les films de James Cameron

Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 13:26
Pour la promotion d'Avatar, James Cameron et Sigourney Weaver sont venus à Paris, en compagnie de plusieurs membres de l'équipe du film. Voici un extrait des propos que j'ai pu recueillir à cette occasion :

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : The SciFi Geeks
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 00:31

Avatar special edition

 


 

de James Cameron (Etats-Unis)

Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi, Joel David Moore

 

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Voir l'entretien avec James Cameron et Sigourney Weaver

Voir l'entretien avec le producteur John Landau


Au cours des douze ans qui séparent Avatar de Titanic, James Cameron s’est penché sur les dernières avancées technologiques en matière de capture de performance d’acteurs, de caméras virtuelles et de prises de vues en relief. Ce titanesque travail préparatoire est extrêmement payant, comme en atteste le résultat à l’écran. Mais avant d’être une réussite technique, Avatar est un rêve devenu réalité pour tous les amateurs purs et durs de science-fiction. Ces planètes sauvages et lointaines, ces créatures extra-terrestres aux morphologies surprenantes, ces machines guerrières et futuristes, toutes ces icônes chères aux couvertures colorées des pulps des années 50 et 60 prennent vie à l’écran avec une vivacité et un pouvoir évocateur proprement étourdissants. « Avatar est la concrétisation de tous les univers fantastiques que j’imaginais lorsque, enfant, je dévorais des romans de science-fiction », raconte Cameron. (1)

Au-delà des monstres et des vaisseaux, des images de synthèse criantes de réalisme et des effets en relief extrêmement performants, Avatar
conte une aventure humaine, chargée en émotions exacerbées et portée par un casting exceptionnel. Les humains ayant progressivement épuisé toutes les ressources de la Terre, ils convoitent le précieux minerai qu’abrite la planète Pandora. Mais son extraction est compromise dans la mesure où les habitants locaux, les Na’vis, refusent qu’on abatte le moindre arbre de leur forêt. Jake Sully (Sam Worthington), ex-militaire paraplégique, accepte de participer à une mission d’infiltration. Allongé dans un caisson étanche, il « téléguidera » à distance un avatar, autrement dit un corps conçu génétiquement à l’aide de cellules Na’vi…

« Lorsque vous supprimez l’environnement, votre imagination reconstruit l’espace », explique Zoé Saldana à propos des séances de « performance capture » qui l’ont transformée en la belle indigène Neytiri. « Nous étions comme des enfants s’amusant dans un lieu virtuel. » (2) « Dans un tel espace, notre confiance est mise en avant », ajoute Sam Worthington. « On doit croire à nos personnages, et James Cameron met tout en œuvre pour que ce soit possible. » (3)

Œuvre somme, Avatar
exacerbe les thématiques et les figures stylistiques propres à l’univers de James Cameron. Attiré par les personnages féminins forts et déterminés, il réserve ici une place de choix au docteur Grace (Sigourney Weaver) et à l’indigène Neytiri (Zoe Saldana), toutes deux « accouchant » quasiment du héros que Jake Sully s’apprête à devenir. Fasciné par les engins futuristes, il filme avec un enthousiasme communicatif des armadas de vaisseaux, véhicules, robots et exo-squelettes aux designs remarquables. Féru de science, il crée une surprenante analogie entre le monde sauvage de Pandora et un réseau informatique, chaque être vivant animal ou végétal étant capable de se connecter aux autres par l’entremise de cordons naturels pour pouvoir télécharger des données. Quant à la couleur bleue qui nimbe chacune de ses œuvres, elle s’installe ici sur l’épiderme des Na’vis avec un naturel désarmant.

Parallèlement, Cameron continue à développer la complexe relation d’amour/haine qui le lie aux machines, éléments récurrents de son cinéma. Tout autant séduit qu’effrayé par le Terminator ou le Titanic (dans les rouages desquels les hommes finissent par périr à petit feu), il prend ici ouvertement la défense de la Nature contre les engins destructeurs des hommes, quitte à chagriner les esprits cyniques peu sensibles au discours environnemental et anti-colonialiste. A la fois œuvre humaniste, pamphlet écologique, film de guerre, fable de science-fiction et love story, Avatar
est un chef d’œuvre de plus à porter à l’actif de James Cameron, l’un des réalisateurs les plus ingénieux et les plus audacieux de ces vingt-cinq dernières années.

