les films de Neil Marshall

Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /Août /2008 20:12
de Neil Marshall (Grande-Bretagne)
Avec Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Alex Reid, Saskia Mulder, Nora-Jane Noone, Myanna Buring


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« Il y a des films d’horreur… Et il y a des films qui font peur… » Tel était le slogan un tant soit peu prétentieux de The Descent. Or, si le film ne révolutionne pas les règles du genre, il faut bien avouer qu’il se révèle d’une efficacité redoutable. Le prologue repose sur le principe classique du trauma, siège de terreurs et de démons que le protagoniste devra affronter de manière décuplée plus loin dans le film, au moment du climax. L’infortunée héroïne promise à ce peu enviable traitement est Sarah (Shauna Macdonald), une trentenaire athlétique qui partage avec ses amies la passion des sports extrêmes. Un jour, revenant d’une expédition en rafting, elle perd son époux et sa fillette dans un accident de la route dont elle sort miraculeusement indemne. Inconsolable, Sarah est prise en charge par ses amies qui, un an après le drame, décident de lui changer les idées en lui proposant une virée spéléologique.

Voilà donc nos six jeunes femmes solidement harnachées, en partance pour un massif isolé des Appalaches. Jonchée d’obstacles et de chausse-trappes, cette expédition souterraine à la limite du train fantôme prend bientôt les allures d’un Vertical Limit inversé. On pense alors aux mots de Victor Hugo : « Abandonner la surface soit pour monter, soit pour descendre, est toujours une aventure. La descente surtout est un acte grave. » Lorsqu’un éboulement bloque le chemin du retour, la ballade entre copines tourne au cauchemar. Mais ce n’est qu’un prélude à l’Enfer. Car nos six sportives ne sont pas seules dans ces ténèbres souterraines. Une horde de créatures anthropophages veille, bien décidée à en faire leur dîner…

Si Neil Marshall avait fait preuve d’un goût communicatif pour les monstres classiques à l’occasion de son sympathique mais peu surprenant Dog Soldiers, il foule ici d’autres plates-bandes, gommant ses erreurs de jeunesse en livrant un film d’une noirceur étouffante et d’une précision infaillible. Le génie de The Descent est son jeu permanent avec les peurs les plus basiques de l’être humain : l’obscurité, la claustrophobie, le vertige et surtout l’inconnu. Certes, le réalisateur cède à la tentation des « bouh je te fais peur », des entrées de champ violentes, des explosions sonores et de tout l’arsenal habituel. Mais il va plus loin, et bien souvent le spectateur se surprend à éprouver un malaise qui dépasse les effets de l’épouvante traditionnelle, comme s’il était lui-même prisonnier de cette grotte sans issue. Difficile d’imaginer que ce décor, d’un réalisme inouï, fut en réalité reconstitué de toutes pièces aux studios Pinewood.

La réussite du film tient aussi beaucoup à la profondeur et à la crédibilité de ses protagonistes. Et si le trauma initial semble sans rapport avec le danger décrit plus loin, il a une vraie résonance sur le comportement de chacune d’entre elles. Quant aux « crawlers », les monstres tapis dans l’ombre, ce sont d’indéniables réussites. Même s’ils n’évitent pas le déjà-vu (on pense beaucoup à la créature de The Creep et au Gollum du Seigneur des Anneaux), ils s’avèrent franchement effrayants, Marshall refusant de recourir à la 3D au profit de prothèses classiques et de prises de vues au shutter qui dotent ces étranges cannibales d’une vivacité proprement surnaturelle.

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Neil Marshall - Communauté : Ciné DVD
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 18:33
de Neil Marshall (Grande-Bretagne)
Avec Rhona Mitra, Bob Hoskins, Adrian Lester, Alexander Siddiq, David O’Hara, Malcolm McDowell, Craig Conway, Emma Cleasby


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La bande originale est disponible ici

Dog Soldiers
nous avait enchantés,
The Descent nous avait époustouflés… Autant dire que Doomsday, troisième incursion de Neil Marshall dans le cinéma fantastique, était attendu avec espoir par les amateurs du genre. Ô joie, le résultat comble tous les désirs, s’affirmant ouvertement comme une série B jouissive bourrée de références. Les prémisses du film évoquent irrésistiblement 28 Semaines plus Tard, dans la mesure où un nouveau virus, surnommé « La Faucheuse », vient de faire son apparition en Ecosse, annihilant la majeure partie de la population. Pour endiguer l'épidémie, le gouvernement anglais construit un mur infranchissable qui isole totalement l'Ecosse, devenue un no man's land en ruines où les survivants sont coupés du monde.

Lorsque trente ans plus tard le même virus réapparaît au coeur de Londres, un commando de choc part en mission suicide rechercher un éventuel vaccin dans une Ecosse où plusieurs gangs rivaux semblent avoir miraculeusement survécu. A la tête du commando se trouve Eden Sinclair (la splendide Rhona Mitra), une combattante émérite qui espère, à travers cette mission, retrouver des traces de sa mère, disparue trois décennies plus tôt. Bien vite, Marshall annonce les deux références essentielles de son film :
New York 1997 et Mad Max 2, comme au bon vieux temps des Guerriers du Bronx, 2019 Après la Chute de New York et autres Nouveaux Barbares. D’ailleurs, la violence extrême de Doomsday et son approche délibérément « rentre dedans » renvoient directement aux imitations italiennes qui proliféraient sur les écrans dans les années 80.

Dès les premières minutes, c’est l’ombre de John Carpenter qui plane sur le récit. L’héroïne désabusée n’a qu’un œil (comme Snake Plissken) et passe son temps à demander des cigarettes à ceux qu’elle croise (comme le héros d’Assaut), tandis que la musique synthétique et répétitive de Tyler Bates est un hommage évident aux partitions du père d'
Halloween. Lorsque notre commando se heurte à une horde de barbares hystériques, punks et anthropophages, menés par l’impressionnant Sol (Craig Conway), c’est l’influence de George Miller qui prend le relais, Neil Marshall se fendant d’un vibrant hommage au cinéaste australien à travers une ébouriffante poursuite finale où cascades démentes et effets pyrotechniques à répétition lacèrent l’écran pour la plus grande joie d’un public acquis corps et âme au spectacle. En guise de clin d’œil, deux des membres du commando dirigé par Eden se nomment d’ailleurs Carpenter et Miller !

Pour autant, Doomsday ne se contente pas de juxtaposer ses références. La personnalité du réalisateur de The Descent émerge sans peine des cendres fumantes ce futur post-apocalyptique, et lorsque nos héros découvrent une communauté médiévale dirigée par le souverain Kane (Malcolm McDowell, impérial), le film bascule dans un surréalisme anachronique tout à fait inattendu. La vraie révélation de Doomsday demeure Rhona Mitra, qui n’est pas inconnue des amateurs de cinéma d’action, mais qui livre ici une de ses performances les plus physiques, sans que jamais son charisme et son charme n’en soient entachés, bien au contraire.

© Gilles Penso

Thema:
Futur, Cannibales
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Neil Marshall - Communauté : Ciné DVD
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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