Jeudi 24 décembre 2009
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12:34
Alors que le remake du Choc des Titans prépare sa sortie fracassante sur nos
écrans en avril prochain, votre humble serviteur est au travail d'arrache pied sur un ambitieux documentaire consacré à Ray Harryhausen, véritable légende vivante de l'histoire du cinéma
fantastique et des effets spéciaux. De nombreux réalisateurs de prestige ont d'ores et déjà participé à ce projet titanesque, notamment James Cameron, Peter Jackson, Guillermo del Toro, John
Landis, Joe Dante, Terry Gilliam, Robert Zemeckis, Henry Selick et Jean-Pierre Jeunet ! Voici la bande annonce de ce documentaire.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Ray Harryhausen
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Samedi 5 juillet 2008
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05
/07
/2008
21:31
(One Million Years B.C.)
de Don Chaffey (Grande-Bretagne)
Avec Raquel Welch, John Richardson, Martine Beswick, Robert Brown, Yvonne Horner, Percy Herbert, Lisa Thomas
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Le DVD est disponible
ici
Spécialisée dans le recyclage talentueux des grands mythes du cinéma fantastique popularisés aux Etats-Unis par Universal, la firme britannique Hammer Films se lança au milieu des années 60 dans un
remake de Tumak, Fils de la Jungle. Pour les effets spéciaux, le nom de Ray Harryhausen s’imposa de lui-même. « Dans le film original, il y avait un acteur dans un costume d’allosaure
qui semblait s’être échappé d’un bal costumé », nous explique Harryhausen. « Ils ont également utilisé des reptiles vaguement travestis en dinosaures avec des nageoires en plastique
collées sur le dos. Je pense que l’animation offre beaucoup plus de possibilités intéressantes. » (1) Celui-ci accepta l’offre et proposa de confier la réalisation du film à Don Chaffey, avec
qui il avait collaboré sur le magnifique Jason et les Argonautes.
Le scénario, expédié en quelques week-ends, prend place dans une région aride et montagneuse, au sein de laquelle le guerrier Tumak est chassé du clan du Roc par son père Akhoba, chef de la tribu.
Errant, il échappe de peu à l’attaque de plusieurs monstres préhistoriques, puis rencontre le peuple de la Mer, abritant la belle Loana… Pour opposer aux bêtes de Harryhausen un joli minois, le
producteur Michael Carreras propulsa au rang de superstar une Raquel Welch encore inconnue, malgré l’indéniable grâce de ses 25 printemps. Celle-ci posa en peau de bête pour les besoins d’une
campagne publicitaire gigantesque, à tel point qu’elle devint l’un des icônes incontournables des années 60. Cela dit, la magie des effets d'Harryhausen demeure le principal attrait du film.
En ce domaine, l’une des scènes les plus étonnantes est probablement l'attaque du village préhistorique par l'allosaure. La technique de Harryhausen, qui combine animation, maquettes et prises de
vues réelles, permet d’étonnants synchronismes entre les comédiens en chair et en os et les mouvements du monstre. Celui-ci, de surcroît, est doté d’une foule de détails réalistes : sa gorge et sa
poitrine se gonflent pendant sa respiration, et ses yeux traduisent une férocité très expressive. Les autres créatures du film sont une tortue gigantesque, un brontosaure figurant prévu à l’origine
pour une plus longue séquence, un tricératops et un cératosaure en plein pugilat et deux ptérosaures enragés luttant à mort pour les beaux yeux de Raquel.
Il faut avouer qu'entre deux monstres, l'attention se relâche un peu et le rythme général du film s'alourdit. Restent alors les charmes de Raquel Welch et de sa brune rivale Martine Beswick, des
femmes préhistoriques aussi sculpturales qu'improbables. Cela dit, le fait même de mêler hommes et dinosaures est suffisamment significatif quant aux intentions des auteurs, assez peu portés sur la
véracité scientifique, malgré une voix off introductive très sérieuse. « Ce n’était certes pas un documentaire », nous confirme Harryhausen. « Si les femmes de la préhistoire
ressemblaient à Raquel Welch, alors nous avons beaucoup régressé ! ». (2) En guise de climax, nous avons droit à un inévitable cataclysme final, au moins aussi impressionnant que celui de
Tumak Fils de la Jungle, déjà très marquant.
(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.
