Adèle Blanc-SecGeoffrey Niquet, superviseur des effets visuels d'Adèle Blanc-Sec, nous explique l'ampleur de son travail sur le dernier long-métrage de Luc Besson. Ces propos ont été recueillis par votre serviteur en avril 2010.

 

« Pour réaliser les effets visuels d'Adèle Blanc-Sec, cent graphistes et animateurs ont travaillé simultanément au sein de la société Buf Compagnie, ce qui représente une équipe assez conséquente. Mais c'était le seul moyen de pouvoir livrer les 580 plans truqués du film étant donnés nos délais assez courts. Car le tournage a eu lieu en été 2009 et a été achevé mi-mars. Les effets concernaient principalement le ptérodactyle, la momie, et la reconstitution d'un Paris des années 1900. Le mot d'ordre de Luc Besson était de rendre hommage le plus fidèlement possible à la bande dessinée originale de Tardi. Notre ptérodactyle ressemble donc à celui des dessins originaux, mais ce n'est pas exactement le même. Il est rouge et un peu maladif, comme dans la BD, mais nous avons cherché un rendu plus photoréaliste. Plusieurs animaux nous ont donc servi de référence : la tortue pour le cou, le crocodile pour les écailles autour de l'œil, la chauve-souris pour les ailes. La créature est entièrement conçue en image de synthèse et animée selon la technique du "key frame", c'est-à-dire par images clefs. Pour les momies, nous n'avons pas utilisé la technique de la motion capture mais nous nous sommes servis du jeu de comédiens qui ont été filmés sous plusieurs angles de caméra, et dont nous avons ensuite reproduit les mouvements. C'est une méthode que nous avions déjà éprouvée sur les deux Arthur pour Luc Besson. En ce qui concerne la reconstitution du Paris d'époque, nous avons utilisé beaucoup de matte-paintings, d'extensions de décors numériques et d'éléments 3D remplaçant les panoramas réels. Nous avons replacé des pavés sur les routes, et conçu à l'occasion des foules entières en image de synthèse. Luc Besson est un réalisateur très exigeant mais qui sait exactement ce qu'il veut et sait être très réactif. Il aime bien que les choses aillent très vite, ce qui semble logique dans la mesure où il est également producteur de ses propres films. Après l'aventure très expérimentale que nous avons vécu sur les effets spéciaux de Soudain le Vide de Gaspar Noé, Adèle Blanc-Sec nous a un peu fait l'effet d'une douche écossaise. C'est ce qui fait l'originalité de notre métier : pouvoir côtoyer des artistes aussi dissemblables que Gaspar Noé et Luc Besson et s'efforcer de donner corps à leurs visions. »

 

La bande annonce :

 


L'extrait du ptérodactyle :

 

 

L'extrait de la momie :



© Gilles Penso

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