les films de Peter Jackson

Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 01:10

Lovely Bones Affiche Teaser 120x160

 

 

 

de Peter Jackson (Nouvelle-Zélande)

Avec Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Stanley Tucci, Susan Sarandon, Michael Imperioli, Rose McIver, Reece Ritchie


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Après les quatre mastodontes cinématographiques que représentaient la saga du Seigneur des Anneaux et King Kong, Peter Jackson se penche sur un récit plus intimiste, constellé de nostalgie et empreint d’éléments autobiographiques. Puisant son inspiration dans le roman « La nostalgie des anges » d’Alice Sebold, le cinéaste néo-zélandais signe une œuvre riche et complexe qui oscille entre le drame, la comédie, le thriller et le fantastique pur. A la manière de Sunset Boulevard, Lovely Bones commence par la voix-off d’un défunt, un narrateur d’outre-tombe qui prend ici les traits de la jeune Susie Salmon nous déclarant tout de go : « j’avais quatorze ans quand on m’a assassinée ». Jackson plante ses caméras dans l’Amérique du début des années 70, encore nimbée d’insouciance, et dresse le portrait d’une famille classique, portée par un casting confondant de justesse.


Aux côtés de valeurs sûres telles que Mark Wahlberg, Rachel Weisz et Susan Sarandon, campant respectivement les parents aimants et la grand-mère truculente, le jeune talent de Saoirse Ronan, aux yeux de poupée et au visage ingénu, éclate dans le rôle de Susie Salmon. Errant entre le monde des morts et celui des vivants, cette dernière assiste au déchirement des siens, inconsolables, tout en se préparant à basculer dans l’au-delà, tandis que l’assassin court toujours. Ce dernier, point de mire de toutes les haines, est prodigieusement incarné par un Stanley Tucci quasi-méconnaissable. A l’instar de Créatures Célestes, Lovely Bones situe sa narration dans deux univers parallèles et complémentaires : le monde réel et celui conçu par l’imagination fébrile d’une adolescente. Car Susie n’est pas encore passée « de l’autre-côté ».


Les décors surréalistes dans lesquels elle évolue ne sont donc pas les visions fantasmées d’un paradis judéo-chrétien, façon Au-delà de nos rêves, mais celles d’une jeune fille nourrie par l’imagerie « new age » des années 70 (d’où le choix judicieux de Brian Eno pour signer la bande originale du film). Susie construit ainsi elle-même le berceau de son errance post-mortem, nourri de métaphores délicieusement poétiques (le kiosque, la forêt, les bateaux mis en bouteille). « Les métaphores utilisées ne devaient pas être trop simplistes, pour éviter les clichés, mais pas trop hermétiques non plus, afin que les spectateurs puissent les comprendre sans mal », explique Jackson. « Lorsque son père cueille un camélia fané et que ce dernier se met à éclore dans sa main, c’est littéralement la métaphore d’une idée qui éclot. A ce moment précis, le père de Susie comprend quelle est l’identité du tueur. Sa fille lui a soufflé cette idée d’outre-tombe. » (1)


Au fil de l’intrigue, le réalisateur concocte une poignée de séquences de suspense diaboliquement efficaces. Très hitchcockiennes sur le fond mais complètement novatrices dans la forme, elles vissent les spectateurs sur leurs fauteuils et jouent durablement sur leurs nerfs, via un découpage ciselé au millimètre près, un travail d’orfèvre sur la bande son et un usage inédit des caméras endoscopiques. Capable d’adapter son style polymorphe à tous les sujets, Jackson nous confirme une fois de plus son statut de cinéaste hors norme et d’artiste passionnant.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en novembre 2009

 

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Un monde plus beau
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 12:52
Voici un extrait des propos recueillis auprès de Peter Jackson lors de sa venue à Paris pour la promotion de Lovely Bones. Attention, place à un Maître…

 
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Cinéma
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /2008 10:53
de Peter Jackson (Nouvelle-Zélande)
Avec Timothy Balme, Diana Penalver, Elizabeth Moody, Ian Watkin, Brenda Kendall, Stuart Devenie


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Le DVD est disponible ici

Suite aux succès de Bad Taste et Les Feebles, Peter Jackson s’est décidé à passer à la vitesse supérieure avec Braindead, améliorant sa mise en scène, complexifiant son scénario et multipliant les défis techniques malgré un budget toujours très modeste. Il n’hésite pas, du coup, à reconstituer la Nouvelle-Zélande des années 50 à l’aide d’astucieuses maquettes ou d’user à outrance du steadycam pour dynamiser ses cadrages. Rétrospectivement, il est savoureux de revoir les allusions à King Kong qui ponctuent le début du film, preuve que le parcours de Jackson suit depuis le début une ligne directrice logique. Braindead démarre en effet sur l’île du Crâne, au sud-ouest de Sumatra (les connaisseurs apprécieront !).