(1), (2) et (3) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009

 

A propos de l'édition spéciale : Que ceux qui attendent de l'édition spéciale d'Avatar (sortie en France le 1er septembre 2010) une version longue se ravisent. On ne peut pas décemment utiliser un tel qualificatif dans la mesure où les rajouts durent - bout à bout - une petite dizaine de minutes seulement. Mais ces ajouts sont des atouts indéniables dans la mesure où ils fluidifient le récit, enrichissent la faune exotique de la planète Pandora, musclent davantage les séquences d'action et dotent le métrage d'un surplus émotif particulièrement appréciable (notamment au sein du chapitre final). En réalité, Avatar édition spéciale est la version du film telle que James Cameron l'envisageait au départ pour sa sortie en salle, et qu'il dut tronquer pour pouvoir respecter les délais de sortie en salle. Il s'agit donc d'une sorte de « director's cut » que tout amateur du père de Terminator se doit de découvrir. C'est aussi l'occasion de revivre sur grand écran et en relief cette aventure épique dont on ne se lasse pas, et dont les ramifications scénaristiques n'en finissent plus de fasciner. Un an après sa sortie, les perfectionnements technologiques d'Avatar demeurent inégalés, tant dans le domaine de la « performance capture » (jamais des personnages virtuels ne furent si réalistes) que de la 3D (aucun long-métrage, à ce jour, n'a su aussi bien gérer les prises de vues en relief et leur utilisation au sein du langage cinématographique). Quant à la version longue, la vraie, celle qui intègrera de nouvelles intrigues, de nouvelles séquences inédites et des visions de la Terre du futur, elle ne se révèlera qu'à l'occasion du futur Blu-Ray. Patience…


Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : The SciFi Geeks
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 00:59
Producteur d'Avatar - et aussi accessoirement de Titanic - John Landau s'exprime sur quelques-uns des défis techniques et artistiques relevés pour les besoins de la dernière folie de James Cameron. Ces propos ont été recueillis par votre serviteur lors du passage à Paris de Landau, le 7 septembre dernier.


Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 19:13
Lire la critique

Voir l'interview de James Cameron et Sigourney Weaver

Douze ans. C’est la durée qui sépare Avatar de Titanic. Pourquoi a-t-il fallu autant patienter avant de découvrir le nouveau long-métrage de James Cameron ? « Pour des raisons techniques », nous explique John Landau, producteur d’Avatar et de
Titanic (voir l'interview). En réalité, Cameron avait Avatar en tête dès le milieu des années 90, mais lorsqu'il fit établir les premières estimations budgétaires du projet auprès de Digital Domain et ILM, le prix grimpa à près de 400 millions de dollars ! Il était évidemment impensable, pour n’importe quel studio, de tenter un tel pari financier. Cameron remit donc son Avatar dans un tiroir, jusqu’en 2002 où Les Deux Tours de Peter Jackson, deuxième volet de la saga Le Seigneur des Anneaux, révélèrent une considérable avancée technologique. Le personnage de Gollum, interprété par le comédien Andy Serkis et « réinterprété » par les infographistes de Weta par l’entremise de la motion capture, prouvait en effet la possibilité de concevoir enfin des personnages numériques criants de réalisme. Si ce n'est qu'Avatar n'utilise pas la traditionnelle "Motion Capture" pour animer ses personnages virtuels, mais une "Performance Capture" permettant de restituer non seulement les mouvements mais aussi les expressions faciales des comédiens.