Par Gilles Penso
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Lundi 30 juin 2008
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30
/06
/2008
00:44
(Clash of the Titans)
de Desmond Davis (Etats-Unis)
Avec Harry Hamlin, Judy Bowker, Laurence Olivier, Maggie Smith, Claire Bloom, Ursula Andress, Neil McCarthy
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Le DVD est disponible
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La bande originale est disponible
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C'est au scénariste Beverly Cross que nous devons l'idée de porter à l'écran les aventures mythologiques de Persée, une idée qui germa en 1969, alors qu'il résidait en Grèce. En toute logique, il
se tourna vers Charles Schneer et Ray Harryhausen, le duo à l'origine du splendide Jason et les Argonautes. Le récit
commence lorsque le roi Acrisios fait jeter à la mer, enfermés dans un cercueil, sa fille Danaé et Persée, l’enfant qu’elle a eu de Zeus. Celui-ci ordonne à Poséidon de les sauver, et de libérer le
Kraken, Titan des mers, pour qu’il détruise Argos, la patrie d’Acrisios.
Danaé et Persée échouent sur l’île de Sériphos. Vingt ans plus tard, Zeus transporte Persée à Jappa : il doit reconquérir Argos. Il dispose pour cela du bouclier d’Athéna, d’un casque qui le rend
invisible et d’une épée indestructible. A Jappa, il tombe amoureux de la princesse Andromède, frappée d’une terrible malédiction. Pour la libérer, il doit poursuivre un vautour géant, vaincre
Calibos, le diabolique fils de Thétis, dompter le cheval ailé Pégase, éliminer le chien bicéphale Dioskylos, affronter les sorcières du Styx, lutter contre deux scorpions géants et combattre la
terrifiante Méduse au regard pétrifiant, avant un ultime affrontement avec le Kraken.
Même si Jason et les Argonautes demeure l’incontournable référence en matière de film mythologique, ce Choc des
Titans submerge ses spectateurs ébahis de scènes anthologiques et de créatures délirantes : le Kraken, un reptile humanoïde aux traits simiesques doté de quatre bras tentaculaires qui ne
doit rien à la mythologie grecque mais plutôt aux légendes nordiques, Calibos, le démon interprété par une figurine animée dans les plans larges et l’acteur Neil McCarthy dans les gros plans,
le sinistre vautour géant, le magnifique Pégase, le robotique Bubo, l’agressif Dioskilos… Et bien sûr Méduse, dont l’apparition constitue le clou du film, en une séquence extraordinaire nimbée
d’une photographie rougeoyante somptueuse. « L’une de nos grandes références était la photographie des films noirs des années 40 avec Joan Crawford, comme Le Roman de Mildred Pierce, qui
jouait beaucoup avec les ombres et avec les éclairages très directionnels », nous raconte Harryhausen. (1)
Persuadé que la présence d'une star ou deux donnerait au film une dimension plus grande que les précédentes productions de Schneer et Harryhausen, Beverly Cross n'y alla pas par quatre chemins et
proposa à rien moins que Laurence Olivier le rôle de Zeus. Et celui-ci accepta ! Suivirent Maggie Smith en Thétis, Claire Bloom en Héra et Ursula Andress en Aphrodite. Ce dernier choix est plein de
symbole, puisque la belle Ursula fit ses débuts à l'écran dans James Bond contre Dr No en émergeant des flots comme la
Venus de Boticcelli. La joie de retrouver les vieilles gloires d’Hollywood dans le rôle des dieux de l’Olympe se mêle à celle d’assister aux derniers exploits d’Harryhausen qui signait là ses
adieux au cinéma. Le charme kitsch du Choc des Titans s’accordant mal avec le SF high-tech de L’Empire
Contre-Attaque, c’est une page du cinéma merveilleux qui se tourna alors, pour laisser place à d’autres magiciens du septième art.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004.
L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.
© Gilles Penso
Thema: Mythologie, Monstres Marins, Reptiles et Volatiles
Par Gilles Penso
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Vendredi 9 mai 2008
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09
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/2008
23:45
(Jason and the Argonauts)
De Don Chaffey (Etats-Unis)
Avec Todd Armstrong, Nancy Kovack, Gary Raymond, Laurence
Naismith, Niall MacGinnis, Michael Gwynn, Douglas Wilmer
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Le DVD est disponible ici
La bande originale est disponible
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L’idée de porter à l’écran les démêlés des dieux et des héros grecs titillait l’as des
effets spéciaux Ray Harryhausen depuis longtemps. « Les histoires de la mythologie son difficiles à adapter, parce que leur structure est très éclatée »,
nous explique-t-il. « Il s’agit souvent d’une série d’épisodes indépendants. Avec l’histoire de Jason, nous avions la chance de bénéficier d’une intrigue
linéaire et fluide, structurée par la quête de la Toison d’Or et les obstacles rencontrés en chemin. » (1) Dans le scénario, la déesse Héra donne à Jason la mission de rapporter en Grèce
la Toison d'Or du bélier fabuleux gardée en Colchide par le roi Aiétès. Lorsqu'il leur demande de le seconder dans sa quête de la Toison d'Or, ses compagnons accourent et l'équipage s'embarque
sur le navire Argo dont la proue est douée de la parole prophétique de Héra.
