wolverine-angry.jpgBon OK, les Inrocks n'ont pas aimé Wolverine : le combat de l'immortel. C'est leur droit le plus strict et je suis le premier à défendre les divergences d'idées, comme en témoignent les deux débats récents mis en ligne sur ce site à propos de Man of Steel et Pacific Rim. La qualité du film de James Mangold n'est donc pas en cause ici. Chacun sera libre d'apprécier ou non les nouveaux exploits sur grand écran du plus griffu des X-Men. Ce qui me semble affligeant, c'est la condescendance avec laquelle la critique écrite par Jacky Goldberg s'étale, au mépris de toute analyse, du moindre recul, de la plus petite once d'objectivité. Le rédacteur n'aime pas le film, et dès lors toutes les perfidies sont les bienvenues. Mangold est donc un manchot qualifié de - je cite - "cinéaste le plus transparent d'Hollywood", son seul talent ayant été jusqu'alors de croiser de bons acteurs. Hugh Jackman est un comédien inspide, puisque, je cite encore, "fatalement, avec un acteur aussi fade que Hugh Jackman il n'y avait rien à attendre de deuxième volet de Wolverine". Bardé d'a prioris, Goldberg a donc décidé que, quoiqu'il arrive, le film serait mauvais. Et il nous le fait savoir, arguments massifs à l'appui : "la nullité du scénario", "plat", "d'un ennui total", "litanie de scènes d'action pauvrement chorégraphiées", "rien d'autre qu'un long baillement". Dans un élan de délire final qu'il faut attribuer - au choix - à l'envie de faire le malin ou à l'absorption d'étranges substances illicites, notre critique achève son manifeste par une comparaison entre Wolverine et The Expandables, affirmant que la "maladresse touchante que peuvent parfois manifester les êtres trapus"  comme Sylvester Stallone et ses acolytes lui manque cruellement, ici. Allez comprendre. J'ai lu des dizaines de critiques beaucoup plus constructives, beaucoup mieux argumentées et beaucoup plus intelligentes - qu'elles soient positives ou négatives, là n'est pas la question - signées par de "simples amateurs" sur les réseaux sociaux et les forums ouverts au public. Ah, qu'ils sont agaçants ces journalistes "professionnels" qui préfèreront toujours le bon mot à l'idée pertinente, la provocation susceptible de créer un buzz plutôt que la construction d'un discours structuré, la posture désabusée au mépris du laisser aller émotif ! Donnez donc une plume aux vrais cinéphiles, et que ces blasés des salles obscures se recyclent ailleurs. On engage sûrement chez les tabloïds…

 

© Gilles Penso - Juillet 2013

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