Là, un zoologiste brave les indigènes et capture un singe-rat vorace, au prix de sa vie. Ainsi le ton est-il donné dès la scène pré-générique. Après l’allusion au chef d’œuvre de Schoedsack et Cooper, nous avons droit à une parodie du prologue des Aventuriers de l’Arche Perdue, puis au gag très sanglant de l’homme découpé à la machette... Ce n’est pourtant rien à côté de ce qui suit, c’est-à-dire une hystérie collective dans laquelle le sang gicle à un débit rarement vu à l’écran, ce qui valut à Braindead le titre fort convoité de film le plus gore de l’histoire du cinéma, carrément ! Le mal prend ses racines au zoo dans lequel a été transféré l’animal hybride, et où se promènent Lionel (Tim Balme) et Paquita (Diana Penalver), qui viennent de tomber amoureux l'un de l'autre.

Mais la très possessive mère de Lionel, qui les espionne, se fait mordre par le singe-rat. Le monstre est animé image par image (maladroitement mais non sans charme) par Peter Jackson himself, lequel avoue ouvertement le clin d’oeil à Ray Harryhausen en plaçant dans la chambre de Lionel une affiche du Monstre des Temps Perdus. Une fois mordue, la mégère massacre la bestiole, très énervée, puis se mue progressivement en zombie avant de contaminer tout son entourage : une infirmière, le Père McGruder, un nourrisson, un gang de teenagers et une bande de fêtards invités par le cupide Oncle Les. L’assaut final des zombies dans la grande maison, version hard de celui de La Nuit des Morts-Vivants, accumule de tels débordements gore qu’il en devient forcément jubilatoire.

L’imagination de Jackson et de son expert ès effets spéciaux Richard Taylor fonctionnent à plein régime, nous offrant des démesures sanglantes inédites : l’homme au visage arraché comme un masque révélant un crâne grimaçant, la fille dont la tête plantée dans une ampoule s’allume à la manière d’un abat-jour, le zombie coupé en deux qui traîne derrière lui une colonne vertébrale et quelques organes rampants… Sans parler du massacre à la tondeuse à gazon, qui bat tous les records ! Assez curieusement, au milieu de ces débordements, l’idylle très naïve du  jeune couple vedette a quelque chose de touchant, probablement grâce à la spontanéité et à la fraîcheur de Diana Penalver et Tim Balme, imperturbablement sérieux au beau milieu de ce gigantesque bain de sang parodique.

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /2008 18:42
de Peter Jackson (Etats-Unis / Nouvelle-Zélande)
Avec Adrien Brody Naomi Watts, Jack Black, Andy Serkis, Thomas Kretschmann, Colin Hanks, Kyle Chandler, Jamie Bell


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L’histoire
d’amour entre Peter Jackson et King Kong date de l’époque où le cinéaste était encore bambin. « Je n’allais pas souvent voir de films à l’époque, parce que nous vivions à trente kilomètres du cinéma le plus proche et que mes parents n’étaient pas très cinéphiles », raconte-t-il. « Je me suis donc rabattu sur la télévision, où j’ai découvert King Kong alors que j’avais neuf ans. Ce film m’a marqué et m’a donné le goût de l’évasion. » (1) La carrière de Jackson fut tout entière hantée par ce film-monstre, et si Mon Ami Joe et le Godzilla de Roland Emmerich n’avaient pas pointé le bout de leur museau à la fin des années 90, il se serait lancé dans ce remake avant d’entamer la trilogie du Seigneur des Anneaux. Mais force est de reconnaître que son voyage au pays de Tolkien a fait mûrir l’homme, le poussant vers une écriture et une mise en scène plus complexes que prévues. Le premier parti pris fort consiste à situer le récit dans son contexte historique initial. Les premières séquences de ce King Kong s’attardent donc sur un New York rongé par la dépression, et nous familiarisent avec des personnages prolongeant habilement les problématiques abordées en 1933.