Avatar
se situe dans le futur et prend pour héros Jake Sully, un vétéran de guerre désormais cloué à un fauteuil roulant. Acceptant une mission d’un genre très particulier, il part s’installer sur la planète Pandora, dont la végétation luxuriante abrite toutes sortes de créatures étranges ainsi qu’une peuplade tribale nommée Navi. Humanoïdes, les Navis diffèrent cependant des terriens par bien des aspects. Ils mesurent quelque trois mètres de haut, ont la peau bleue, de larges orbites et une petite queue dans le bas du dos. Or, pour pouvoir intégrer ce peuple extra-terrestre, Jake doit lui-même devenir un Navi, autrement dit utiliser un autre corps que le sien, un « avatar » possédant les attributs morphologiques des Navis… 


Dans son montage final, Avatar sera constitué d’environ 40% de prises de vues réelles (avec les acteurs en chair et en os) et de 60% d’images de synthèse (avec des personnages et des environnements 100% numériques). La difficulté du casting consistait ainsi à dénicher des comédiens à l’aise dans les deux registres, et dont le jeu et les expressions soient parfaitement reconnaissables une fois leur morphologie humaine transformée selon les codes biologiques des Navis. Parmi les premières actrices sélectionnées, Sigourney Weaver incarne le docteur Grace et retrouve ainsi James Cameron 23 ans après
Aliens. Pour le héros Jake, le choix se porte sur Sam Worthington, un solide acteur australien révélé par son rôle majeur dans Terminator Renaissance. Quand à la belle native Neytiri, dont va s'éprendre Jake, elle est incarnée par Zoe Seldana, qu'on a pu découvrir en ravissante lieutenant Uhura dans le dernier Star Trek.

Au-delà de son utilisation révolutionnaire des techniques de performance capture – comme en témoignent certaines expressions de visage incroyablement réalistes des comédiens virtuels – Avatar pousse également très loin son utilisation du relief, dépassant largement le cadre des « gimmicks » habituels (projection d’objets en direction des spectateurs, jeux sur la profondeur de champ) pour s’en servir de véritable outil narratif. L’exemple le plus frappant, parmi les trente minutes que nous avons pu visionner sur grand écran, concerne le réveil du héros après sa transformation en Navi. Maladroit dans son corps trop grand, il appréhende avec difficulté sa nouvelle morphologie, et l’emploi du relief décuple l’effet d’identification, le spectateur vivant quasiment cette expérience en même temps que le personnage. Il va de soi que le spectacle ne sera donc complet que pour ceux qui auront la possibilité de visionner Avatar en 3D.

© Gilles Penso
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : Cinéma
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 17:32

(Piranha part 2 : the Spawning)

de James Cameron (1981) – USA/Italie

avec Tricia O’Neil, Steve Marachuk, Lance Henriksen, Ricky Paull Goldin, Ted Richert, Leslie Graves, Carole Davis


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Le premier Piranhas
imitait avec une touchante maladresse Les Dents de la Mer, échappant au ratage grâce au style et à l’ironie de Joe Dante. Rien de tel ici, et si la plupart des filmographies officielles de James Cameron oublient volontairement de mentionner Piranhas 2, c’est que cette improbable séquelle ne fait pas très bon effet sur un CV. Cela dit, avant de réaliser Terminator, Aliens, Abyss  et Titanic, il fallait bien que le cinéaste fasse ses premières armes. Il trouva de quoi s’occuper dans la société New World Pictures de Roger Corman, œuvrant tour à tour comme maquettiste (Les Mercenaires de l’Espace), peintre sur verre (New York 1997), designer (La Galaxie de la Terreur, Androïd).

Le flair de Corman l’incita à pousser ce jeune homme derrière une caméra. Voici donc Cameron aux commandes de Piranhas 2
dont le scénario se contente de piocher un maximum d’idées dans les deux premiers Jaws. Lance Henriksen, en shérif, remplace ici Roy Scheider, avec qui il présente quelques similitudes physiques. Comme dans Jaws 2, il part en hélicoptère à la recherche de son fils perdu en mer. Ici encore, l’armée américaine finance des recherches pour créer des « machines à tuer » indestructibles destinées aux rivières du Vietnam. Mais il y a quelques bavures, et parmi elles la création involontaire d’une nouvelle race de piranhas munis d’ailes. S’il n’y a pas grand-chose à sauver de cette entreprise, dont l’humour gras lorgne carrément du côté de Police Academy, deux séquences surnagent un peu et valent presque le détour : l’attaque des piranhas volants sur la plage, et le regroupement des poissons voraces dans l’épave, au moment du climax.

