Dimanche 7 septembre 2008
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(Star Wars Episode III - Revenge of the Sith)
de George Lucas (Etats-Unis)
Avec Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman, Ian McDiarmid, Samuel L. Jackson, Anthony Daniels, Kenny Baker
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Porté aux nues par la grande communauté des fans de Star Wars, considéré même chez les plus enthousiastes comme le
meilleur épisode de la saga toute entière, cet Episode III doit probablement cet accueil chaleureux au fait qu’il boucle soigneusement la boucle amorcée avec La Menace Fantôme, assurant avec panache le lien entre les deux trilogies. Et rien n’est plus gratifiant, pour un amateur de la
première heure, que de s’entendre raconter par le détail les origines de son mythe favori. Voilà pourquoi La Revanche des Sith suscite autant de dithyrambes, même s’il s’handicape des mêmes
scories que ses deux prédécesseurs, notamment un rythme déficient, une structure évasive et une mise en scène anonyme.
Lorsque le film commence, la Guerre des Clones fait rage, ce qui nous vaut une séquence d’ouverture frénétique mixant la bataille spatiale finale du Retour du Jedi et les scènes de suspense
situées à l’intérieur de l’Etoile Noire dans La Guerre des Etoiles, d’où un léger sentiment de déjà vu. Désormais, une
franche hostilité oppose le Chancelier Palpatine au Conseil Jedi, et Anakin Skywalker est pris entre deux feux. Comme en outre ce dernier a la vision récurrente de sa bien aimée Padmé mourant en
accouchant de leur descendance, et que Palpatine lui promet le pouvoir de vaincre la mort pour peu qu’il bascule du côté obscur de la Force, le dilemme s’accroît. Et c’est bien là que réside
l’élément le plus intéressant du film : la lente transformation d’un jeune homme en monstre, par amour, par frustration et par ambition. Ce qui entraîne une inexorable altération de ses relations
avec son maître Obi-Wan et avec une Padmé dont la vie ne semble tenir qu’à un fil.
Pour le reste, La Revanche des Sith prend hélas trop souvent les allures d’une bande démo d’effets numériques dont l’accumulation et la surenchère finissent par desservir l’impact, malgré
quelques beaux morceaux de bravoure comme le combat entre Obi-Wan et l’androïde quadrumane. Reste un final dantesque et extrêmement noir, prenant d’abord les allures d’un combat à mort entre Anakin
et Obi-Wan, et s’achevant sur un épilogue particulièrement osé, qui constitue en effet l’un des moments les plus fort de la saga, tous films confondus : un montage parallèle qui décrit à la fois
l’enfantement dans la douleur des deux jumeaux Skywalker (Luke et Leïa) et la renaissance d’un Anakin horriblement mutilé sous forme du terrifiant Dark Vador.
La notion de « prequel » remise au goût du jour par George Lucas prend donc tout son sens avec l’Episode III, qui narre la naissance de l’Empire, la mise au monde des futurs antagonistes, la
destruction de l’ordre Jedi, le bannissement de Yoda sur la planète Dagobah, avec même en prime une petite apparition de Chewbacca. On comprend mieux l’enthousiasme des aficionados, même si, avec
le recul, un seul film aurait probablement suffi pour relater les événements précédant La Guerre des Etoiles. A
l’occasion de ce troisième épisode, John Williams a concocté une splendide partition, entremêlant avec grâce et emphase les thèmes qu’il développa pour les deux trilogies. Reste maintenant à savoir
si Lucas se laissera tenter par un nouveau triptyque, celui qui est censé faire suite au Retour du Jedi…
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de George Lucas
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Lundi 9 juin 2008
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/2008
19:45
(The Phantom Menace)
de George Lucas (1999) - USA
avec Ewan McGregor, Liam Neeson, Natalie Portman, Jake Lloyd, Ian McDiarmid, Pernilla August, Ray Park, Frank Oz
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Seize ans après Le Retour du Jedi, George Lucas s’est lancé dans une préquelle de sa saga interplanétaire, attendue comme le messie par une myriade de fans surexcités. Hélas, la démarche du
cinéaste semble ne pas avoir été menée à terme, comme si La Menace Fantôme n’était qu’une esquisse pas encore aboutie. L’une des plus grosses maladresses du scénario est de nous plonger au
cœur d’une situation politique complexe où tenants et aboutissants nous échappent, ce que résume fort bien le fameux texte déroulant d’introduction qui, à la première lecture, est tout bonnement
incompréhensible ! Du coup, les motivations des personnages et les enjeux mis en présence ne touchent les spectateurs que partiellement. De plus, le film souffre d’une construction dramatique très
déséquilibrée.
Après un prologue fort bien mené, ponctué d’idées visuelles brillantes comme ces deux faisceaux de sabres laser qui luisent dans la fumée pour évoquer la puissance des chevaliers Jedi, le rythme se
ralentit progressivement jusqu’à un gigantesque passage à vide qui fait décrocher plus d’un spectateur. Certes, Lucas nous offre une splendide course de bolides sur la planète Tatooine très
inspirée de Ben-Hur, au cours de laquelle le jeune Anakin Skywalker lutte pour sa liberté. Mais la qualité de la mise en scène et des effets visuels ne suffisent à nous captiver que
superficiellement, car d’un point de vue strictement narratif, cette course est absurde. Pourquoi, malgré ses pouvoirs, le chevalier Qui-Gon Jinn laisse-t-il un gamin de huit ans risquer ainsi sa
vie alors qu’il pourrait en un claquement de doigts l’arracher à ses esclavagistes ? Fort heureusement, le dernier tiers du film rattrape ces carences. Le souffle épique qu’il dégage, la
chorégraphie des combats et la partition de John Williams nous rappellent d’un seul coup que nous sommes bien dans cette Guerre
des Etoiles qui nous avait tant fait rêver. Il faut d’ailleurs avouer que si le charme opère enfin, c’est que nous sommes en terrain connu. En effet, le triple combat monté en action
parallèle dans cette dernière partie du récit calque sa construction sur le dénouement du Retour du Jedi.