Ann Darrow est toujours une actrice au chômage, mais nous découvrons la richesse de son registre comique et acrobatique (qui servira plus tard, lors de ses relations de « jeu » avec Kong). Carl Denham, cinéaste intrépide et roublard, a été rajeuni, calquant ses caractéristiques physiques et son bagout sur Orson Welles. Quant à Jack Driscoll, le jeune premier beau et musclé, il voit chacune des facettes de sa personnalité redistribuées à divers protagonistes. Le machisme brut appartient désormais au capitaine Englehorn, le charisme de meneur d’homme a été confié au second Hayes et l’autosatisfaction béate est l’apanage du jeune premier Bruce Baxter. Du coup, le Driscoll du film est devenu en auteur de théâtre sensible et réservé arrondissant ses fins de mois en écrivant des scripts pour Denham.

L’accent est donc mis en priorité sur les protagonistes humains, pour mieux faire vaciller leurs certitudes et exacerber leurs caractères lors du plongeon dans le fantastique. Et de ce point de vue, Jackson ne se limite guère, imaginant de toutes pièces de nouvelles séquences d’action (le navire coincé entre les récifs, la cavalcade des sauropodes, la poursuite en taxi), réinterprétant l’une des plus célèbres scènes coupées de l’époque (l’attaque des abominations rampantes dans le puits) et décuplant l’impact de celles que nous connaissons déjà (notamment le célèbre combat de Kong contre pas moins de trois allosaures affamés !). Kong lui-même a bien changé depuis 1933. Son comportement et son apparence physique imitent à la perfection les vrais gorilles, et ses expressions faciales offrent une richesse et une variété incroyables.

A vrai dire, tout se passe comme si ce King Kong relatait les faits bruts tels qu’ils se seraient réellement passés, celui de 1933 en étant la réinterprétation glamour et hollywoodienne. D’où le clin d’œil à la scène romantique entre Fay Wray et Bruce Cabot et surtout la réutilisation de la musique de Max Steiner lors de l’exhibition de Kong à Broadway (avec en prime les mêmes costumes d’indigènes que dans le film original). Le King Kong de Peter Jackson est donc avant tout un hommage ému au classique de 1933, mais aussi une relecture tour à tour grandiose, effrayante, drôle et touchante du mythe de la Belle et la Bête, agrémentée d’un parallèle inattendu avec  « Au Cœur des Ténèbres » de Joseph Konrad.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009


© Gilles Penso

Thema: Singes,
Dinosaures, Araignées

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Cinéma
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /2008 20:02
(The Lord of the Rings – The Return of the King)
de Peter Jackson (Nouvelle Zélande)
avec Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Orlando Bloom, John Rhys-Davies, Liv Tyler, Sean Astin, Billy Boyd


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La Communauté de l’Anneau
et Les Deux Tours avaient placé la barre artistique tellement haut qu’on imaginait mal comment Le Retour du Roi allait encore pouvoir nous émerveiller. Force est de constater que non seulement ce troisième épisode nous comble de bonheur cinéphilique, mais qu’en plus il transcende et dépasse ses deux prédécesseurs par sa richesse et sa force. Le récit s’amorce par un flash-back nous révélant comment le hobbit Smeagol s’est mué en épouvantable Gollum après avoir été perverti par l’anneau de Sauron. Puis le récit se centre sur les principaux protagonistes de la Communauté, à savoir Frodon, Sam, Aragorn, Gimli, Legolas, Merry et Pippin. Plus inspiré que jamais, Peter Jackson nous livre des moments de poésie pure, d’une beauté à couper le souffle. Notamment l’arrivée de Gandalf dans la magnifique cité déchue de Minas Thirit, les flambeaux qui s’allument de montagne en montagne, ou la chevauchée accompagnée par le chant mélancolique de Pippin.

Le cœur du film décrit une monstrueuse bataille qui oppose pêle-mêle des humains, des orques, de colossaux trolls simiesques, des Nazgûl aux allures de gigantesques reptiles volants, des éléphants aux proportions démesurées et toute une armée de fantômes. Autant dire que cette séquence, époustouflante et anthologique, dépasse encore en exubérance et en folie la pourtant mémorable bataille du Gouffre d’Elm qui se situait au cœur des Deux Tours. Elle évoque tour à tour Braveheart, Gladiator, L’Empire Contre-Attaque et Starship Troopers, mais relève du jamais vu sur un écran de cinéma, et surprend par la violence de ses échauffourées. Pour mieux rythmer son récit et mieux lier le destin des Hobbits avec ceux des humains, Peter Jackson et sa co-scénariste Fran Walsh ont opté pour une réécriture d’une partie du récit tel qu’il était initialement narré par Tolkien. Au lieu de situer l’arrivée de Frodon et de Sam dans la tour de Mordor au tout début du film, ils la racontent en parallèle avec les différents combats qui scandent l’histoire, nous réservant une terrifiante séquence de suspense au moment de l’affrontement avec l’immonde araignée géante Arachnée.