Ces séquences doivent leur efficacité à la nervosité du montage et aux astucieux effets spéciaux de Gianetto de Rossi, maquilleur attitré des films gore de Lucio Fulci. Les analystes percevront tout de même déjà quelques composantes récurrentes de l’univers de James Cameron : les prises de vues sous-marines, bien sûr, les éclairages bleutés, également, mais aussi et surtout la mise en scène d’un protagoniste féminin volontaire, fort et héroïque, prélude aux personnages d’Helen Ripley et Sarah Connor. Pour le reste, la médiocrité semble être le maître mot de Piranhas 2
, mais les conditions étranges dans lesquelles le film fut réalisé expliquent sans doute en partie cet état de fait.

Peu satisfait des images tournées par Cameron, le producteur Ovidio G. Assonitis décida de reprendre les rênes du film, d’en tourner lui-même de larges séquences et d’exclure le metteur en scène de la salle de montage. Cameron, qui n’était déjà pas du genre à se démonter, décida d’entrer par effraction dans les locaux de la production, en pleine nuit, afin de remonter le film à sa guise ! Hélas, le cinéaste rebelle fut surpris en flagrant délit et interrompu sur le champ. Le montage que nous connaissons est donc l’œuvre d’Assonitis, dont les crédits de metteur en scène comptent des œuvres aussi impérissables que Le Démon aux Tripes
ou Tentacules. Des années plus tard, au faîte de sa gloire, Cameron citera avec cynisme Piranhas 2 comme « le film le plus subtil jamais réalisé sur des piranhas volants » !

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 23:55
de James Cameron (Etats-Unis)

Avec Leonardo di Caprio, Kate Winslet, Billy Zane, Bill Paxton, Kathy Bates, Gloria Stuart, Frances Fisher, David Warner

 

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La version "Labo des Blouzes" est visionnable ici


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Avec Terminator 2, James Cameron semblait avoir atteint l’apogée de son talent et de sa carrière. A tel point qu’on se demandait quelle serait la prochaine étape de son parcours cinématographique. Lorsqu’il livra au public True Lies, un remake survolté mais guère innovant de La Totale de Claude Zidi, on le sentit en perte d’inspiration. Ceux qui craignaient que Titanic, son projet suivant, ne soit un énième film catastrophe ressassant un sujet mille fois raconté et traînant derrière son sillage l’arrogante réputation de film le plus cher de l’histoire du cinéma, eurent tôt fait de se raviser. Car Titanic s’érige en véritable chef d’œuvre romantique et humaniste.


Toutes les thématiques qui firent la force de Terminator, Aliens et Abyss y sont surexposées et magnifiées : l’homme se débattant sous le poids d’une écrasante machine, les affres de protagonistes à cheval entre deux époques, l’émergence d’un héroïsme insoupçonné chez une femme meurtrie se renforçant face à l’adversité… Le récit prend d’abord pour héros Brock Lovett, un chasseur de trésor incarné par Bill Paxton, acteur fétiche de Cameron. En fouillant l’épave du Titanic à la recherche d’un légendaire diamant, Lovett découvre le portrait d’une jeune femme arborant le bijou en question. Peu après, la vénérable centenaire Rose Dawson (Gloria Stuart) se présente à lui, affirmant être la femme du portrait. Et pour le lui prouver, elle va lui raconter son voyage à bord du Titanic, qui s’acheva par la monstrueuse catastrophe que l’on sait.


Nous voici donc transportés en 1912, le scénario prenant alors les allures de « Roméo et Juliette » des mers, puisque Rose (dès lors interprétée par Kate Winslet, la révélation de Créatures Célestes), jeune fille de bonne famille promise à l’arrogant Carl Hockley (excellent Billy Zane), tombe amoureuse d’un dessinateur crève la faim nommé Jack Dawson (Leonardo Di Caprio, qui tint justement la vedette du Romeo+Juliette de Baz Luhrmann). Une romance complexe progresse alors, parallèlement au fier navire qui s’achemine lentement mais sûrement vers sa tragique destinée. Titanic s’efforce ainsi de mêler adroitement l’intrigue sentimentale intimiste, la satire sociale grinçante et le film catastrophe spectaculaire.