Les grands moments du film sont alors liés à l’apparition des créatures monstrueuses. La première est aussi la plus spectaculaire. Il s’agit
de la statue Talos, haute d'une cinquantaine de mètres, qui s'anime soudain de mouvements mécaniques sur l'île de Bronze. « Talos était présent dans la légende
de Jason, mais j’ai augmenté sa taille pour qu’il évoque le Colosse de Rhodes », nous raconte Harryhausen. « Je me suis efforcé de lui donner le regard
vide et glaçant des statues grecques. » (2) Les Argonautes débarquent ensuite en Thrace, où ils délivrent le devin aveugle Phinée des harpies. Ces hideuses créatures ailées ne ressemblent
pas à de vieilles mégères au corps de rapace, comme dans la mythologie, mais plutôt à des gargouilles vivantes aux ailes de chauves-souris.
En libérant Phinée, les aventuriers reçoivent de lui le secret du danger que constituent sur leur route les « Rochers Broyants », des
montagnes mouvantes qui s’abattent sur les navires. Ils seront sauvés de ce péril par le dieu Triton qui surgit des flots pour leur libérer le passage. Cette fois, cette créature hybride,
mi-homme mi-poisson, n’est pas une figurine animée mais un nageur professionnel grimé, affublé d’une queue de poisson. Le périple des Argonautes s’achève en Colchide, où Jason doit affronter une
Hydre à sept têtes (échappée de la légende d’Hercule) pour récupérer la Toison d’Or. Mais le morceau de bravoure du film, et de la carrière de Harryhausen tout entière, reste à venir. Après la
mort de l’Hydre, le roi de Colchide plante dans le sol les dents du monstre, et bientôt sept squelettes armés émergent des entrailles de la terre en ricanant, prêts à affronter Jason et deux de
ses hommes. « Il m’a fallu quatre mois et demi pour animer cette séquence qui dure à l’écran cinq minutes », nous raconte Harryhausen (3).
Jason et les Argonautes fut hélas un échec commercial retentissant. Le public, en croyant avoir
affaire à un énième péplum italien, passa ainsi à côté d’un véritable enchantement, d’un festival de poésie pure transposé sur grand écran. Même la profession ignora le film, préférant remettre
l’Oscar des meilleurs effets visuels à Cléopatre ! Depuis, Jason et les Argonautes a été reconnu à sa juste valeur.
Les enfants n’en finissent plus de s’émerveiller en le regardant à la télévision, et les génies actuels des effets spéciaux ne cessent d’y puiser leur inspiration.
(1), (2) et (3) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004.
L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.
© Gilles Penso
Thema: Mythologie, Dragons
Visionnez ci-dessous l'interview exclusive de Ray Harryhausen :
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Ray Harryhausen
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Vendredi 9 mai 2008
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00:20
(The Beast from 20 000 Fathoms)
De Eugène Lourié (Etats-Unis)
Avec Paul Christian, Paula Raymond , Cecil Kellaway, Kenneth Tobey, Jack Pennick, Lee Van Cleef, Donald Woods
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bande annonce
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Très vaguement inspiré d’une nouvelle de Ray Bradbury publiée à l’époque dans le Saturday Evening Post, Le Monstre des Temps Perdus
met en scène le Rhédosaure, un dinosaure carnivore réveillé par une explosion atomique en Arctique. Le monstre atomique nage dans le
brouillard jusqu'à la côte new-yorkaise où il provoque maints et maints dégâts. Malgré les interventions répétées de l’armée, la bête semble indestructible. Les scientifiques tentent alors une
solution ultime… Armés d’un budget ridicule et un scénario tout bête, Eugène Lourié et Ray Harryhausen ont réalisé, avec Le Monstre des Temps Perdus, l'un des meilleurs films sur le sujet pourtant largement galvaudé de la créature géante qui attaque le ville.
