nude_vampire_poster_01.jpgL'œuvre de Jean Rollin n'entrera probablement pas au panthéon, pas plus qu'elle n'ornera les rayons des cinémathèques. Pourtant, ce cinéaste hors norme a marqué son temps par une filmographie insolite qui s'est muée en véritable objet de culte, notamment outre-Atlantique. Son credo ? Un mariage contre-nature entre l'épouvante et la sensualité, avec une prédilection toute particulière pour les femmes-vampires court-vêtues, les cimetières brumeux et les plages normandes.

 

C'est en 1968 que Jean Rollin lance les hostilités avec "Le Viol du Vampire", qui contient déjà en substance toutes les composantes de l'œuvre à venir : un scénario nébuleux, des acteurs amateurs, des dialogues absurdes, une mise en scène très approximative et un humour irrésistible, mais hélas involontaire. Mais au milieu de ce fatras digne de la foire d'empoigne, un certain sens de la poésie macabre émerge parfois, tout comme une sincérité à fleur de peau qui rend le réalisateur attachant.

 

L'homme lui-même était d'ailleurs passionnant, d'une grande culture et d'une sensibilité indéniable. Qualités qui n'apparaissent qu'en filigrane dans des films aux titres souvent improbables : "La Vampire nue", "Requiem pour un Vampire", "Les Raisins de la Mort", "Les Démoniaques", "La Morte-Vivante", "Les Deux Orphelines Vampires" ou encore "La Fiancée de Dracula". Rollin tournera un dernier long-métrage surréaliste d'inspiration vaguement mythologie, "Le Masque de la Méduse", avant de succomber à un cancer le 15 décembre 2010. Il laisse derrière lui une trentaine de longs-métrages et une quinzaine de romans.

 

© Gilles Penso

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