Côté effets spéciaux, nous sommes donc servis, puisque le créateur de Terminator a repoussé toutes les limites. Jamais personne n’était allé aussi loin dans la génération de figurants humains 100% 3D, jamais un océan en image de synthèse ne fut plus réaliste, et jamais les morphings n’avaient été utilisés avec autant d’intelligence, servant ici de magnifiques transitions qui permettent d’effectuer de réguliers allers-retours entre 1912 et 1997. L’accident lui-même, point d’orgue du film et du drame qu’il narre, prend des proportions cataclysmiques. Macabre ride d’un épouvantable parc d’attractions, le naufrage du Titanic restera ainsi dans toutes les mémoires comme l’un des moments les plus impressionnants et les plus marquants de toute l’histoire du cinéma catastrophe. « Quand on réalise un film aussi complexe d’un point de vue technologique, la chose la plus importante est de s’assurer que les acteurs ne soient pas écrasés et puissent s’exprimer pleinement », raconte Cameron (1). Fort de ses qualités techniques et artistiques, Titanic connut un colossal succès, se muant quasiment en phénomène de société et remportant pas moins de onze Oscars.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009


Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 15:20
(Terminator 2 : Judgement Day)
de James Cameron (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Joe Morton, Earl Boen


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Le Blu-ray collector est disponible ici

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La scène prégénérique de Terminator 2, qui décrit à nouveau la lutte des humains contre les machines du futur, donne immédiatement le ton : en un seul plan, on voit plus de robots, de vaisseaux aériens et de chars monstrueux que dans toutes les séquences futuristes réunies du premier
Terminator. Après le conflit nucléaire du 29 août 1997, les rares survivants organisent la résistance contre les machines devenues autonomes qui sont à l’origine du conflit. En 1984, Skynet, l’ordinateur qui contrôlait ces machines, expédiait sur Terre un Terminator de type T-800 dont la mission était d’éliminer Sarah Connor, dont l’enfant à naître devait être le futur chef de la résistance. Le cyborg en question fut détruit et vers 1995 Skynet envoyait un second Terminator de type T-1000, plus perfectionné, pour éliminer John Connor durant son enfance. Quant à Sarah, elle est internée pour avoir tenté de faire sauter l’usine où exerçait Miles Dyson, futur inventeur de la puce qui doit déclencher le conflit.

Muni du plus gigantesque des budgets, James Cameron affiche ostensiblement le moindre dollar à l’écran et réalise l’un des meilleurs films d’actions jamais vus à l’écran, toutes nationalités et toutes époques confondues. Autant remake que suite de
Terminator, ce second opus réutilise la mécanique narrative du film précédent et la transcende avec génie. Ici, l’humour et le second degré s’installent discrètement (notamment à travers le faux départ qui nous révèle que le méchant Terminator n’est pas celui qu’on croit) et les personnages gagnent en profondeur et en complexité. Chaque protagoniste vacille sur les bases que nous lui connaissions. Le redoutable T-800 est désormais un sympathique garde du corps cybernétique (l’image du comédien, quasi inconnu en 1984 et désormais superstar, s’y prête mieux à présent), Sarah Connor s’est transformée en dangereuse guerrière psychotique et son fils John (incarné par Edward Furlong, une vraie révélation) mesure difficilement les responsabilités qui reposent sur ses épaules.