Le monstre, un dinosaure inventé de toute pièce qui porte le nom de Rhédosaurus, est animé avec beaucoup de talent par Ray Harryhausen, œuvrant pour la première fois en solo. La bête ressemble à un
tyrannosaure quadrupède et semble en avoir inspiré bien d'autres. « Un vrai dinosaure n’aurait pas été assez grand pour les séquences que nous avions prévues
», nous explique Harryhausen. « Nous avons donc fait un dinosaure imaginaire. Nous étions plus préoccupés par les vertus dramatiques et spectaculaires de ce
monstre que par sa crédibilité scientifique » (1). A la demande du producteur Hal Chester, soucieux d’amortir la maquette du monstre, et malgré les protestations du scénariste Fred
Freiberger, attaché à une narration plus progressive, la bête apparaît dès le début du film, mais de manière d’abord furtive : derrière des glaciers au milieu d’une tempête de neige, la nuit sur la
côte maritime, ou encore dans les fonds marins.
La superbe séquence de la destruction du phare, en ombres chinoises, est la seule qui soit directement inspirée de la nouvelle de Bradbury. La scène suivante, dans laquelle le Rhédosaurus attaque
New-York en plein jour, est très spectaculaire, compte tenu des maigres moyens du film. La foule en panique est à peine interprétée par 25 figurants et 12 voitures, mais le savoir-faire d’Eugène
Lourié fait la blague. L'armée intervient, certes, mais nous n'avons pas droit à l'éternel défilé d'armes et de véhicules de combat destiné à exposer fièrement toute la force de l'US Army, d'autant
que les militaires s'avèrent incapables de détruire le monstre. Ce sont finalement les scientifiques, les premiers à avoir vu l'animal monstrueux ou à avoir cru en son existence, qui ont raison de
lui, au cours d'un final anthologique au sommet d'une montagne russe.
Les cinéastes japonais, sans l’avouer, s’inspireront largement du Monstre des Temps Perdus pour mettre en chantier, dès l’année suivante, la prolifique série
des Godzilla.
« En fait, l’histoire et le dinosaure de Godzilla ont été entièrement copiés sur Le Monstre des Temps Perdus. C’est pratiquement
une copie carbone » (2), corrobore Ray Harryhausen qui, pour sa part, aurait bien mérité l’Oscar des effets spéciaux. Cette injustice, hélas, se répètera tout au long de sa carrière.
(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Ray Harryhausen
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Jeudi 8 mai 2008
4
08
/05
/2008
23:23
(Earth vs. the Flying Saucers)
De Fred F. Sears (Etats-Unis)
Avec Hugh Marlowe, Joan Taylor, Donald Curtis, Morris Ankrum, John Zaremba, Thomas Browne Henry
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annonce
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La mode étant aux soucoupes volantes au milieu des années 50, le producteur Charles Schneer décida de se pencher sur le sujet en s’inspirant de l’ouvrage « Flying Saucers From Outer Space »
du major Donald E. Keyhoe, un récit prétendument véridique dont le titre servit de nom au projet. Dans la première version du script, un groupe d’explorateurs découvrait l’épave d’une soucoupe au
milieu de la jungle. Après réécriture, le film s’ouvre sur le survol d’un centre de contrôle de missiles américains Avant que les ovnis ne puissent atterrir, les militaires de la base ouvrent le
feu, mais ils sont rapidement désintégrés par les rayons extra-terrestres.
Le docteur Russel Marvin est alors contacté par un des envahisseurs. Les extra-terrestres, d’une constitution fragile mais protégés par une armure en métal, habitent une planète mourante et
désirent s’installer sur Terre. Après que Marvin se soit concerté avec ses coéquipiers et avec le général Hanley, une bataille contre les envahisseurs s’amorce, au cours de laquelle la Terre est
sauvagement attaquée par les soucoupes. Entre-temps, l’une des créatures de l’espace passe l’arme à gauche. L’examen de son corps prouve la sensibilité de ces êtres aux hautes fréquences radio.
Conçues selon ce principe, des armes sont alors employées afin d’abattre les soucoupes meurtrières…
Même si, avec l’impitoyable recul des années, Les Soucoupes Volantes Attaquent a pris un sacré coup de vieux, il faut savoir qu’il procura une véritable peur
panique à l’époque de sa sortie, en pleine période de guerre froide et de frayeur relative aux phénomènes d’ovnis. Les soucoupes volantes créées, animées et incrustées par le génial Ray Harryhausen
sont restées dans toutes les mémoires, malgré la profusion de vaisseaux spatiaux à l’époque, à tel point que Tim Burton les imitera fidèlement pour son Mars Attacks
!. Les scènes finales, au cours desquelles les monuments de Washington sont démolis les uns après les autres, s’avèrent particulièrement impressionnantes. Seul film sans monstre au palmarès
de Harryhausen, Les Soucoupes Volantes Attaquent souffre quelque peu de cette absence. « Nous voulions faire un film aux
allures semi-documentaires », nous explique-t-il. « L’une des grosses difficultés était donc d’intéresser les spectateurs non pas à des créatures vivantes
mais à des ronds de métal. » (1)
Les seules créatures présentées aux spectateurs sont des extra-terrestres en combinaisons de caoutchouc grossières, maladroits démarquages de l’imposant Gort du Jour où la Terre s’arrêta. Leur vrai visage, mixage entre l’imagerie de l’alien tel que le décrivent les témoignages et des caractéristiques reptiliennes, n’apparaît
qu’une seule fois dans le film, très furtivement. Le film de Sears demeure un intéressant témoignage sur la SF des fifties, qui prenait très au sérieux ce qui, passé au filtre du temps, ne peut que
difficilement s’apprécier sans second degré. Sa sortie en double programme avec The Werewolf, en juillet 1956, lui assura même un meilleur score au
box-office que celui du Monstre Vient de la
Mer, la précédente collaboration de Schneer et Harryhausen.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.
