de Christian Alvart
(Etats-Unis / Allemagne)
Avec Dennis Quaid, Ben Foster, Cam Gigandet, Antje Traue, Cung Le
Christian Alvart était un cinéaste allemand méconnu jusqu’à ce qu’il réalise Antibodies, un thriller sombre et
oppressant marchant sur les traces de Seven et du Silence des Agneaux sans jamais chercher à les imiter et témoignant d’un véritable talent dans le double domaine de la recherche graphique et de la création d’atmosphères. Fort bien
troussé, Antibodies ouvrit à Alvart les portes d’Hollywood, et le savoir à la tête d’un film de science-fiction horrifique
était pour le moins réjouissant. Jusqu’à ce que le double slogan du poster de Pandorum ne refroidisse quelque peu cet
enthousiasme. Car si la phrase « A des millions de kilomètres de la Terre personne n’ira vous secourir » se démarque maladroitement de la célèbre accroche d’Alien, trahissant
un apparent manque d’originalité, « Par les créateurs de Resident
Evil »inquiète davantage, dans la mesure où le producteur/réalisateur Paul W.S.
Anderson n’a jamais été réputé pour sa finesse (Mortal Kombat, Aliens vs. Predators, Course à la Mort).
Résultat des courses : Pandorum reste fidèle au savoir faire de
son metteur en scène mais exhale un sentiment de déjà-vu permanent qui amoindrit considérablement son impact. Les premières séquences du film savent pourtant captiver et intriguer le spectateur.
Deux astronautes (Dennis Quaid et Ben Foster) se réveillent dans un gigantesque vaisseau spatial après un long séjour en hyper-sommeil. Désorientés, plongés dans le noir, ils sont atteints d’une
amnésie partielle qui les empêche de connaître leur identité et leur mission. Tandis que le lieutenant Payton (Quaid) s’efforce de remettre en route le système de communication du vaisseau, le
caporal Bower (Foster) part explorer les corridors sombres. Il ne tarde pas à découvrir quelques survivants cachés ainsi qu’une horde d’effroyables créatures mues par un appétit
anthropophage…
Indiscutablement, Alvart s’y connaît en ambiances oppressantes, et l’entrée en matière de Pandorum sait jouer efficacement avec nos nerfs, d’autant que Dennis Quaid et Ben Foster jouent le jeu avec conviction et constituent d’intéressants pôles
d’identification. Mais plus l’intrigue évolue, plus elle fixe ses propres limites et plus l’originalité apparente du propos se dilue dans une collection de motifs visuels familiers de l’amateur
de science-fiction (cette longue exploration dans les coursives sinistres d’un vaisseau spatial inquiétant nous renvoie illico à Event Horizon et Sunshine, ces créatures enragées et affamées présentent bien des
similitudes avec les creepers de The Descent
et les orques du Seigneur des Anneaux).
Le scénario lui-même perd beaucoup de sa crédibilité en cours de route, car le comportement des personnages laisse souvent perplexe (notamment la biologiste muée en guerrière farouche et sauvage), l’explication de la présence des monstres s’avère traitée par dessus la jambe et les derniers rebondissements sont pour le moins décousus. Restent quelques très efficaces moments de suspense, en particulier la réactivation du réacteur du vaisseau au milieu d’un « nid » de créatures endormies, et un final grandiose digne de quelques couvertures de pulps de SF des années 50. Pour l’heure, Alvart s’est avéré plus convaincant sur la terre ferme que dans l’espace…

Avis aux amateurs d'effets spéciaux
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