Mais la vraie vedette du film est le T-1000, un cyborg multiforme qui marque une avancée technologique considérable dans le domaine des images de synthèse (amorcée avec le tentacule aquatique d’Abyss et définitivement assise par
Jurassic Park deux ans plus tard) tout en confirmant que l’excellence des effets spéciaux repose la plupart du temps sur une combinaison de techniques et de talents. Ici, en l’occurrence, les effets numériques d’ILM se mêlent à d’impressionnants effets animatroniques de Stan Winston et au jeu charismatique de Robert Patrick, dont le regard froid amplifie considérablement le potentiel inquiétant du personnage. Les morceaux de bravoure abondent dans Terminator 2, du traumatisant cauchemar atomique de Sarah Connor à l’ébouriffante poursuite en camion du climax en passant par les nombreuses échauffourées opposant les deux cyborgs. Au sommet de son art, James Cameron apporte ainsi au cinéma de science-fiction l’une de ses œuvres les plus marquantes et les plus monumentales. « Le cinéma se redéfinit lui-même à chaque avancée technologique », explique-t-il. « Mais la technique n’est qu’un outil. Ce qui demeure inchangé, c’est l’envie de raconter des histoires et de toucher les spectateurs émotionnellement. » (1)

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : The SciFi Geeks
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 11:13
(Aliens)
De James Cameron (Etats-Unis)
Avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Paul Reiser, Lance Henriksen, Carrie Henn, Bill Paxton, William Hope


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Donner une suite à Alien, le défi était de taille. Après un inepte Piranha 2 et un Terminator très maîtrisé, James Cameron réussit son challenge avec brio. Non seulement son scénario possède toute la cohérence nécessaire à la jonction entre les deux films, mais de plus sa mise en scène très élaborée offre un rythme et un style complètement indépendants de ceux de Ridley Scott. Plutôt qu'imiter son inimitable prédécesseur, Cameron a injecté dans son film ses propres tendances : action musclée non-stop, affrontements spectaculaires, haute technologie banalisée, photographie privilégiant le noir et le bleu, effets spéciaux spectaculaires et réalistes.

Seule rescapée du « Nostromo », Ellen Ripley est de retour sur terre plusieurs décennies après son départ. Les gens qu'elle aimait sont tous morts, et elle ne rencontre qu'incrédulité autour d'elle. Considérée comme perturbée mentalement, elle se recycle dans un épuisant travail de manutention. Entre-temps, sur la planète qu'avait explorée le « Nostromo », une colonie humaine s'est installée, pour bientôt se faire massacrer par une race extra-terrestre inconnue. Une expédition de marines, à laquelle se joint Ripley, y est envoyée. Et Cameron, grand perfectionniste devant l’éternel, de demander expressément aux comédiens interprétant les soldats de subir une formation intensive auprès des services spéciaux britanniques deux semaines avant le tournage. Seul Michael Biehn, héros de Terminator, fut exempté d’un tel exercice, dans la mesure où il remplaça à la dernière minute l’acteur James Remar dans le rôle de Hicks.

Si certaines scènes semblent caricaturer jusqu'à la parodie les films de guerre mettant en vedette les « marines » (avec force « oui sergent » dans le dialogue) et la saga Rambo (dont Cameron a écrit le scénario du second épisode, rappelons-le), l'œuvre n'est pas exempte de subtilités et d'émotion, bien au contraire. Le personnage de Ripley, en particulier, a gagné énormément en teneur et en complexité. Mère frustré, guerrière malgré elle, femme transportée dans une époque qui n'est pas la sienne, elle bénéficie du jeu plein de justesse d'une Sigourney Weaver des plus convaincantes. Lorsqu'elle apprend le décès de sa fille, au début du film (dans la version longue du film, que l’on peut préférer au montage standard sorti initialement en salles), ou lorsque plus tard elle développe son instinct maternel auprès de l'orpheline Newt, Cameron démontre ses capacités à manier l'intimisme et la pudeur avec autant de talent que l'action et les effets spéciaux, lesquels, plus que des fins en soi, constituent ici les moyens les plus efficaces de véhiculer le discours d’un cinéaste hors pair ici au sommet de son art.

