les films d'Alexandre Aja

Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 14:56

Piranha 3D


 

d’Alexandre Aja (2010) – USA

Avec Elisabeth Shue, Jerry O’Connell, Steven R. McQueen, Jessica Szohr, Kelly Brook, Ving Rhames, Christopher Lloyd

 

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Troisième remake consécutif réalisé par Alexandre Aja, après La Colline a des Yeux et Mirrors, Piranha 3D ressemble à une parenthèse dans la carrière du jeune cinéaste, une sorte de récréation lui permettant de projeter sur grand écran un patchwork d’influences liées aux films de son adolescence. Ainsi, malgré l’outrance de ses effets gore craspecs et les déshabillages intempestifs de ses figurantes siliconées (héritage respectif des films d’horreur et des teen movies des années 2000), cette relecture du Piranhas de Joe Dante (qui fit déjà l’objet d’un remake en 1995) fleure bon les années 80. Le casting témoigne ouvertement de cette tendance, offrant des rôles référentiels à Elisabeth Shue (Karate Kid, Cocktail), Jerry O’Connell (Stand by me), Christopher Lloyd (Retour vers le Futur) et Richard Dreyfuss (Les Dents de la Mer ).

 

L’utilisation du relief elle-même, argument marketing important du film, n’a jamais la prétention de révolutionner le langage cinématographique mais relève plutôt du gimmick de base qui consiste à envoyer un maximum de projectiles, de monstres grimaçants ou de poitrines plantureuses à la figure des spectateurs, comme au bon vieux temps des Dents de la Mer 3D ou de Meurtres en Trois Dimensions. S’il reprend le principe du film de Joe Dante et quelques éléments de sa structure narrative, le scénario de ce Piranha n’en conserve ni le scénario, ni les personnages. Ici, les poissons voraces ne sont pas le fruit de manipulations de l’armée mais trouvent leur origine au fin fond de la préhistoire, un séisme sous-marin les ayant soudain ramenés dans le lac Viktoria. Or c’est justement dans ce cadre idyllique que viennent s’ébattre tous les étés des centaines d’adolescents écervelés afin de jouir des innombrables activités culturelles offertes par le « Springbreak » : concours de t-shirts mouillés, beuveries à la bière, ski nautique topless, musique techno envahissante et orgies en tous genres. Evidemment, voilà un repas fort appétissant pour nos piranhas antédiluviens.

 

Certes, le second degré omniprésent est souvent très réjouissant, les séquences horrifiques dégoulinent sans réserves (le massacre final est à ce titre un véritable morceau d’anthologie, porté par des effets de maquillage hallucinants de l’atelier KNB) et l’érotisme dévergondé force la sympathie. Mais à tant vouloir se défouler, Alexandre Aja omet l’essentiel : la construction de personnages intéressants et l’élaboration de séquences de suspense propres à solliciter la participation active du public. A force d’excès, rien ne nous touche et l’impact du film s’en ressent fatalement. Joe Dante lui-même, lorsqu’il décrivait les méfaits joyeux des Gremlins, n’oubliait jamais en cours de route de s’attacher à ses protagonistes. Rien de tel ici. Comme en outre l’humour graveleux frôle par moments l’indigestion (un pénis sectionné coule à pic, puis un piranhas s’en empare, avant qu’un autre ne lui dispute ce met de choix, le membre est enfin englouti avec voracité, puis régurgité avec un rôt bruyant, le tout en plan séquence…) et que les effets 3D approximatifs, bricolés à la va-vite après le tournage, nous assènent quelques dédoublements et effets de flous propices à la migraine, le bilan demeure finalement très mitigé.

 

© Gilles Penso

Thema: Monstres marins

Par Gilles Penso - Publié dans : les films d'Alexandre Aja - Communauté : PLANETA monstres
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 21:53
d’Alexandre Aja (France)
Avec Cécile de France, Maïwenn Le Besco, Philippe Nahon, Franck Khalfoun, Anderi Finiti, Oana Pellea, Marco Clauciu Pascu


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Le DVD est disponible ici

Qui aurait pu croire qu’Alexandre Aja, le blondinet bambin qui exhibait furtivement sa frimousse dans Le Grand Pardon réalisé par son père Alexandre Arcady, passerait un jour derrière la caméra pour mettre en scène un thriller d’horreur pur et dur ? « L’idée était de rendre hommage aux films qui ont nourri notre adolescence, comme Massacre à la Tronçonneuse, Halloween, Maniac, La Dernière Maison sur la Gauche, Délivrance ou Les Chiens de Paille », explique Aja. « C’étaient des films très sérieux, très premier degré. Nous avons donc choisi des ingrédients simples : deux filles, une nuit, une maison et un tueur. » (1) D’emblée, le jeune cinéaste donne le ton, montrant le psychopathe, seul dans sa vieille camionnette rouillée, goûter aux joies d’une fellation nécrophile octroyée par une tête féminine décapitée !

Le scénario nous familiarise ensuite avec Marie et Alex, deux étudiantes complices chez qui on sent poindre une attirance dépassant le cadre d’une amitié standard. Celles-ci viennent passer un séjour chez les parents d’Alex, dans une grande maison de campagne suffisamment isolée pour que le drame puisse s’y nouer. Et effectivement, dès que la nuit tombe, l’horreur pointe le bout de son nez, sous les traits d’un affreux camionneur en tenue de travail, dont la casquette élimée et les cheveux sales dissimulent le visage patibulaire de Philippe Nahon, déjà à l’œuvre sur les films de Gaspar Noé (Carne, Seul contre Tous). Sans préavis ni motivation apparente, l’homme entreprend de massacrer les parents et le jeune frère d’Alex, avant de kidnapper celle-ci et de l’enfermer dans son van. Horrifiée, Marie s’efforce de conserver son sang froid et de prendre en chasse le tueur pour pouvoir sauver son amie.

