les films de Roland Emmerich

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 16:47

de Roland Emmerich (Etats-Unis)

avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, Oliver Platt, Thndie Newton, Danny Glover, Woody Harrelson


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Selon une prophétie maya, le 21 décembre 2012 marquera la date de la fin du monde, suite à l’alignement particulier des planètes de notre système solaire et à la série de cataclysmes naturels qui en découlera. Grâce à ce prétexte paranoïaque, Roland Emmerich se livre avec un enthousiasme manifeste à son exercice favori : le film catastrophe. Si Le Jour d’après faisait quelque peu illusion dans le genre, grâce à une poignée de séquences franchement impressionnantes, on ne peut pas en dire autant d’Independence Day et Godzilla, dont les effets spéciaux spectaculaires ne rachetaient pas la stupidité des intrigues et l’absurdité des relations humaines.


Certes, 2012 se situe largement au-dessus du niveau artistique de ces deux blockbusters décérébrés, mais il ne brille pas tout à fait par la fraîcheur de son scénario. Car à tout bien réfléchir, nous sommes ici en présence d’un remake officieux du Choc des Mondes de Rudolf Maté, un classique de 1951 dans lequel, déjà, des vaisseaux spatiaux étaient bâtis pour sauver quelques humains d’une catastrophe inexorable menaçant la Terre. Outre cette influence première, Emmerich ne peut s’empêcher de chercher l’inspiration du côté de son maître à penser Steven Spielberg. Ici, c’est La Guerre des Mondes qui sert visiblement de référence, le romancier Jackson Curtis (incarné par John Cusack) marchant sur les traces de Tom Cruise en s’efforçant, lui aussi, de sauver sa famille recomposée lorsque le désastre survient.


Si l’on ajoute quelques coïncidences improbables qui relient bizarrement chaque protagoniste du drame et de grossières allusions politiques (le gouverneur de Californie qui a le même accent autrichien qu’Arnold Schwarzeneger, l’accident sous le pont de l’Alma), on comprend que 2012 ne donne pas tout à fait dans la finesse. Restent les effets spéciaux. De ce point de vue, rien à redire. Au premier tiers du film, les hostilités sont lancées avec la destruction de Los Angeles, une séquence d’anthologie qui restera dans toutes les mémoires par son ahurissante démesure. Au milieu des bâtiments qui s’effondrent à la manière d’un château de carte, le véhicule de nos héros tente d’éviter de monstrueux obstacles, du train qui déraille à l’avion qui s’écrase, tandis que les vues aériennes du cataclysme coupent littéralement le souffle. Le réalisateur de Stargate n’a donc pas perdu la main.


Mais l’aspect résolument spectaculaire d’une telle scène se prive d’impact émotionnel, tant le cinéaste force le trait et exagère les péripéties. Là où Spielberg savait nous ébranler (qu’on se souvienne de l’incroyable plan-séquence de la voiture de La Guerre des Mondes), Emmerich se contente d’une dynamique de jeu vidéo. Pourquoi pas ? Sauf qu’en mêlant à son jeu de destruction des détails qu’on croirait issus des attentats du 11 septembre (les habitants des buildings s’accrochant désespérément aux parois qui s’effondrent puis se jetant dans le vide), il crée un mélange des genres au goût souvent discutable. Tout 2012 est à l’avenant. Ceux qui cherchent une intrigue solide aux fortes implications humaines ont donc tout intérêt à passer leur chemin. Mais les amateurs d’effets spéciaux vertigineux et de destructions massives en auront largement pour leur argent.

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Roland Emmerich - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 11:31
de Roland Emmerich (Etats-Unis)
Avec Bill Pulman, Will Smith, Jeff Goldblum, Mary McDonnell, Judd Hirsch, Robert Loggia, Randy Quaid, Margaret Colin, Brent Spiner


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Le réalisateur Roland Emmerich et le producteur Dean Devlin sont les rois du recyclage. Dans Universal Soldier, ils mixaient sans panache les thèmes de Robocop et Rambo. Avec Stargate, ils mélangeaient habilement Les Aventuriers de l’Arche Perdue, La Guerre des Etoiles et Les Dix Commandements. Quant à Independence Day, il s’agit ni plus ni moins d’une nouvelle version de La Guerre des Mondes mâtinée de film catastrophe à la Tremblement de Terre dont étaient friandes les années 70. Alors que des phénomènes climatiques inhabituels interpellent la communauté scientifique, une série d’objets gigantesques se dirigeant à vive allure vers la Terre sont détectés par les astronomes. Bientôt, il s’avère que ce ne sont pas des météorites mais une armada de vaisseaux spatiaux. Toute tentative de communication avec les visiteurs extra-terrestres s’avère vaine, mais un savant surdoué (Jeff Goldblum) parvient malgré tout à comprendre leurs intentions, lesquelles n’ont rien de pacifiques ! Effectivement, en quelques jours, New York, Washington et Los Angeles sont pulvérisées par les aliens belliqueux. La résistance se met alors en place…

