de James Cameron (Etats-Unis)

Avec Leonardo di Caprio, Kate Winslet, Billy Zane, Bill Paxton, Kathy Bates, Gloria Stuart, Frances Fisher, David Warner

 

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Avec Terminator 2, James Cameron semblait avoir atteint l’apogée de son talent et de sa carrière. A tel point qu’on se demandait quelle serait la prochaine étape de son parcours cinématographique. Lorsqu’il livra au public True Lies, un remake survolté mais guère innovant de La Totale de Claude Zidi, on le sentit en perte d’inspiration. Ceux qui craignaient que Titanic, son projet suivant, ne soit un énième film catastrophe ressassant un sujet mille fois raconté et traînant derrière son sillage l’arrogante réputation de film le plus cher de l’histoire du cinéma, eurent tôt fait de se raviser. Car Titanic s’érige en véritable chef d’œuvre romantique et humaniste.


Toutes les thématiques qui firent la force de Terminator, Aliens et Abyss y sont surexposées et magnifiées : l’homme se débattant sous le poids d’une écrasante machine, les affres de protagonistes à cheval entre deux époques, l’émergence d’un héroïsme insoupçonné chez une femme meurtrie se renforçant face à l’adversité… Le récit prend d’abord pour héros Brock Lovett, un chasseur de trésor incarné par Bill Paxton, acteur fétiche de Cameron. En fouillant l’épave du Titanic à la recherche d’un légendaire diamant, Lovett découvre le portrait d’une jeune femme arborant le bijou en question. Peu après, la vénérable centenaire Rose Dawson (Gloria Stuart) se présente à lui, affirmant être la femme du portrait. Et pour le lui prouver, elle va lui raconter son voyage à bord du Titanic, qui s’acheva par la monstrueuse catastrophe que l’on sait.


Nous voici donc transportés en 1912, le scénario prenant alors les allures de « Roméo et Juliette » des mers, puisque Rose (dès lors interprétée par Kate Winslet, la révélation de Créatures Célestes), jeune fille de bonne famille promise à l’arrogant Carl Hockley (excellent Billy Zane), tombe amoureuse d’un dessinateur crève la faim nommé Jack Dawson (Leonardo Di Caprio, qui tint justement la vedette du Romeo+Juliette de Baz Luhrmann). Une romance complexe progresse alors, parallèlement au fier navire qui s’achemine lentement mais sûrement vers sa tragique destinée. Titanic s’efforce ainsi de mêler adroitement l’intrigue sentimentale intimiste, la satire sociale grinçante et le film catastrophe spectaculaire.


Côté effets spéciaux, nous sommes donc servis, puisque le créateur de Terminator a repoussé toutes les limites. Jamais personne n’était allé aussi loin dans la génération de figurants humains 100% 3D, jamais un océan en image de synthèse ne fut plus réaliste, et jamais les morphings n’avaient été utilisés avec autant d’intelligence, servant ici de magnifiques transitions qui permettent d’effectuer de réguliers allers-retours entre 1912 et 1997. L’accident lui-même, point d’orgue du film et du drame qu’il narre, prend des proportions cataclysmiques. Macabre ride d’un épouvantable parc d’attractions, le naufrage du Titanic restera ainsi dans toutes les mémoires comme l’un des moments les plus impressionnants et les plus marquants de toute l’histoire du cinéma catastrophe. « Quand on réalise un film aussi complexe d’un point de vue technologique, la chose la plus importante est de s’assurer que les acteurs ne soient pas écrasés et puissent s’exprimer pleinement », raconte Cameron (1). Fort de ses qualités techniques et artistiques, Titanic connut un colossal succès, se muant quasiment en phénomène de société et remportant pas moins de onze Oscars.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009


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