les films de Lucio Fulci

Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /2008 19:50
(L’Aldila)
De Lucio Fulci (Italie)
Avec Catriona MacColl, David Warbeck, Cinzia Monreale, Antoine Saint-John, Veronica Lazar, Anthony Flees


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Le DVD est disponible ici

A peine a-t-il refermé l’une des portes de l’Enfer à la fin de Frayeurs que Lucio Fulci s’empresse d’en ouvrir une autre l’année suivante. Ici, le maître transalpin pousse encore plus loin les expérimentations du film précédent, ne s’encombrant quasiment plus de scénario pour pouvoir accumuler un maximum de séquences insolites et de moments d’horreur visuelle extrême. Tout commence à la Nouvelle Orléans, en 1927. Un groupe de villageois armés de chaînes et de gourdins pénètre dans un hôtel, monte au numéro 36 et agresse violemment son occupant, le peintre Schweik, qui a osé se lancer dans une représentation picturale de l’Enfer. Accusé de sorcellerie, le pauvre diable est déchiqueté à coups de chaînes, crucifié et défiguré à la chaux vive, rien que ça !

Cinquante bonnes années plus tard, la belle Lisa Meddle hérite de l'hôtel et s'y installe avec ses employés. L’horreur se met alors à déferler à un rythme métronomique, sans réelle logique, mais avec un excès assez hallucinant. Un ouvrier qui réparait le toit est précipité dans le vide, un plombier a l’œil arraché par la main livide d’un mort-vivant surgi de la cave, son épouse est lentement défiguré par un bocal d’acide en proie à la lévitation, sa fille est menacée par le mélange de sang et d’acide qui rampe au sol comme un blob menaçant, l’associé de Lisa est dévoré vivant par de grosses araignées bien velues alors qu’il se renseignait à la bibliothèque sur l’origine de l’hôtel, une jeune aveugle a la gorge arrachée par son chien soudain enragé, une gouvernante est agressée par le cadavre du plombier qui lui transperce le crâne avec un clou…

L’outrance de ces séquences gore le dispute à leur gratuité, mais cette démesure sans fondement est tellement assumée qu’on finit par l’accepter sans trop de réticence. Les effets spéciaux de Giannetto de Rossi ne font pas dans la finesse, les peaux arrachées ressemblant à du caoutchouc et les yeux à du plastique. Ils demeurent pourtant extrêmement efficaces, grâce à l’inventivité du montage et des effets sonores. Le fin mot de l’histoire est l’origine de l’hôtel, qui s’avère avoir été bâti sur l’une des sept portes de l’Enfer. Or, ceux qui ont vu Frayeurs savent bien que lorsque l’une de ces portes est ouverte, les morts se réveillent pour dévorer les vivants. D’où cette séquence finale cauchemardesque au cours de laquelle Lisa et le médecin John McCabe sont pourchassés dans un hôpital par une horde de zombies directement inspirés de ceux de Romero, et se comportant de fort identique manière.

Pour leur échapper, nos héros se réfugient dans le sous-sol, qui communique bizarrement avec celui de l’hôtel, les deux bâtiments étant pourtant séparés de plusieurs kilomètres. Fulci cultive ainsi le paradoxe spatio-temporel, jusqu’à ce que ses protagonistes ne se retrouvent carrément en Enfer, et que la vision qu’ils ont du macabre décor soit identique, quel que soit l’angle sous lequel ils le regardent. Le cinéaste prouve alors plus que jamais son habileté, car avec un budget limité, un peu de terre battue, du brouillard et une dizaine de faux cadavres à demi-ensevelis, il nous livre une des visions de l’Enfer les plus mémorables que le cinéma d’épouvante nous ait offertes à ce jour.

© Gilles Penso

Thema: Zombies,
Araignées
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Lucio Fulci
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /2008 13:37
(Zombi 2 / The Island of the Living Dead)
de Lucio Fulci (Italie)
Avec Tisa Farrow, Ian McCulloch, Richard Johnson, Al Cliver, Auretta Gay, Stefania d’Amario, Olga Karlatos


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Le DVD est disponible ici

Si George Romero est aux films de zombies ce que John Ford était au western, on peut affirmer sans vergogne que Lucio Fulci est aux zombies italiens ce que Sergio Leone était aux westerns spaghettis. Sa vision transalpine est donc plus brute, plus crue, et si l’aspect socio-politique des films de Romero y est totalement évacué, l’épouvante y prend une dimension différente, plus volontiers ancrée dans les peurs primales, les anciennes croyances et les rites païens. Indûment présenté comme la suite de Zombie (la véritable suite, Le Jour des Morts-Vivants, ne sera réalisée que six ans plus tard), cet Enfer des Zombies ressemble plutôt à une « préquelle », puisqu’il raconte comment les morts se mettent soudain à ressusciter sur l’île de Matoul, au beau milieu des Caraïbes, où sont pratiquées des cérémonies vaudou.

Alors qu’Anne Bowles (Tisa Farrow), la fille d’un médecin, et le iournaliste Peter West (Ian McCulloch) mènent l’enquête sur place, les morts-vivants, ramenés à la vie par une intense faim anthropophage, assiègent un hôpital de l’île où se sont terrés les rares survivants d’un épouvantable massacre, puis prennent la mer et finissent par envahir les rues de New-York. Cette image forte et inquiétante, qui clôt en beauté L’Enfer des Zombies, constitue un formidable prologue au chef d’œuvre de Romero, et propose une explication possible de la situation décrite dans Zombie, tout en faisant du coup abstraction des suppositions science-fictionnelles échafaudées dans La Nuit des Morts-Vivants.

Fidèle à son habitude, Fulci se raccroche à un scénario un peu chaotique et désordonné pour égrainer les scènes choc et les séquences gore du meilleur cru. Le prologue est déjà très impressionnant, puisqu’il décrit la lutte entre deux policiers et un zombie colossal à bord d’un navire fantôme accostant à Manhattan. Le mort-vivant finit à la mer où il égorge un requin, puis prend la fuite ! Le meilleur reste à venir, avec l’éveil d’un groupe de zombies conquistadors vieux de plusieurs siècles, sur la fameuse île, qui évoque quelque peu La Révolte des Morts-Vivants
d’Amando de Ossorio et distille la même poésie macabre, sans parler de l’assaut final qui pour sa part tourne à la gigantesque boucherie. Et puis il y a toujours, chez Fulci, la séquence ultra-gore, où l’excès sanguinolent le dispute à la gratuité totale. Ici, il s’agit de l’œil d’une malheureuse survivante crevé en gros plan et en temps réel par une écharde ! Du grand-guignol à l’état pur, soutenu par les effets de maquillage outranciers de Gianetto de Rossi.

L’Enfer des Zombies est probablement l’une des plus grandes réussites de Fulci, une œuvre sans concession accompagnée pas à pas par une partition lancinante signée Fabio Frizzi et Giorgio Tucci. Même s’il n’entretient aucun rapport officiel avec la trilogie de George Romero, le film fut titré Zombi 2 en Europe et Zombie aux Etats-Unis. Et dès lors, le coup d’envoi était donné à une série d’imitations italiennes plus ou moins heureuses, signées par des artisans tels qu’Umberto Lenzi (L’Avion de l’Apocalypse), Joe d’Amato (La Nuit Fantastique des Morts-Vivants), Marino Girolami (La Terreur des Zombies) et Bruno Mattei (Virus Cannibale).

© Gilles Penso

Thema: Zombies
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Lucio Fulci - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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  • Gilles Penso
  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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