A vrai dire, le scénario d’Independence Day s’avère d’une effroyable platitude et ne laisse que peu de place à la surprise, accumulant les invraisemblances au fur et à mesure de son développement. Mais ces carences narratives sont parfois rattrapées par quelques morceaux d’anthologie visuels propres à couper le souffle des spectateurs les plus blasés. L’arrivée du titanesque vaisseau mère et des huit colossales soucoupes volantes qu’il transporte est d’abord visualisée par d’immenses ombres se déplaçant lentement et occultant peu à peu la lumière du soleil. Avant que les soucoupes n’apparaissent distinctement, elles provoquent d’étranges bouleversements atmosphériques, en particulier des formations nuageuses inhabituelles qui nous rappellent les cieux agités de Rencontres du Troisième Type. Et puis, sans plus attendre, Roland Emmerich offre à nos yeux mi-terrifiés mi-émerveillés la vision surréaliste de ces soucoupes vastes de plusieurs kilomètres de diamètre couvrant le ciel des plus grandes villes du monde, des images que les téléphiles ne peuvent s’empêcher de rapprocher de celles de la série V.

Autre séquence absolument époustouflante, la destruction de New York atteint son paroxysme lorsque les passants affolés s’ébattent en tous sens tandis que des dizaines de voitures voltigent dans les airs, soufflées par une explosion enflammée. Quant aux démentielles scènes de batailles aériennes entre les vaisseaux extra-terrestres et les avions de chasse, elles décuplent les prouesses réalisées dans Le Retour du Jedi. Dommage que tout ce déploiement technique se soit mis au service d’un scénario aussi affligeant, accumulant clichés, bêtise et incohérence. Une indigence dont le sommet est sans nul doute atteint par le discours du président des Etats-Unis (Bill Pullman) à ses troupes, véritable milk-shake de patriotisme et de naïveté qui ôte définitivement toute crédibilité à cette invasion extra-terrestre boursouflée.


© Gilles Penso

Thema: Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Roland Emmerich
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 16:31
(The Day After Tomorrow)
de Roland Emmerich (Etats-Unis)
avec Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Sela Ward, Ian Holm, Emmy Rossum, Dash Mihok, Jay O. Sanders, Austin Nichols


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En réalisant The Patriot, fresque guerrière réaliste et brutale, Roland Emmerich amorçait ouvertement un virage dans sa carrière de cinéaste. Il était donc logique qu’on éprouve un sentiment de machine arrière et de déjà-vu en le voyant emprunter à nouveau les chemins balisés du film catastrophe. Fort heureusement, sans tout à fait transcender le genre, Le Jour d’après porte le sceau d’un Roland Emmerich plus mature qu’à l’accoutumée. Fidèle à ses habitudes, le réalisateur de Stargate fait démarrer son film sur une séquence visuellement très forte. Une petite expédition en Arctique, menée par le climatologue Jack Hall (Dennis Quaid), y fait face à un monumental glissement de terrain creusant une fissure de plusieurs kilomètres de long dans la glace.

Cet étrange phénomène n’est que le premier d’une série de dérèglements climatiques frappant peu à peu les quatre coins de la Terre. Pessimiste, Hall voit là les prémisses d’un nouvel âge de glace, mais il se heurte à l’incrédulité de ses pairs, et à celle d’un vice-président têtu refusant de s’intéresser à ses alarmantes théories. Hélas, la suite des événements conforte le climatologue dans ses craintes. Le Japon étant frappé par une averse de grêle et la Californie par une armada de monstrueuses tornades, la situation devient franchement préoccupante. Le froid gagne peu à peu tout l’hémisphère nord de la planète, gelant sur place tous les malheureux restés dehors. Tandis que le président des Etats-Unis concède enfin à faire évacuer les Etats du Nord, Jack Hall décide de traverser tout le pays par –20° afin d’aller sauver son fils, réfugié avec une poignée de survivants dans une bibliothèque au beau milieu d’une ville de New York dévastée…

Comme on pouvait s’y attendre, Le Jour d’après vaut surtout pour sa collection de séquences spectaculaires, dirigées ici avec une maestria propre à ébouriffer les spectateurs les plus blasés. Point culminant de ce festival d’effets spéciaux audacieux, le gigantesque raz-de-marée qui frappe New-York s’est d’emblée imposé comme un incroyable morceau d’anthologie, intégrant des idées magnifiquement surréalistes comme ce cargo arpentant les rues de Manhattan muées en fleuves glacés. On sent bien, ça et là, des réminiscences de L’Aventure du Poséidon, Tremblement de Terre, Titanic, Daylight, Vertical Limits et même Independence Day, mais Emmerich parvient cette fois-ci à transcender ses influences au lieu de se contenter d’un patchwork de plagiats.