Jeudi 8 mai 2008
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08
/05
/2008
23:17
(It Came from Beneath the Sea)
de Robert Gordon (Etats-Unis)
avec Kenneth Tobey, Faith Domergue, Donald Curtis, Ian Keith, Dean Maddox Jr, Chuck Griffiths, Harry Lauter, Del Courtney
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la bande annonce
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Assez impressionné par Le Monstre des Temps
Perdus et par son succès au box-office, le producteur Charles H. Schneer décida
en 1955 de se lancer dans un film racontant à peu près la même histoire, si ce n’est qu’une pieuvre géante remplaçait le dinosaure atomique et que San Francisco relayait New York. Schneer réussit à
intéresser au projet le génie des effets spéciaux Ray Harryhausen et obtint de lui quelques dessins préparatoires éloquents qu’il présenta à Sam Katzman, afin de trouver un financement. Il parvint
ainsi à débloquer quelque 150 000 dollars, un bien maigre budget qu’il géra au mieux, aidé largement par l’inventivité de Ray Harryhausen. Celui-ci passa de longues heures à étudier le comportement
de pieuvres réelles en aquarium, afin de reproduire fidèlement leurs déplacements et d’en capter les postures les plus « dramaturgiques ». Par souci d’économie, il construisit un monstre à six
tentacules au lieu de huit. « Eviter de construire et d’animer deux tentacules permettait à la fois un gain de temps et d’argent », nous confirme-t-il.
« Je pense que personne n’y prête attention, dans la mesure où il y a toujours au moins un tentacule en mouvement ». (1)
Le film commence dans l’océan Pacifique, où un sous-marin dirigé par le capitaine Pete Mathews (Kenneth Tobey) est attaqué par une force radio-active inconnue. Le docteur Lesley Joyce (Faith
Domergue, héroïne des Survivants de
l'Infini) pense que le submersible est entré en collision avec une pieuvre gigantesque. De fait, un gros morceau de chair
irradiée est retrouvé accroché au bâtiment. La taille de la créature semble due à des particules radio-actives qu’elle aurait absorbées. Bientôt, le monstre fait surface à la baie de San Francisco…
Le maire de la ville ayant interdit au réalisateur Robert Gordon et à son équipe de filmer le pont du Golden Gate, promis à un sort cataclysmique dans le scénario, une grande quantité de
stock-shots d’archive et de maquettes furent mis à contribution. En mêlant habilement la figurine animée, les décors miniatures et les prises de vues réelles, Harryhausen nous offre des visions
dantesques comme celle où le monstre tentaculaire attaque un navire en pleine nuit, une image qui semble issue des gravures du siècle dernier dans lesquelles le légendaire Kraken engloutissait
d’infortunés bâtiments.
Le clou du film demeure cependant la destruction du Golden Gate Bridge, cédant sous les assauts répétés des infernaux tentacules. A l’origine, il fut question de tourner le film en relief, un
procédé très en vogue à l’époque, mais le temps et l’argent nécessaires à une technique de ce type jouèrent finalement en sa défaveur. Pour se placer dans la mouvance du succès d’It Came From Outer Space (Le Météore de la Nuit) de Jack Arnold, le film, baptisé pendant le tournage « The Monster From the Sea
», est retitré pour sa sortie It Came From Beyond the Sea. Présenté en double programme avec La Créature au Cerveau Atomique d’Edward L. Cahn, le film de
Robert Gordon se comporte plutôt bien au box-office, sans atteindre cependant les scores de celui du Monstre des Temps Perdus, dont il demeure une imitation un peu
appauvrie.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.
© Gilles Penso
Thema: Monstres marins
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Ray Harryhausen
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