les films de Zack Snyder

Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 00:39

 Attention, si vous avez six minutes devant vous, regardez donc la vidéo qui va suivre. Il s'agit de l'époustouflante entrée en matière de Sucker Punch, la dernière folie de Zack Snyder ! Un moment de pur bonheur cinématographique, pictural et musical. merci à l'équipe de Warner qui m'a permis de partager cette intro mémorable avec vous !

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Cinema
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 09:22

Sucker-Punch.jpgde Zack Snyder (Etats-Unis)

Avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung, Oscar Isaac, Carla Gugino, Scott Glenn

 

 Zack Snyder n’a peur de rien, pas même de mettre sa carrière en danger via un projet échappant à toutes les normes établies à Hollywood.  L'Armée des Morts, 300 et  Watchmen étaient déjà des paris risqués, mais Sucker Punch les bat à plate couture dans ce domaine, tant le concept même s’avère casse-gueule. Au lieu de s’appuyer sur un film l’ayant précédé ou sur un roman graphique, Zack Snyder ne se repose ici que sur sa propre imagination et s’intéresse à une jeune fille internée de force dans un hôpital psychiatrique par un beau-père abusif.

 

L’intrigue se situe quelques décennies en arrière, à l’époque où le traitement des malades mentaux se soldait par des méthodes radicales telles que la lobotomie. Et c’est le sort qui attend inéluctablement notre triste protagoniste. Pour échapper à cette réalité atroce, elle s’évade dans un monde parallèle qui n’est que le reflet déformé de son environnement. L’hôpital se transforme alors en un établissement étrange à mi-chemin entre le club de danse et la maison close, les infirmiers se muent en proxénètes mafieux et la psychiatre en chef devient une mère maquerelle / professeur de danse. Dans cet univers onirique, la jeune fille se fait appeler Babydoll et prépare un plan d’évasion imparable. Là, un second niveau de réalité virtuelle vient s’imbriquer au premier et nous fait basculer dans le fantastique le plus débridé…

 

Si Sucker Punch s’avère difficile à résumer, c’est sans doute parce qu’il s’affranchit souvent du langage parlé au profit d’une grammaire purement cinématographique. La prodigieuse séquence d’ouverture en témoigne. Dénuée de dialogue, purement visuelle, elle nous ramène aux grandes heures d’un cinéma expressif qui savait faire parler les plans au lieu des acteurs, celui d’Alfred Hitchcock et d’Orson Welles. Mais Snyder brise volontairement cette cohérence narrative lorsque son héroïne danse pour détourner l’attention de ses oppresseurs. Là, Babydoll et ses compagnes d’infortune basculent dans d’autres mondes qui semblent empruntés à l’imaginaire d’un petit garçon des années 2000. La musique appuie l’effet anachronique, à travers des reprises de tubes des Beatles, d’Eurythmics, de Bryan Ferry, d’Iggy Pop ou de Queen.

 

Quant à l’imagerie sollicitée, elle puise tous azimuts dans le fantastique et la science-fiction les plus débridés : samouraïs colossaux, robot géant, zombies nazis, dragons cracheurs de feu, trolls enragés, armada d’androïdes s’animent ainsi sous nos yeux ébahis, au sein de titanesques séquences de bataille dont l’indéniable générosité est quelque peu gâchée par un traitement tout numérique et des chorégraphies excessives qui se réfèrent trop frontalement à l’univers des jeux vidéo. Là où Peter Jackson, avec  Lovely Bones, s’efforçait de visualiser le parcours onirique d’une adolescente des années 70, Snyder fait fi de toute logique en plaquant ses propres fantasmes ludico-guerriers dans le cerveau de Babydoll. Le résultat est parfaitement déstabilisant, mais aussi extrêmement touchant. Car derrière les créatures imaginaires se dissimulent des monstres humains qui détruisent peu à peu la vie, la virginité et les rêves d’une jeune fille dont la seule échappatoire demeure l’imagination…

 

© Gilles Penso

Thema:  Rêves, Zombies, Dragons, Robots

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Autres Mondes...
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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /Mars /2009 11:25
(Watchmen)
de Zack Snyder (Etats-Unis)
avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman, Matthew Goode, Billy Crudup, Jeffrey Dean Morgan, Carla Gugino


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Lorsqu’ils furent publiés en 1986, les six tomes de « Watchmen » firent l’effet d’une bombe dans le milieu de la bande dessinée. Le manichéisme inhérent au thème du super-héros y était sérieusement mis à mal, sous la plume acerbe d’Alan Moore et le crayon expressif de Dave Gibbons. Inscrite dans le contexte paranoïaque de la guerre froide, l’intrigue à tiroirs mettait en scène sept justiciers masqués mis à la retraite suite à une loi interdisant leurs activités : l’acrobatique Ozymandias, le redoutable Rorschah, la sculpturale Miss Jupiter, l’inventif Hibou, l’insaisissable Docteur Manhattan et le brutal Comédien. Inspirés des personnages des univers Marvel et DC, chacun d’eux permettait de soulever des questions jusqu’alors rarement évoquées . Les « exploits » des super-héros ne présentent-ils pas les risques d’une dérive d’autodéfense à la limite du fascisme ? Comment les justiciers masqués vivent-ils leur cessation d’activité ? Quelle est leur prise de position face aux événements politiques qui secouent leur pays ?