Comme en outre le scénario prône un humanisme apparemment sincère et se permet quelques écarts cyniques du meilleur effet (les bibliothécaires triant les livres qu’ils acceptent de brûler pour se réchauffer, l’immigration illégale s’inversant à la frontière américano-mexicaine), Le Jour d’après se distingue de ses pairs trop ancrés dans le premier degré. Le film souffre malgré tout d’un travers inhérent au genre catastrophe : à trop vouloir concentrer son attention sur ses personnages principaux, le scénario donne rapidement l’impression que ce cataclysme planétaire ne touche finalement que deux pays américains et une dizaine de protagonistes, amenuisant du coup l’impact de son propos.

© Gilles Penso

Thema: Catastrophe
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Roland Emmerich - Communauté : Ciné DVD
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 15:31
(10 000 B.C.)
de Roland Emmerich (Etats-Unis)
avec Steven Strait, Camilla Belle, Cliff Curtis, Nathanael Baring, Tim Barlow, Joel Fry, Mona Hammond, Marco Khan


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A ce jour, l’une des réussites artistiques les plus populaires de Roland Emmerich demeure Stargate, propulsant à l’écran des images grandioses qu’on croyait jusqu’alors réservées aux couvertures des romans de science-fiction. L’Egypte antique et le fantastique épique ayant fait si bon ménage, le réalisateur du
Jour d’Après décida de les marier à nouveau au sein d’un récit exotique bousculant sans vergogne les faits historiques les plus établis afin de faire cohabiter mammouths, tigres à dents de sabre, tribus africaines, civilisations pharaoniques et grandes pyramides. Résultat : 10 000 B.C. qui, contrairement à ce que son titre peut faire penser, est moins une relecture d’Un Million d’Années Avant JC qu’un mixage de La Guerre du Feu, L’Âge de Glace, Apocalypto, Les Dix Commandements et le cinéma de David Lean.

Le jeune chasseur D'Leh (Steven Strait, tête d’affiche du Pacte du Sang de Renny Harlin)) est amoureux d’Evolet (Camilla Belle, héroïne du remake de Terreur sur la Ligne), une orpheline aux yeux bleus que sa tribu recueillit lorsqu’elle était enfant. Lorsque celle-ci est enlevée par une bande de pillards, D'Leh se lance à sa rescousse à la tête d'une poignée de chasseurs de mammouths, parmi lesquels figure son mentor Tic’Tic (Cliff Curtis, vu dans Sunshine et Die Hard 4). Le groupe, franchissant pour la première fois les limites de son territoire, entame un long périple à travers des terres infestées de monstres, et découvre des civilisations dont il ne soupçonnait pas l'existence. Au fil de ces rencontres, d'autres tribus, spoliées et asservies, se joignent à D'Leh et ses hommes, finissant par constituer une petite armée. Au terme de leur voyage, D'Leh et les siens découvrent un empire inconnu, hérissé d'immenses pyramides dédiées à un dieu vivant, tyrannique et sanguinaire. Le jeune chasseur comprend alors que sa mission n'est pas seulement de sauver Evolet, mais la civilisation tout entière...

Soucieux de soigner l’aspect spectaculaire de son film, Roland Emmerich nous régale de séquences titanesques et inédites, les plus folles étant probablement celles mettant en scène les hordes de mammouths (notamment la chasse mouvementée, au début du film, et la révolte finale au milieu des pyramides). L’attaque des phororhacos au milieu des hautes herbes (des oiseaux carnivores particulièrement voraces) est également un morceau d’anthologie, dans lequel on sent l’influence de
Jurassic Park : le Monde Perdu (chez Emmerich, Spielberg n’est jamais loin). Mais chacun sait que le spectacle, si soigné soit-il, ne vaut pas grand-chose sans émotion. Et en ce domaine, 10 000 s’avère particulièrement faible. Pas crédibles pour un sou, souvent caricaturaux, les différents protagonistes qui s’agitent dans cette improbable saga préhistorico-antique ont toutes les peines du monde à nous sensibiliser à leur cause et à leurs états d’âme. Une fois de plus, Roland Emmerich tombe dans les travers de Godzilla et Indpendance Day, sacrifiant le facteur humain et la crédibilité de son récit au profit de l’action et des effets spéciaux.

© Gilles Penso

Thema:
Exotisme Fantastique
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Roland Emmerich
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