(G.I. Joe – Rise of the Cobra)
de Stephen Sommers (Etats-Unis)
avec Channing Tatum, Marlon Wayans, Sienna Miller, Byung-hun Lee, Dennis Quaid, Arnold Vosloo, Rachel Nichols, Ray Park


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Attention: une révélation importante figure à la toute dernière ligne du texte. Pour garder la surprise, ne la lisez pas avant d'avoir vu le film ! (sauf si vous avez déjà vu toutes les bandes annonces, où apparaît la séquence en question).

Le succès des Transformers ne pouvait pas laisser le monde du cinéma indifférent. Après les romans, les bandes dessinées, les jeux vidéo et les parcs d’attractions, les jouets sont donc devenus une nouvelle source d’inspiration pour les scénaristes hollywoodiens. En ce sens, les G.I. Joe semblaient être un choix particulièrement judicieux. Véritables icônes de la culture populaire, ces petits soldats articulés, lancés sur le marché en 1963 puis redynamisés vingt ans plus tard sous leur fameux format dix centimètres, étaient déjà les héros d’une bande dessinée Marvel et d’une série animée. Pour leur adaptation en chair et en os sur grand écran, le studio Paramount a sollicité le réalisateur Stephen Sommers.

Cinéphile enthousiaste spécialisé dans l’aventure exotique et l’action « larger than life », Sommers a prouvé qu’il était capable de concevoir des œuvres décomplexées et réjouissantes (Un Cri dans l’Océan, La Momie), même si sa trop grande confiance dans les effets numériques et les images de synthèse pouvait donner à certains de ses films des allures de jeux vidéo indigestes (Le Retour de la Momie, Van Helsing). A vrai dire, G.I. Joe : le Réveil du Cobra se situe quelque part entre ces deux tendances, parfois joyeusement énergique, d’autres fois rustre et lourdaud. Le scénario tient en quelques lignes. Deux armées d’espions surentraînés et bourrés de gadgets futuristes s’y opposent : la redoutable organisation Cobra, prête à tout pour mettre la main sur une arme incroyablement dévastatrice, et les vaillants membres de l’unité G.I. Joe, chargés de les en empêcher à tout prix.

Ce simple prétexte suffit pour 120 minutes d’action débridée ininterrompue. Au fil de ses péripéties, G.I. Joe se laisse influencer par bon nombre de superproductions l’ayant précédé. Pèle mêle nous viennent à l’esprit Wolverine (le recrutement des héros au sein de l’équipe top-secrète, l’agent Snake Eyes qui semble calqué sur Deadpool), le remake du Jour où la Terre s’Arrêta (les nuées de nano-robots qui dévorent véhicules et bâtiments en quelques secondes), Le Retour du Jedi (le grand méchant qui ôte son casque pour révéler un visage ravagé) ainsi que la saga James Bond (période Roger Moore) et ses imitations (Spy Kids et Mission Impossible en tête). L’effet déjà-vu ne gâche pourtant pas les effets du film.

Car si Sommers connaît ses classiques, il évite les maniérismes inhérents aux blockbusters des années 2000 (caméra tremblante à outrance, montage épileptique, partition synthétique éléphantesque façon Hans Zimmer) qui plombaient notamment les deux Transformers. Certes, G.I. Joe ne fait jamais dans la finesse, donnant la vedette à des personnages aux caractères basiques, exposant les grands sentiments à grands coups de clichés pour romans de gare et réservant à quelques guest stars (Dennis Quaid en général en chef, Jonathan Pryce en Président des Etats-Unis) des rôles caricaturaux. Mais le spectacle pur et dur emporte l’adhésion grâce à une succession de séquences hallucinantes, la moindre n’étant pas cette incroyable course-poursuite dans les rues de Paris s’achevant – ô sacrilège – par la destruction de la Tour Eiffel !
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