Michael Jackson ne pouvait pas mourir. Une telle icone, un tel phénomène, une créature aussi étrange et aussi complexe semblait hors d'atteinte des affres du commun des mortels. Dans l'inconscient collectif, il était devenu systématique de différencier l'artiste - chanteur incomparable, danseur hallucinant, compositeur unique en son genre - et l'homme - mal dans sa peau, mal dans sa sexualité, mal dans son rapport aux autres… Comme si ces deux personnalités étaient physiquement dissociées, à la manière d'un Jekyll/Hyde des temps modernes.

Michael Jackson a souvent flirté avec le fantastique, un genre qui lui convenait à merveille. Epouvantail dansant dans The Wiz de Sidney Lumet, loup-garou et zombie dans le prodigieux clip Thriller de John Landis, capitaine du futur dans le moyen-métrage Captain Eo de Francis Coppola, robot transformer dans Moonwalker de Colin Chilvers, ghoule grimaçant dans Ghosts de Stan Winston, extra-terrestre en smoking le temps d'une apparition dans Men in Black 2 de Barry Sonnenfeld, il prêta sa peau androgyne et achrome à tout un bestiaire que les mémoires auront du mal à effacer.
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