Loin des délires sanguinolents d’un Braindead, Alexandre Aja multiplie les séquences de meurtres horribles sans concession : homme décapité par un meuble violemment poussé contre sa nuque, femme au bras tranché avec force jets de sang, égorgement en gros plan, éventrement à la scie circulaire… Très efficaces, les effets gore sont signés Gianetto de Rossi, le légendaire maquilleur des films de Lucio Fulci. Ce choix témoigne clairement des sources d’inspiration d’Aja, qui connaît bien ses classiques. Et effectivement, passées ses premières minutes un peu poussives, Haute Tension est un film d’horreur diablement efficace, fort effrayant, bénéficiant d’une mise en scène ciselée et soutenu par l’interprétation tout à fait convaincante d’une Cécile de France très en forme.

Mais au bout d’un moment, le scénario se met à tourner un peu en rond, d’autant qu’il emprunte assez rapidement des sentiers familiers, à mi-chemin entre le slasher à la Vendredi 13 et le survival façon Massacre à la Tronçonneuse. Certes, l’imitation des grands classiques est réussie, mais elle demeurerait anecdotique si l’exercice se limitait à un hommage à Wes Craven, Tobe Hooper et consorts. Fort heureusement, un retournement de situation très surprenant survient au cours du dernier quart d’heure, relançant l’intrigue et plaçant sous un angle tout nouveau ce que nous venons de voir. Du coup, la scène finale s’apprécie comme un clin d’œil direct à celle de Psychose.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 2006

© Gilles Penso

Thema: Tueurs

Par Gilles Penso - Publié dans : les films d'Alexandre Aja - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Dimanche 13 juillet 2008 7 13 /07 /Juil /2008 16:46
(The Hills Have Eyes)
d’Alexandre Aja (Etats-Unis)
avec Aaron Stanford, Kathleen Quinlan, Vinessa Shaw, Emilie de Ravin, Ted Levine, Dan Byrd, Tom Bower, Billy Drago, Robert Joy


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Film d’horreur brut et sans concession,
Haute Tension séduisit suffisamment les studios hollywoodiens pour que le réalisateur Alexandre Aja et son complice co-scénariste Grégory Levasseur se voient proposer moult propositions plus alléchantes les unes que les autres. S’ils jetèrent leur dévolu sur le remake de La Colline a des Yeux, c’est d’abord parce que leur admiration pour le père de Freddy Kruger est sans limites, et ensuite parce que ce dernier leur laissa une liberté quasi totale sur la réécriture de son scénario initial. Respectueux de leur modèle, Aja et Levasseur en reprennent fidèlement la trame. Cette nouvelle Colline a des Yeux porte pourtant indubitablement le seau de ses deux talentueux auteurs. Et ce dès l’entrée en matière, qui accentue un aspect passionnant du récit : les conséquences des essais nucléaires du gouvernement américain pendant les années 50.

Ainsi, après un prologue choc au cours duquel des chercheurs équipés de compteurs geiger sont massacrés à coup de hache avec une violence inouïe, le générique de début instille un malaise croissant. Des images d’archives d’explosions atomiques y côtoient des clichés de fœtus malformés, le tout aux accents d’une chansonnette optimiste typique des fifties. Plus le film avance, plus le pamphlet anti-atomique prend corps, jusqu’à un climax situé dans un village test créé par l’armée, dans lequel les maisons de banlieue sont peuplées de mannequins souriants. Digne d’un épisode de La Quatrième Dimension, ce décor surréaliste est une excellente trouvaille. Non content de parer le film d’un environnement résolument original, il multiplie à loisir le jeu des contrastes.

Ce remake ne comporte donc pas deux familles antagonistes mais bien trois : les « normaux » équilibrés et citadins, les mutants sauvages et cannibales, et enfin la famille « idéale » et fantasmée telle que la décrivaient les films publicitaires des années 50, et ici réduite à l’état de mannequins stupidement hilares. Les amateurs d’incorrection politique apprécieront d’ailleurs l’usage que le film fait du drapeau américain, de l’hymne national des Etats-Unis et du fameux tube « California Dreamin’ ». Soucieux de préserver la brutalité du film original et d’en décupler les effets, Alexandre Aja a donné libre cours aux maquilleurs spéciaux de l’équipe de KNB.

« Nous avons fait des recherches sur les enfants de Tchernobyl, les effets du gaz orange au Viet-Nam et toutes les altérations génétiques d’êtres humains dues à des agents chimiques ou radioactifs », explique le cinéaste. « Nous avons trouvé des images qui vont au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Greg Nicotero s’en est servi de référence pour créer les prothèses des mutants. » (1) Chaque fois que le sang coule, le manichéisme recule d'un pas, le remake reprenant à son compte la thématique majeure de son modèle, que l’on pourrait résumer en une maxime universelle : « la violence engendre la violence ». A ce titre, Aaron Stanford campe un anti-héros mémorable, à mi-chemin entre le Dustin Hoffmann des Chiens de Paille et le Jon Voigt de Délivrance, ivre de vengeance et basculant finalement dans la bestialité qu’il voulait combattre.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 2006

© Gilles Penso

Thema:
Cannibales, Tueurs

Par Gilles Penso - Publié dans : les films d'Alexandre Aja - Communauté : Ciné DVD
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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