Du point de vue du casting, la passation du rôle principal s’est opérée progressivement entre Elijah Wood et Viggo Mortensen, celui-ci campant avec un indéniable charisme le magnifique roi du titre. « Quel que soit le personnage qu’on interprète, il m’apparaît important de ne pas perdre de vue qu’il s’agit d’un jeu et que nous sommes tous de grands enfants », nous livre le comédien. « C’est cette part enfantine qui stimule l’imagination et la créativité. » (1) De l’action ahurissante, de la mélancolie à tirer des larmes aux plus insensibles, de la comédie pleine de fraîcheur, de l’épouvante à glacer le sang, de la romance profonde et riche… Tout ce que le cinéma comporte comme émotions fortes explose littéralement dans chaque scène de cet inoubliable Retour du Roi. Le film s’achève en douceur, fermant tranquillement toutes les portes qui ont été ouvertes, et clôt en beauté cette sublime trilogie qui demeurera probablement le chef d’œuvre incontesté de Jackson.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en octobre 2005


© Gilles Penso

Thema:
Heroïc Fantasy, Sorcellerie,
Végétaux, Dragons, Mammifères, Fantômes, Araignées


Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Autres Mondes...
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /2008 19:11
(Lord of the Rings : The Two Towers)
de Peter Jackson (Nouvelle-Zélande)
avec Elijah Wood, Ian Mac Kellen, Viggo Mortensen, Liv Tyler, Brad Dourif, Christopher Lee, Orlando Bloom, Andy Serkis


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Volet central de la trilogie du Seigneur des Anneaux, Les Deux Tours ne s’embarrasse plus de longues expositions et plonge directement au cœur du conflit. Car cet épisode est avant tout un film de guerre. Une guerre qui se prépare sur tous les fronts, incitant le scénario à adopter une triple narration parallèle. Frodon, le jeune hobbit porteur de l’anneau, et Sam, son fidèle compagnon, se dirigent péniblement vers les montagnes enflammées du Mordor, repaire du maléfique Sauron, afin de détruire l’objet de toutes les convoitises par le feu duquel il naquit. Aragorn, héritier du trône de Gondor, et Gandalf, le magicien, s’efforcent de leur côté de mobiliser un maximum de guerriers humains pour pouvoir faire face aux troupes croissantes des forces du mal. Quant aux hobbits Merry et Pippin, ils trouvent refuge dans la forêt magique des Ents, de gigantesques arbres vivants qui nous offrent un point de vue nouveau sur la bataille à venir.

Les monstrueux guerriers du Mordor symbolisent en effet plus que jamais les élans sans retenue d’une industrialisation colonisatrice et destructrice, en butte aux forces positives de la nature. La guerre de l’anneau serait donc avant tout une guerre écologique. Lorsque se concrétise enfin le pugilat, il prend une dimension dantesque et apocalyptique au cours de la séquence de la bataille du Gouffre de Elm, appelée à entrer au panthéon des combats cinématographiques les plus spectaculaires du siècle. Orques, Trolls et humains s’y affrontent violemment, déployant des stratégies toujours plus élaborées et d’ingénieuses machineries héritées de l’art de la guerre médiéval. Catapultes, échelles et béliers s’y bousculent donc allégrement. Le Mordor nous dévoile aussi un panel de nouveaux monstres hideux à son service, notamment les dragons servant de monture aux noirs Nazgûls, des loups-hyènes qui nous offrent une belle séquence d’échauffourée en rase campagne, ainsi que de colossaux pachydermes répondant aux doux nom d’oliphants.

Au titre des nouvelles créatures de ce second volet, il y a aussi et surtout le rachitique Gollum. Cette incroyable prouesse infographique se fait oublier dès les premières secondes, tant la crédibilité du personnage est intense, une performance d’acteur virtuelle unique en son genre due au talent combiné du comédien Andy Serkis et des artistes de Weta Digital. Etre complexe, hybride, insaisissable, Gollum est un ancien hobbit transformé peu à peu en monstre rampant à cause de l’influence de l’anneau, et son rôle s’affirmera pleinement au cours du troisième et ultime épisode. A l’instar de L’Empire Contre-Attaque, autre épisode central d’une mythique saga, Les Deux Tours est plus énergique que son prédécesseur, plus noir aussi, et se nimbe à nouveau d’une splendide partition d’Howard Shore, composant à l’occasion un magnifique nouveau motif musical pour violon celtique, le thème du royaume de Rohan. Le film s’achève une fois de plus en pleine action, annonçant un ultime épisode encore plus flamboyant.