« Lorsque La Menace Fantôme entra en production, ILM n’avait encore jamais pris en charge un film contenant 2000 plans truqués », raconte Kevin Rafferty, superviseur des images de
synthèse. « Pour y parvenir, nous avons partagé le travail en trois équipes, chacune dirigée par son propre superviseur d’effets visuels : Dennis Muren, John Knoll et Scott Squires. » (1)
Effectivement, le foisonnement des effets numériques est parfois étourdissant à l’écran. Mais un sentiment mitigé demeure. Alors que le casting humain est plein d’intelligence, Lucas n’a pas
résisté à la tentation d’une profusion de créatures ridicules et inutiles, la pire de toutes étant sans conteste l’amphibien rasta Jar Jar Binks qui multiplie les pitreries tout au long du film
pour assurer le rôle bien superflu de faire-valoir comique. Il en est de même pour les décors. On a beau s’extasier devant le magnifique palais princier tout droit sorti d’un album de "Flash
Gordon", on ne peut s’empêcher de rester perplexe face au siège des Maîtres Jedi, une espèce d’appartement new-yorkais perdu dans une forêt de buildings à la Blade Runner. Ce premier épisode présente au moins un mérite indiscutable : donner fortement envie au public de voir les deux
épisodes suivants, lesquels poseront les inexorables jalons du noir destin d’Annakin Skywalker.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2008
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de George Lucas
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Mercredi 7 mai 2008
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07
/05
/2008
14:37
(Star Wars)
de George Lucas (Etats-Unis)
Avec Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Peter Cushing, Alec Guinness, Anthony Daniels, David Prowse, Kenny Baker
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La Guerre des Étoiles constitue un virage définitif dans l'histoire de la science-fiction cinématographique, empruntant son inspiration aux contes médiévaux, aux westerns, aux serials des
années 30, aux films de guerre, au « Seigneur des Anneaux » de Tolkien, à La Forteresse Cachée d’Akira Kurosawa, à la légende du roi Arthur et même à la tragédie shakespearienne. Le film de
George Lucas, guidé par l’analyse des mythes de l’anthropologue Joseph Campbell, constitue ainsi un admirable travail de recyclage qui débouche, à l'arrivée, sur un résultat d'une unité,
d'une originalité et d'une personnalité tout à fait remarquables. A contre-courant de la science-fiction traditionnelle, un carton d’introduction nous annonce d’emblée que les événements ne se
situent pas dans la Terre du futur, mais « il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine… » D’où une filiation évidente avec le conte pour enfants, dont le récit s’amuse à
emprunter de nombreux archétypes.
L'Empire galactique, qui fait régner la peur en usant de sa colossale force militaire, vient d'achever la création de l’Étoile Noire, une gigantesque station spatiale capable d'anéantir en un
instant une planète tout entière. Darth Vader et le général Tarkin sont les auteurs de cette terrifiante entreprise. Fuyant les forces impériales, la princesse Leïa, à la tête des rebelles, est
capturée par Vader. Avant de tomber entre ses griffes, elle a tout juste le temps d'expédier deux droïdes sur la planète Tatooine, pour alerter Obi Wan Kenobi, survivant de l'ordre des chevaliers
Jedi. Les robots messagers, C3PO et R2D2, sont recueillis par le jeune Luke Skywalker, qui décide de prendre fait et cause pour les rebelles lorsque son oncle et sa tante sont assassinés par les
gardes impériaux. Il s'assure le concours du mercenaire Han Solo et de son co-pilote wookie Chewbacca.
Le film marque une étape si importante que la plupart des films « spatiaux » ultérieurs s'en inspireront, plus ou moins volontairement, ne serait-ce que dans la manière de cadrer leurs vaisseaux
spatiaux. Mais ce serait une erreur de limiter la réussite de Star Wars à une performance technique, même si c'en est effectivement une, et de taille. Le récit universel qui y est conté, les
forces qui s'y opposent et les sentiments qui s'y développent confèrent au film sa véritable force, dont la portée ne s’exprimera dans toute son étendue qu'au cours des épisodes suivants.
Et puis il y a ce casting étonnant, mariant des jeunes espoirs inconnus (dont seul Harrison Ford accèdera finalement au vedettariat) et la vieille garde britannique (avec en tête Alec Guiness, en
émule du Gandalf du « Seigneur des Anneaux », et Peter Cushing, recyclant son rôle récurrent d’officier nazi). Sans oublier, ultime atout, la partition époustouflante, magistrale et wagnérienne
d’un John Williams alors à l’apogée de son art, assumant l’influence de Gustav Holst et de sa fameuse « Symphonie des Planètes ». En 1997, pour célébrer les vingt ans du film, George Lucas eut la
mauvaise idée de le remonter et d’y intégrer d’hideuses images de synthèse dans le but de créer une édition spéciale, traitement également infligé aux deux autres films de la
trilogie.
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de George Lucas
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