Le réalisateur de "L'incroyable Hulk" décide de dépoussiérer les vieux mythes. Le résultat s'avère inégal.

Le remake d'un classique

"Le choc des Titans" était à l'origine un film d'aventures fantastiques un peu kitsch, mais bourré de charme, sorti sur les écrans en 1981 et s'inspirant librement de la légende grecque de Persée, le demi-dieu qui tua la Méduse.

Réalisé par Desmond Davis, "Le choc des Titans" bénéficiait de quelques guest stars prestigieuses (Laurence Olivier, Ursula Andress) et surtout d'effets spéciaux magnifiques conçus par Ray Harryhausen, l'idole des plus grands cinéastes actuels (Steven Spielberg, James Cameron, Peter Jackson, Tim Burton ne jurent que par lui).

Bercé par ce petit joyau mythologique, alors qu'il était encore en culottes courtes, Louis Leterrier fit ses premières armes en réalisant des films d'action pour Luc Besson, puis "L'incroyable Hulk" avec Edward Norton et Liv Tyler. Il semblait donc l'homme de la situation pour diriger ce remake.

Points Positifs

En tant que divertissement pur, le nouveau "Choc des Titans" fait mouche. Leterrier choisit comme acteur principal Sam Worthington, tête d'affiche de "Avatar" et "Terminator Renaissance", et dote les dieux de l'Olympe de visages familiers (Liam Neeson, Ralph Fiennes).

Généreux comme son modèle des années 80, le jeune réalisateur nous offre une cohorte de monstres, tous plus spectaculaires les uns que les autres : des scorpions géants incroyablement réalistes, une méduse mi-femme mi-serpent au regard pétrifiant, des hordes de harpies hideuses, un somptueux cheval ailé et surtout le kraken, abominable créature tentaculaire qu'on croirait issue des pages du romancier H.P Lovecraft et qui crève l'écran le temps d'une brève, mais très spectaculaire séquence finale.

Points Négatifs

Hélas, cette sarabande de créatures légendaires ne suffit guère à masquer les lacunes d'un scénario péchant par trop de schématisme et se permettant quelques raccourcis hasardeux, notamment l'utilisation évasive du personnage d'Io (la belle Gemma Arterton) qui apparaît et disparaît du récit sans réelle justification.

Sans parler de l'iconisation anachronique des dieux (Zeus en armure de chevalier médiéval, Hadès en spectre grimaçant) et de l'emploi de faire-valoir comiques embarrassants (Mouloud Achour et Ashraf Barhom).

Les monstres eux-mêmes souffrent parfois d'une conception discutable (pourquoi diable Pégase est-il devenu noir ?), d'une réalisation technique passable (Méduse ressemble à un personnage de Final fantasy aux traits numériques guère convaincants), ou d'un montage épileptique qui rend leurs séquences illisibles (difficile par exemple de comprendre ce qui se passe vraiment pendant le combat contre les scorpions).

Ce "Choc des Titans" nouvelle génération est donc une demi-réussite, dont les défauts seront peut-être atténués à l'occasion de la séquelle "La fureur des titans", que Jonathan Liebesman réalisera en 2012.

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