« Sur le tournage d’Aliens, tout le monde ne jurait que par Ridley Scott », se souvient Sigourney Weaver, « et l’équipe n’avait que peu de considération pour ce jeune James Cameron qui essayait, en vain, de leur montrer son Terminator pour qu’ils connaissent ses travaux précédents. Il lui a fallu de la patience et de l’endurance pour convaincre tout le monde. Tant et si bien qu’à la fin du tournage, le ton avait changé, et ceux qui adulaient le premier film étaient du genre à dire désormais : “Ridley qui ?“. » (1) L’enrichissement de la mythologie Alien est à ce point important que de nombreux fans de la saga marqueront une nette préférence pour cet épisode, sans renier pour autant à celui de Ridley Scott son statut de classique. Il faut dire que l’affrontement entre les marines et les aliens, les agressions des face-huggers et l’affrontement final entre Ripley, harnachée dans un impressionnant exo-squelette, et la reine des aliens, une monstruosité génialement conçue par Stan Winston, sont de véritables morceaux d’anthologie.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009


© Gilles Penso

Thema:
Extra-Terrestres, Futur

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron
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Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /Juil /2008 11:15
(The Abyss)
de James Cameron (Etats-Unis)
Avec Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael Biehn, Leo Burmester, Todd Graff, John Bedford Lloyd, Leo Burmester

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Dans la continuité de Terminator et Aliens, James Cameron signe avec Abyss un film palpitant d'un bout à l'autre.
On y retrouve ses penchants pour le futurisme hyperréaliste, la thématique de l’homme broyé par une machinerie gigantesque qu’il a lui-même créée, la figure récurrente de la femme forte et – plus que jamais – l’omniprésence de la couleur bleue. « C’est une couleur que j’adore ! », avoue-t-il « J’ai passé 2500 heures sous l’eau au cours de mes nombreuses plongées sous-marines, et tout est bleu dans l’océan. C’est magnifique.» (1) Au cours du prologue, un sous-marin nucléaire de l'US Navy se retrouve inexplicablement immobilisé dans une immense crevasse, à plus de 700 mètres de profondeur. Une équipe de marines surentraînés réquisitionne le Deepcore, une titanesque plateforme de travail en forme de crabe métallique, et ses ouvriers plongeurs afin d’atteindre l’épave. Des tensions naissent aussitôt entre militaires et techniciens, d’autant que le chef du Deepcore, Bud Brigman, se retrouve contraint de collaborer avec son ex-femme Lindsay.

Ed Harris et Mary-Elizabeth Mastrantonio, respectivement révélés dans Creepshow et Scarface, trouvent là des rôles magnifiques. Débordant de charisme, ils font reposer une bonne partie de la crédibilité du film sur leurs solides épaules. A bord de submersibles monoplaces ultra-sophistiqués, les plongeurs vont rejoindre l’épave et tâcher de comprendre ce qui a provoqué le naufrage du sous-marin américain. Mais à la surface, un cyclone d’une puissance inouïe provoque des dégâts considérables et précipite la plate-forme au fin fond de l’océan, laissant à ses occupants à peine douze heures d’oxygène. Acculés, les naufragés découvrent alors que d’étranges entités vivent dans les profondeurs abyssales.

La sensation de claustrophobie inhérente au scénario, les tensions humaines exacerbées par l’enfermement et l'héroïsme stimulé par des passions parfois contraires sont magnifiés par la mise en scène époustouflante de James Cameron, l'un des seuls cinéastes sur cette planète capable de réaliser un tel film, osant une direction d'acteurs sous l'eau avec l’enregistrement des dialogues en direct ! « C’était un tournage incroyable », se souvient le superviseur d’effets visuels Eric Brevig. « Nous étions immergés dans un immense réservoir pendant trois mois. Nous ne pouvions pas parler entre nous, nous devions communiquer en écrivant sur des ardoises et nous avons dû affronter d’innombrables problèmes techniques. C’était physiquement très éprouvant, mais on ne peut ressortir que grandi d’une telle expérience. » (2)

À son service, Cameron s'octroie une multitude d'effets spéciaux très réalistes, effectuant-là un pas majeur dans la création d’images de synthèse avec la séquence désormais mythique du tentacule aquatique. Abyss aurait pu s'élever au rang de chef d'œuvre s'il ne s'était clôt sur un dénouement absurde et grandiloquent brisant la rigueur dramatique des deux heures précédentes et témoignant un mauvais goût visuel surprenant. La version longue du film intègre un raz de marée spectaculaire menaçant la population et des images d'actualités diffusées au héros par les êtres sous-marins. Mais ces rajouts extraient malencontreusement le spectateur du huis clos sur lequel repose le film et n'atténuent pas la sensation de gâchis provoquée par le final.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009
(2) Propos recueillis par votre serviteur en juin 2008

