les films de Jaume Balaguero

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 12:37
de Jaume Balaguero & Paco Plaza

avec Oscar Sanchez Zafra, Ariel Casas, Alejandro Casaseca, Pablo Rosso, Manuela Velasco, Ferran Terraza, Javier Botet


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Pour capitaliser sur le succès de [Rec] et tenter la mise en place d’une franchise, Jaume Balaguero et Paco Plaza se sont prêtés au jeu de la séquelle. Le modèle narratif des deux cinéastes semble être Aliens, puisque les protagonistes sont ici une brigade d’intervention spéciale envoyée dans l’appartement barcelonais qui fut le théâtre du drame du premier film. Leur mission officielle consiste à éradiquer la menace et sauver les éventuels survivants. Mais officieusement, les choses s’avèrent un peu plus complexes…


La première originalité de [Rec]2 consiste à multiplier les points de vue tout en conservant le principe de la mise en scène « subjective ». Car chaque membre de l’équipe de choc porte un casque équipé d’une caméra, offrant aux spectateurs la possibilité de suivre en parallèle plusieurs actions simultanées. Plus tard au cours de l’intrigue, d’autres caméras permettent d’ajouter des angles de vue additionnels et de nouvelles informations. Ce choix artistique permet de démarquer quelque peu [Rec]2 de son prédécesseur et d’assumer davantage son rapprochement avec l’univers d’un jeu vidéo de type « shoot’em up ». Le spectateur entre donc dans la peau des soldats, arpente les couloirs avec eux, attend que surgissent les créatures et dégaine aussi vite qu’il le peut. Les habitués d’immersions vidéoludiques sont ainsi en terrain connu.


La seconde originalité du film est plus liée à son écriture qu’à sa mise en scène. Avec leur co-auteur Manu Diez, Balaguero et Plaza ont en effet souhaité s’éloigner peu à peu de l’univers de George Romero pour chercher plutôt l’inspiration du côté de William Friedkin. Plus proche de L'Exorciste que de Zombie, [Rec]2 nous apprend en effet que les habitants de l’immeuble mués en monstres féroces ne sont ni des cadavres ambulants, ni des infectés façon 28 Jours plus Tard, mais de pauvres hères possédés par le démon ! Cette relecture du thème des zombies n’est certes pas inédite (Evil Dead et Démons mêlaient déjà avec bonheur morts-vivants et possession diabolique), mais elle permet à l’intrigue de rebondir là où on ne l’attend pas forcément et donne une dimension inattendue au huis-clos oppressant de cet appartement mué en véritable train fantôme.


Malgré ces idées nouvelles, force est de constater que [Rec]2 se contente d’arpenter les sentiers battus par le film précédent, accumulant des situations que nous connaissons déjà dans un lieu qui nous est désormais familier, jouant sur les mêmes mécaniques scéniques (le long couloir silencieux, les hurlements brusques et stridents, la caméra qui tremble, les protagonistes qui s’affolent, le son qui s’assourdit provisoirement, les prises de vue au night-shot) et ne bénéficiant plus véritablement de l’effet de surprise. A cet effet de déjà vu persistant s’ajoutent quelques incohérences difficiles à avaler (notamment liées à l’intrusion dans les lieux de nouveaux protagonistes) et l’incapacité du film à s’extraire du statut de simple exercice de style. Dans un domaine voisin, avec le même principe des caméras multiples, George Romero élaborait un discours passionnant dans Diary of the Dead, alors que [Rec]2 se contente d’exploiter l’aspect récréatif de son procédé sans jamais chercher à le transcender.

 

© Gilles Penso

Thema: Zombies, Diables et Démons

 

 

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Jaume Balaguero - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 23:53
de Jaume Balaguero et Paco Plaza (Espagne)
avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge Yamam, Carlos Lasarte, Pablo Rosso, David Vert, Vicente Gil, Martha Carbonell


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Le DVD est disponible ici

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Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est en tournant ensemble un documentaire sur
un jeu de télé-réalité – l’équivalent espagnol de notre « Star Academy » - que Jaume Balaguero et Paco Plaza, talentueux défenseurs d’un cinéma fantastique décomplexé (Fragile pour l’un, L'Enfer des Loups pour l’autre), trouvent l’idée de co-réaliser un film d’horreur en vidéo haute définition. « Le but initial était de faire le film le plus terrifiant possible en adoptant un point de vue inhabituel », raconte Balaguero. « Nous voulions plonger le spectateur à l’intérieur du film, le rendre acteur, faire du visionnage de [Rec] une véritable expérience. Nous nous sommes laissés influencer par les jeux vidéo, qui apportent une véritable interactivité. » (1)

Prenant la relève de
Cannibal Holocaust et Le Projet Blair Witch, et s’inscrivant dans une nouvelle vogue du « cinéma à la première personne » mis en application quasi-simultanément dans Cloverfield et Diary of the Dead, [Rec] s’intéresse à Angela, journaliste pour une télévision locale barcelonaise qui, accompagnée de son cameraman, relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit. Ce soir, elle a choisi de s’intéresser à une caserne de pompiers. La nuit s’annonce désespérément calme, jusqu’à un énigmatique appel au secours en provenance d’un vieil immeuble. Sur place, Angela, son cadreur et les pompiers découvrent des voisins paniqués et perçoivent des cris inquiétants qui proviennent des étages supérieurs. Le cauchemar est sur le point de commencer…

Si le scénario de [Rec], une fois mis à plat, se démarque à peine des innombrables films de zombies ayant éclaboussé les écrans du monde entier dans le sillage du travail de George Romero, l’extrême méticulosité de sa mise en scène et le naturel désarmant de ses comédiens le dotent d’un statut tout à fait à part. En obligeant le spectateur à adopter le point de vue d’un cameraman ignorant tout du drame qui couve, Balaguero et Plaza créent un véritable train fantôme qui ne cesse de surprendre et s’avère extrêmement effrayant. Quoi de plus inquiétant qu’un lent travelling avant dans un couloir sombre et silencieux d’où ne tardera pas à surgir un monstre vorace et hystérique ? Calquant leurs méthodes sur celles d’un William Friedkin, les deux cinéastes réservent une large part du tournage aux improvisations, ne donnent pas toutes les informations aux comédiens et au cadreur, et obtiennent ainsi des réactions d’une très grande justesse.

L’exploit de [Rec] réside du coup dans sa capacité à s’extraire des codes habituels du genre (effets de montage, musique stressante, lumières travaillées) tout en décuplant l’impact de ses séquences horrifiques, articulées au sein de longs plans séquence. La dernière partie du film, particulièrement oppressante, ajoute à l’influence de Romero celle d’H.P. Lovecraft. « J’ai lu « L’Affaire Charles Dexter Ward » un mois avant le tournage », raconte Paco Plaza. « La manière dont Lovecraft écrit, avec ces petites notes, ces extraits de journaux et de carnets intimes, nous a inspiré le décor final » (2). Réalisé avec des moyens très réduits et tourné en vingt jours, [Rec] partage avec L’Orphelinat le titre de plus gros succès cinématographique espagnol de l’année 2007, entraînant aussitôt la mise en chantier d’un remake américain.

(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en avril 2008

© Gilles Penso

Thema:
Zombies, Télévision
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Jaume Balaguero
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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