L’envie de porter à l’écran ce comic book atypique titilla très tôt Hollywood, et de nombreux réalisateurs s’y frottèrent, de Terry Gilliam à Daren Aronofsky en passant par Michael Bay et Paul Greegrass. Mais chaque tentative échoua, et l’on ne peut que se réjouir de la récupération du projet par Zack Snyder. Même si Alan Moore refusa catégoriquement de s’impliquer dans le film (comme ce fut le cas pour les adaptations précédentes de ses œuvres – From Hell, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, V pour Vendetta), comment pouvait-on rêver meilleure transposition à l’écran ? Incroyablement fidèle au matériau d’origine, pourtant foisonnant, Snyder ne se laisse pas pour autant tenter par l’esthétisation extrême de son propre 300, inscrivant au contraire son film dans une Amérique des années 80 réaliste et alternative – où Nixon est président.

Intelligent, le casting évacue toute superstar pour mieux coller aux personnages dessinés, et l’empathie qu’ils suscitent n’en est que plus forte. Dès lors, les presque trois heures du métrage passent comme une lettre à la poste et l’on suit avec passion ce drame apocalyptique rompant régulièrement sa chronologie pour mieux exposer le passé des protagonistes et l’origine de leur « vocation ». Ponctué d’extraits musicaux surprenants et de quelques clins d’œil cinéphiliques inattendus  (notamment à Apocalypse Now pendant la guerre du Viet-Nam et à Docteur Folamour dans la grande salle de réunion de la Maison Blanche), Watchmen s’orne également d’effets spéciaux hallucinants.

Par la magie du « performance capture », un Docteur Manhattan 100% numérique s’anime ainsi en calquant son physique et ses attitudes sur celui que Gibbons dessina quelque vingt ans plus tôt, preuve qu’une adaptation fidèle du roman graphique eut été bien plus délicate sans les dernières avancées technologiques. Alors que Iron Man, Hancock et The Dark Knight sont encore dans toutes les mémoires, Watchmen bouleverse à son tour le motif du super-héros, oscillant sans cesse entre l’action, la peur, le rire et l’émotion pour mieux questionner la nature humaine et le statut du héros dans nos sociétés tourmentées.

© Gilles Penso

Thema: Super-Héros

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Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Fous de Bande-dessinée
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 17:42
(Dawn of the Dead)
de Zack Snyder (Etats-Unis)
avec Sarah Polley, Ving Rhames, Jake Weber, Mekhi Phifer, Ty Burrell, Michael Kelly, Kevin Zegers, Michael Barry


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Après les séquelles, préquelles et imitations, voici le remake officiel du Zombie de George Romero. Derrière la caméra, on trouve Zack Snyder, un spécialiste du spot publicitaire qui réalise là son premier long-métrage. La première partie de cette Armée des Morts est proprement époustouflante, puisant son inspiration dans une des scènes choc de La Nuit des Morts-Vivants en décuplant son impact. Nous suivons ainsi la jeune infirmière Anna, de retour chez elle après une harassante journée. Au petit matin, sa fille surgit dans la chambre, ensanglantée et le regard fou, puis se jette sur son père et lui arrache la gorge à coups de dents. Terrifiée, Anna se retrouve donc assaillie par son époux et sa gamine mués soudainement en zombies avides de chair humaine. Tandis qu’elle prend la fuite en voiture, elle découvre que l’épidémie s’est répandue en une seule nuit, dans toute la ville, et peut-être même à l’échelle planétaire.

Les agressions se multiplient, tout comme les accidents spectaculaires que Snyder filme avec virtuosité, adoptant parfois des angles surprenants, comme cette plongée vertigineuse au-dessus de la route. Anna trouve refuge dans un centre commercial abandonné, aux côtés d’autres survivants qui vont devoir se serrer les coudes pour survivre. C’est là que L’Armée des Morts rejoint Zombie, reprenant la majeure partie de ses idées scénaristiques tout en créant de nouveaux personnages, notamment trois vigiles bien décidés à défendre leur territoire, et un sniper isolé sur son toit, qui communique avec nos héros par grands panneaux interposés. Suivant la démarche popularisée par
28 Jours plus Tard, les zombies ne traînent plus la patte mais courent en hurlant, se livrant parfois même à d’étonnantes acrobaties. Si le film y gagne en dynamisme, Snyder se prive en revanche de la métaphore des consommateurs abêtis déambulant parmi les rayons du supermarché.