© Gilles Penso

Thema: Monstres Marins,
Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron
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Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /Mai /2008 00:38
(The Terminator)
De James Cameron (1984) – USA
Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Michael Biehn, Paul Winfield, Lance Henriksen, Dick Miller


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Véritable figure emblématiqu
e du cinéma d’action et de science-fiction, Terminator est né dans l'imagination de James Cameron sous la forme d'une seule image : le squelette métallique d'un robot surgissant d'un brasier. C'est cette idée visuelle qui guida Cameron dans l'écriture du scénario. Son récit s'amorce en 2019, au cœur d'un futur post-apocalyptique dirigé par des ordinateurs qui ont signé l'arrêt de mort de la race humaine. D’énormes machines roulent dans les montagnes, qui ne sont que d’abominables charniers humains, avec pour mission de détruire les derniers rebelles.

Ces “guérilleros”, menés par John Connor, arrivent cependant à percer les lignes de défense des oppresseurs mécaniques et leur victoire est proche. Les machines envoient alors dans le passé un Terminator, cyborg mi-humain mi-mécanique, pour éliminer Sarah Connor, la mère du chef rebelle, empêchant ainsi la naissance de John. Les rebelles envoient à leur tour un des leurs à la poursuite de la machine tueuse. Le Terminator et son poursuivant, le soldat Reese, nus et désarmés, débarquent donc dans le Los Angeles contemporain et se livrent une bataille dont ils sont les seuls à connaître l'enjeu. Ancien homme à tout faire au sein du département effets spéciaux de New World, la compagnie de Roger Corman, James Cameron n'était pas encore considéré comme cinéaste au début des années 80, sa seule incursion dans la mise en scène s'étant résumée à un assez pitoyable Piranhas 2.

Quant à l'acteur auquel il souhaitait donner la vedette, le sculptural Arnold Schwarzenegger, il n’était alors connu que par le rôle titre de
Conan le Barbare. La mise en chantier de Terminator n'était donc guère aisée, mais la productrice Gale Anne Hurd tomba vite amoureuse du scénario, et la compagnie Hemdale alloua finalement à Cameron un très modeste budget de six millions et demi de dollars. Si on le schématise à l’extrême, Terminator n’est qu’une longue course-poursuite. Mais l’intrigue prend déjà une toute autre dimension de par l’enjeu de cette course-poursuite (la survie de la race humaine) et grâce à de savoureux paradoxes temporels, dignes de la pentalogie de La Planète des Singes, liant en une boucle complexe présent et futur. « J’ai toujours été féru de science et d’ingénierie, et c’est la raison pour laquelle la technologie a toujours une place importante dans mes films », déclare James Cameron. « Pourtant, c’est en imaginant des personnages forts et en m’entourant d’acteurs de talent que je trouve le plus de plaisir. » (1)

Arnold Schwarzenegger était un Conan idéal. Il s’avère tout aussi parfait en cyborg dénué d’émotion qui ne recule absolument devant rien pour accomplir la destructrice mission pour laquelle il a été programmé, reprenant à la puissance dix les attributs du robot tueur quasi-indestructible interprété par Yul Brynner dans Mondwest. James Cameron montre enfin l’ampleur gigantesque de son talent, maîtrisant en virtuose les scènes d’action extrêmement mouvementées et les effets spéciaux complexes. Maquillages (l’œil et le bras arrachés du Terminator), effets mécaniques (les parties robotisées du cyborg qui apparaissent au fur et à mesure de ses altérations physiques) et animation image par image (les vaisseaux spatiaux du futur, et surtout la fabuleuse séquence finale montrant le squelette du robot mis à nu) se mêlent avec une exemplaire homogénéité.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009


© Gilles Penso

Thema: Robots, Voyages dans le Temps, Futur

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : Ciné DVD
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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