© Gilles Penso

Thema:
Heroïc Fantasy, Sorcellerie,
Végétaux, Dragons, Mammifères

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Autres Mondes...
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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /2008 11:17
(Lord of the Rings – Fellowship of the Ring)
de Peter Jackson (Nouvelle Zélande)
avec Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Orlando Bloom, John Rhys-Davies, Christopher Lee, Liv Tyler


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Après l’échec du dessin animé de Ralph Bakshi, la trilogie littéraire de J.R.R. Tolkien semblait à tout jamais inadaptable. Jusqu’à ce que Peter Jackson ne s’attelle à la gigantesque tâche avec un succès impensable. Et pourtant, qui aurait misé sur cet adolescent attardé auteur de sommets du gore burlesque tels que Bad Taste, Braindead et Les Feebles ? Le jovial barbu amateur de zombies avait déjà surpris tout le monde en opérant un virage à 180° lors du troublant Créatures Célestes. Cette œuvre révélait déjà un fort penchant pour l’héroïc fantasy, les rêves des deux héroïnes étant peuplés de licornes, de papillons géants et de châteaux médiévaux. Mais avec la trilogie Le Seigneur des Anneaux, c’est à une entreprise autrement plus colossale que s’est attaqué Jackson, d’autant qu’il s’est mis en tête de tourner les trois films dans la foulée – chacun durant tout de même trois heures – et loin des studios hollywoodiens, sur sa terre néo-zélandaise natale.

Le projet semblait dément, mais comment ne pas lui donner raison au vu du résultat ? Qu’il s’agisse de la transcription du texte initial excessivement dense en scénario intelligible et captivant, du choix des décors naturels sublimes, du casting irréprochable ou des impressionnants moyens techniques mis en œuvre, La Communauté de l’Anneau ne dénote d’aucune faute de goût. Tout y est grandiose, magnifique, émouvant, essoufflant. Les superlatifs manquent pour décrire les qualités de cette épopée, s’attachant aux pérégrinations de neuf héros aussi dissemblables que faire se peut (trois humains, quatre minuscules hobbits, un elfe et un nain) qui se fixent la mission de détruire un anneau magique forgé par le maléfique Sauron.

On n’en finirait plus de citer les séquences sublimes qui rythment le film, à l’image de ce surréaliste torrent prenant la forme de chevaux au galop pour mieux écarter les cavaliers noirs de Sauron. Pour concevoir les multiples créatures fantastiques qui peuplent son récit, Jackson s’est octroyé les services de son vieux complice Richard Taylor et de Randy Cook, ancien spécialiste de l’animation image par image reconverti à la 3D. C’est l’occasion, pour Jackson, de rendre hommage à Ray Harryhausen, l’un de ses maîtres à penser. Notamment avec la séquence de la Moïra, qui met en scène un monstre marin tentaculaire, un gigantesque Troll et le fameux Balrog, sorte de redoutable dragon incandescent. "Pour la scène du Troll, nous avons utilisé le principe de la capture de mouvement non seulement pour l'actreur qui mimait la gestuelle du monstre, mais aussi pour les mouvements de caméra, ce qui permettait de le filmer comme s'il s'agissait d'un reportage, avec des mouvements brusques et saccadés", raconte Randy Cook (1).

La structure du scénario désobéit aux règles dramaturgiques habituellement établies, car non seulement le récit s’interrompt sans véritable climax, malgré une bataille entre hommes et Orques assez mouvementée, mais en plus il prend le temps de s’attarder sur chaque personnage et chaque enjeu sans se soucier véritablement des rythmes inhérents aux grands films d’action. En cela, il se rapprocherait plus du premier acte d’un opéra. Impression que confirme la partition d’Howard Shore, qui nous surprend lui aussi dans un registre où on ne l’attendait pas. Car le compositeur attitré de David Cronenberg, habitué jusqu’alors aux univers minimalistes, nous livre ici une musique flamboyante et emphatique.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 1999.
L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.


© Gilles Penso

Thema: Heroïc Fantasy
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Peter Jackson - Communauté : Autres Mondes...
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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