« Pour être honnête, je trouve que le film n’est pas si mal par rapport à ce que j’imaginais », avoue George Romero. « Les vingt premières minutes sont très réussies. Mais ça ressemble un peu trop à un jeu vidéo. Et je n’arrive pas à me faire à l’idée que les zombies courent. Je ne trouve pas ça logique. » (1) C’est bien là que réside la différence majeure entre Zombie et son remake. Ici, toute satire sociale, toute subversion a disparu, au profit d’une action soutenue et d’une épouvante savamment entretenue. De plus, Snyder semble hésiter sur le ton à adopter, oscillant sans cesse entre la terreur pure (la scène d’introduction), le gore rigolard à la Evil Dead 2 (la grosse mama zombie), l’épouvante viscérale (la mémorable séquence de l’accouchement) et l’action façon Mad Max (la fuite des autobus relookés au milieu d’un océan de zombies déchaînés). Malgré une myriade de bonnes idées, le film s’essouffle un peu dans sa seconde partie, d’autant que les similitudes avec
28 Jours plus Tard s’accumulent progressivement, renforçant un fâcheux sentiment de déjà-vu. Le dénouement, quant à lui, lorgne un peu maladroitement du côté de celui du Jour des Morts-Vivants, complétant ainsi l’hommage à la trilogie de Romero.

(
1) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005

© Gilles Penso

Thema:
Zombies
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /Mai /2008 12:33
de Zack Snyder (Etats-Unis)
avec Gerard Butler, , Lena Headey, David Wenham, Dominic West, Vincent Regan, Michael Fassbender, Rodrigo Santoro


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Le DVD est disponible ici

Le Blu-ray est disponible ici

La BD originale est disponible ici

Zack Snyder n’est plus à un défi près. Après son remake réussi de Zombie, il décide d’adapter « 300 », une BD de Frank Miller et Lynn Varley évoquant un épisode mémorable de l’antiquité grecque : la farouche résistance du roi Leonidas 1er et de ses trois cent guerriers spartiates contre les centaines de milliers de Perses dirigés par le conquérant Xerxès. Soucieux de restituer l’esprit et le graphisme du comic book, Snyder se plie aux mêmes méthodes que Roberto Rodriguez sur Sin City, autrement dit un tournage sur fond bleu et une profusion d’effets numérique. Malgré tout, le cinéaste évite le statisme inhérent aux cases d’une bande dessinée. Son film bouge, tremble, hurle avec une férocité et une bestialité qui s’imposent rapidement comme une véritable marque de fabrique.

Magnifiquement éclairé, savamment composé, chaque plan a les allures d’une peinture d’un autre âge soudain douée de vie. D’ailleurs, ces Spartiates sculptés comme des dieux antiques ne semblent-ils pas issus du pinceau d’un David ? A cette beauté formelle, Zack Snyder adjoint une violence physique quasi-surréaliste. Les membres voltigent, les têtes s’expulsent hors des cous, le sang jaillit de toutes parts, sans que rien ne semble pouvoir atténuer cette sauvagerie. On sent bien que le réalisateur connaît ses classiques, qu’Excalibur et Conan le Barbare ne sont jamais très loin. Pour autant, 300 ne leur ressemble pas, revendiquant fièrement sa singularité de tous les instants. L’un des pièges du récit était la monotonie qu’aurait pu induire l’accumulation des scènes de batailles. Or, coupant court à tout effet répétitif, Snyder joue la carte du crescendo. Chaque combat est plus ardu, plus sanglant, plus complexe que le précédent.

Et si les premiers pugilats nous permettent d’apprécier le génie stratégique des Spartiates, maniant avec une adresse infinie leurs boucliers et leurs lances pour compenser la faiblesse de leurs effectifs, les dernières phases de la guerre basculent de plain-pied dans l’heroïc-fantasy la plus débridée. Car bientôt, les envahisseurs n’ont plus rien d’humain. Géant aux allures de Troll déchaîné, hideux démons masqués, éléphants titanesques, rhinocéros antédiluvien animent ainsi cette folle sarabande, tandis qu’à la cour du roi Xerxès, les femmes possédées se déhanchent lascivement autour d’un homme-bouc qui a tous les attributs du Diable. L’autre grand atout du film est son casting de premier choix, dominé par un Gerard Butler impérial. Le regard fou, le muscle saillant, il harangue ses troupes avec enthousiasme, criant dès l’aube « Spartiates, profitez de votre petit-déjeuner, parce que ce soir nous dînons en Enfer ! »

Visiblement porté par l’ampleur du spectacle, le compositeur Tyler Bates s’en donne lui aussi à cœur joie. Empruntant ses chœurs au Carmina Burana dans les moments les plus épiques, entremêlant instrumentations ethniques et voix arabisantes lorsque la tragédie le réclame (dans la droite lignée des travaux de Hans Zimmer et Lisa Gerard sur Gladiator), il n’hésite pas à faire hurler des guitares électriques outrageusement anachroniques lors des combats les plus furieux et les plus spectaculaires du film. 300 se vit plus qu’il ne se regarde, et cette expérience sensitive inédite s’avère des plus réjouissantes.


© Gilles Penso

Thema: Heroïc Fantasy
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Zack Snyder - Communauté : Autres Mondes...
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