Jeudi 14 août 2008
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12:02
(The Invisible Man)
de James Whale (Etats-Unis)
Avec Claude rains, Gloria Stuart, William Harrigan, Henry Travers, Una O’Connor, Forrester Harvey, Holmes Herbert
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Le DVD est disponible
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Le roman d'H.G. Wells est
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A quelques détails près, cet Homme Invisible est une adaptation très fidèle du roman homonyme d’H.G. Wells, écrit en 1897. On imagine mal meilleure transposition, et celle-ci demeure
d’ailleurs inégalée à ce jour. C’est au faîte de son talent et de sa gloire que James Whale réalisa ce pur chef d’œuvre, entre Frankenstein et La Fiancée de Frankenstein. Comme
dans le texte initial, tout commence un soir de tempête. Un mystérieux étranger au visage couvert de bandelettes arrive à Iping, un petit village britannique, prenant pension à l’auberge locale. Le
nouvel arrivant, Jack Griffin, inquiète les aubergistes, et les curieux se multiplient autour de lui. Furieux, il ôte ses bandages et ses vêtements, révélant aux villageois médusés l’absence totale
de toute forme apparente.
Autrefois jeune savant, Griffin a découvert le secret de l’invisibilité, mais les effets secondaires de la drogue employée, la monocaïne, perturbent son cerveau et le conduisent à la folie. Ses
collègues s’inquiètent. Il s’agit du docteur Cranley, de sa fille Flora, fiancée de Griffin, et du docteur Kemp, rival malheureux de ce dernier auprès de Flora. La police est maintenant sur les
traces de Griffin, qui multiplie les méfaits et les meurtres. Ainsi, comme dans l’histoire légendaire du berger Gygès racontée par Platon, dans laquelle un anneau rendant invisible pousse son héros
à commettre l’adultère et le meurtre, l’assurance de l’impunité pousse ici Griffin à se muer en criminel. Quel terrible constat sur la nature humaine !
Pour porter à l’écran un tel récit, il fallait des comédiens solides, une mise en scène méticuleuse, mais aussi des effets spéciaux de très haut niveau. A ce titre, John P. Fulton a réalisé de
véritables prouesses, et l’inventivité de ses trucages est d’autant plus remarquable qu’au début des années 30, rien de tel n’avait encore été montré auparavant sur un écran de cinéma. On n’est pas
près d’oublier cette séquence d’anthologie au cours de laquelle Jack Griffin enlève un à un ses bandages, révélant un col désespérément béant. Sa chemise s’agite ensuite dans le vide, avant que la
caméra ne nous transporte dans la rue, où un vélo se redresse et roule seul, au beau milieu des villageois affolés. Un très grand moment de cinéma fantastique, que n’égalera aucune des variantes
ultérieures sur le thème. Et ce malgré les incroyables avancées technologiques dont bénéficieront des œuvres telles que Les Aventures d’un Homme Invisible ou L’Homme sans Ombre.
Le film de James Whale se pare en outre de l’inquiétante voix de Claude Rains, dont la diction parfaite et les tonalités caverneuses conviennent à merveille au personnage de Jack Griffin. A
l’origine, Universal envisageait de confier ce rôle vocal à sa vedette du moment, l’immense Boris Karloff. Mais Whale convainquit le studio de faire appel à Rains, dont la voix de ténor résonnait à
l’époque sur les planches de Broadway. Et l’histoire lui a donné raison, le comédien jouant en virtuose sur la tessiture de son organe, oscillant entre la colère contenue et la fureur destructrice,
en passant par un rire dément à glacer le sang. D’où la nécessité de déguster cet Homme Invisible dans sa version originale.
© Gilles Penso
Thema: Hommes Invisibles
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de James Whale
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Vendredi 27 juin 2008
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/2008
01:04
(The Bride of Frankenstein)
de James Whale (Etats-Unis)
Avec Boris Karloff, Elsa Lanchester, Colin Clive, Ernest Thesiger, Valerie Hobson, Gavin Gordon, Douglas Walton, Una O’Connor
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Quatre ans après Frankenstein, James Whale, armé d’un budget de 400 000 dollars, met en scène La Fiancée de
Frankenstein, une suite que beaucoup considèrent comme supérieure à l’originale. Il faut dire que Whale a injecté dans ce second film plus d'émotion, plus d'humour, plus de dynamisme, et une
très belle partition de Franz Waxman, alors que le premier Frankenstein était quasiment dénué de musique. La caméra est
devenue plus mouvante, et le rythme plus nerveux. Ici, le monstre est miraculeusement rescapé de l'incendie du moulin, tout comme son créateur, et dès lors les résurrections de la créature
deviendront le leitmotiv de la série Universal.
Comme son personnage apprend petit à petit à parler, Karloff a droit à quelques émouvantes lignes de dialogue. Le jeu du comédien s’enrichit donc, tout comme son maquillage que Jack Pierce a
modifié pour lui donner un aspect partiellement brûlé. Cette évolution dans le traitement de la créature explique en grande partie la supériorité de ce second épisode sur son modèle. Car le zombie
pataud affublé d’un cerveau de criminel s’est ici mué en être pathétique en quête d’affection, ce qui le rapproche finalement du texte initial de Mary Shelley. D’où une séquence très émouvante où
le monstre trouve refuge chez un vieil ermite aveugle, seul humain à ne pas le traiter comme un monstre et à accepter bien volontiers sa compagnie.
