pression était terrible, et tout le monde attendait un peu ce troisième opus au tournant.
A vrai dire, Mostow s’en tire plutôt bien, illustrant du mieux qu’il peut un scénario habile mais guère innovant qui puise la plupart de ses idées dans les deux premiers Terminator, tout en empruntant sous forme de clin d’œil
quelques répliques à Commando (« I lied ! ») et à Aliens (« Die, bitch ! »). Nous retrouvons un John Connor âgé de vingt
ans, qui n’a plus les traits d’Edward Furlong mais de Nick Stahl, à nouveau en ligne de mire d’un cyborg venu du futur. Cette fois-ci, il s’agit du T-X, une « terminatrice » redoutable à qui
Kristinna Loken prête ses traits, et dont les bras se muent en armes de toutes sortes. Comme toujours, un autre cyborg vient lui prêter main-forte, le T-850, massivement interprété par Schwarzie.
La course-poursuite peut donc commencer.
Le personnage de Sarah Connor ayant trépassé entre-temps, c’est la future épouse de John (Claire Danes, ex-héroïne du très maniéré Romeo+Juliet de Baz Luhrmann) qui assure le rôle cameronien
de la femme forte et battante. On le voit, l’effet de surprise s’est considérablement émoussé, et c’est principalement dans les séquences d’action qu’il faut chercher des trouvailles. De ce point
de vue, le film ne démérite pas, accumulant les crash de poids lourds en tous genres, les explosions monstrueuses et les corps à corps musclés entre les deux robots. Mais plus le récit avance, plus
il devient évident que l’essence même du concept initial ne repose plus sur les mêmes bases. Chez Cameron, comme chez le Robert Zemeckis de Retour vers le Futur, l’homme bâtit son propre futur et a la capacité de le changer.
Or ici, c’est le retour au fatalisme de La Planète des
Singes : l’avenir est inéluctable et rien ne pourra le modifier. Ceci étant posé, le combat des protagonistes semble soudain
vain, puisque leur destin est déjà écrit. Une perspective guère palpitante qui clôt le film sur une note sombre pour le moins frustrante. D’autant que le soulèvement des machines promis par le
sous-titre nous laissait espérer un climax en forme de lutte homérique entre l’homme et la machine. Une lutte qui se résume ici à l’intervention d’une poignée de robots roulants et volants.
Terminator 3 n’atteint donc jamais l’ampleur artistique et narrative de ses prédécesseurs, ce qui était à craindre, et se hisse tout juste au niveau d’une bonne série B musclée.
Par Gilles Penso
-
5
-
Partager
Derniers Commentaires