Dans cette séquelle intervient également un inquiétant savant fou, le docteur Pretorius (Ernst Thesiger), exhibant avec exaltation à Frankenstein les êtres humains miniatures qu'il a fabriqués,
dans une scène étonnante qui annonce Les Poupées du Diable, et qui reprend à son compte le mythe des homoncules créés par les alchimistes médiévaux et conservés dans des ampoules de verre.
Mais la grande révélation du film est Elsa Lanchester, interprète de Mary Shelley dans le prologue du film où elle raconte à son mari et à Lord Byron la suite des aventures du monstre de son roman,
mais surtout incarnation de la créature femelle que Frankenstein crée pour servir de compagne à son monstre, sous la pression de Pretorius. On se souviendra longtemps de sa coupe de cheveux
spectaculaire qui évoque la foudre et de ses cris perçants.
Le seul regret qu’on pourra formuler, vis à vis de cette créature, est la brièveté de son apparition (moins de cinq minutes de présence à l’écran), d’autant qu’elle ne réapparaîtra dans aucun autre
film de la série, contrairement à tous ses monstrueux confrères. A l’instar de Boris Karloff dans le premier Frankenstein, le nom de la comédienne fut remplacé par un point d’interrogation dans le générique, afin d’entretenir un doute
auprès des spectateurs. Rejeté par la promise qui lui fut pourtant confectionnée sur mesure, le monstre de Frankenstein finit par saccager le laboratoire et les deux créatures périssent dans une
grande explosion… Dans le montage original, le docteur passait lui aussi l’arme à gauche, mais les producteurs optèrent finalement pour un dénouement plus heureux. D’autres séquences furent
modifiées ou coupées après les projections test organisées par Universal, ramenant la durée du film de 90 à 75 minutes.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de James Whale
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Mercredi 7 mai 2008
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/2008
14:17
De James Whale (Etats-Unis)
Avec Boris Karloff, Colin Clive, Dwight Frye, Mae Clarke, John Boles, Edward Van Sloan, Frederick Kerr, Lionel Belmore
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Le DVD est disponible
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Le roman de Mary Shelley est
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En 1931, la firme Universal vient de produire une adaptation du roman « Dracula » et met en chantier dans le même esprit ce Frankenstein inspiré de la pièce de Peggy Webling. Pour le
monstre, Universal pense immédiatement à Bela Lugosi, qui fut un Dracula très marquant. Robert Florey tourne donc une bobine d’essai avec l’acteur, maquillé par Jack Pierce, créateur de tous les
monstres d’Universal. Mais Lugosi refuse finalement le rôle. L’idée de porter un maquillage aussi lourd et de ne pas prononcer une seule ligne de dialogue lui déplaît. Cette décision entraîne un
bouleversement dans le projet. La réalisation du film est alors confiée à James Whale, qui vient d’adapter avec succès plusieurs pièces. Whale choisit Colin Clive dans le rôle de Frankenstein (tous
deux ont déjà collaboré dans Waterloo Bridge), mais on cherche toujours quelqu’un pour incarner le monstre.
Le choix se porte finalement sur un acteur peu connu, âgé de 44 ans, qui a pourtant tourné dans plus de 70 films, et que Whale repère dans The Criminal Code (1931) de Howard Hawks où il joue
un bagnard. Cet acteur s’appelle William Henry Pratt, mais il va devenir célèbre sous le nom de Boris Karloff. Karloff apporte à la créature tout son potentiel pathétique et émotif, poussant des
cris d'enfant apeuré, tendant des mains hésitantes pour signifier son incompréhension. Sa première apparition est d'autant plus marquante qu'elle est sobre, sans effets d'épouvante appuyé (si ce
n'est une série de gros plans de plus en plus rapprochés sur son visage, sous des angles différents), et dans un silence total. Il est d'ailleurs étonnant de constater que ce Frankenstein,
pourtant réalisé à l'orée du cinéma parlant, soit entièrement dénué de musique, si ce n'est dans ses deux génériques.
Le maquilleur Jack Pierce, quant à lui, a probablement réalisé ici la plus grande de ses réussites. Ce crâne carré et cicatrisé, ces paupières lourdes, ce teint blafard, complètement imaginaires
puisque la description du monstre dans le roman est très évasive, se sont irrémédiablement imprimés dans l'inconscient collectif. Pour entretenir le mystère, le nom de Karloff ne fut pas présent
sur le générique de début. Ainsi, la créature demeure un être sans nom. Ici, Frankenstein ne se prénomme pas Victor mais Henry, et il est assisté de Fritz le bossu. La nuit, tous deux déterrent les
cadavres des cimetières et s'approvisionnent en morceaux de corps humains à partir desquels ils confectionnent la fameuse créature. Mais Fritz, par mégarde, vole le cerveau d'un assassin.
Captant l'électricité, Frankenstein donne vie au corps. Si, dans le roman de Shelley, le savant se laissait aller à des envolées lyriques comme « la vie et la mort m’apparaissaient comme des
limites idéales que je devrais d’abord franchir pour déverser sur notre monde ténébreux un torrent de lumière », celui du film déclare carrément : « Maintenant, je sais ce que c’est d’être Dieu ! »
(une phrase qui échaudera considérablement la censure de l’époque). Au cours d’un final grandiose, le monstre s’évade et disparaît avec son créateur dans les flammes d'un vieux moulin. Loin d'être
la plus fidèle des adaptations du roman de Mary Shelley, ce Frankenstein demeurera à tout jamais le plus célèbre.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de James Whale
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