L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique

Conan-copie-2.jpg(Conan the barbarian)

De John Milius (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones, Sandahl Bergman, Max von Sydow, William Smith


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Douze mille ans avant notre
ère, le jeune Conan reçoit de son père un glaive d’acier et une mission : découvrir le secret de cet alliage que détient le dieu Crom. Mais son village est dévasté par les cavaliers du Nord et sa mère est décapitée par leur chef, Thulsa Doom. Esclave, Conan passe sa jeunesse à actionner la roue d’un moulin, ce qui sculptera son impressionnante musculature. Un jour, il reconquiert la liberté et part avec deux compagnons, le Mongol Subotaï et la ravissante reine des voleurs, à la recherche de Thulsa Doom…

Il y a de fortes chances pour que les amateurs du Conan de Robert Howard (dix sept récits publiés dans « Weird Tales » entre 1932 et 1936) aient été assez déçus par cette adaptation appauvrie en terme de fantasy pure. Où sont donc passés les morts-vivants, les araignées géantes, les statues vivantes, les limaces monstrueuses et les vampires des merveilleuses pages de l’écrivain ? Pour autant, il serait injuste d’en conclure que Conan le Barbare, écrit par Oliver Stone et dirigé par John Milius (lui-même scénariste d’Apocalypse Now), soit un échec. Le producteur Dino de Laurentiis s’étant spécialisé dès le milieu des années 70 dans le sabotage des grands mythes fantastiques (King Kong, Flash Gordon, Sheena, Dune), on pouvait tout de même craindre le pire.

Fort heureusement, si on fait abstraction de la richesse incomparable de son origine littéraire, Conan se révèle être un film d’action mené avec beaucoup d’habileté, mais aussi le mètre étalon de toute l’héroïc fantasy cinématographique à venir. Une grande partie du crédit de cette réussite est à attribuer à Arnold Schwarzenegger, qui s’avère tout simplement parfait dans le rôle du Cimmérien. Ex Monsieur Univers, Ex Hercule, Arnold se rapproche tant du Conan décrit par Howard, ainsi que des magnifiques dessins de Frank Frazetta, qu’il paraît désormais inconcevable d’imaginer un autre acteur dans la peau du personnage. Le film comporte en outre un certain nombre d’attraits et de personnages étonnants : une fiancée coriace pour Conan qui prend les traits de Sandhal Bergman (tous deux effectuant eux-mêmes leurs cascades dans la mesure où aucune doublure convaincante ne fut dénichée pour les remplacer), James Earl Jones en méchant (dont le look et les attitudes sont directement inspirés par les guerriers du Alexandre Nevsky d’Eisentsein), le grand Max Von Sydow (
L'Exorciste) en roi viking, et en prime un serpent géant fort impressionnant.

Conan le Barbare doit également beaucoup à la sublime et emphatique partition de Basil Poeldouris, qui lui donne bien souvent les allures d’opéra wagnérien. Assez curieusement, c’est d’abord Vladimir Cosma, le légendaire compositeur de La Boum et de Rabbi Jacob, qui était pressenti pour composer la musique du film. « Le succès de Diva avait fait connaître mon nom en Amérique », explique-t-il. « De Laurentiis m’a contacté, j’ai fait mes valises, j’étais prêt à partir… Et puis au dernier moment j’ai refusé leur offre, pour une raison très triviale : j’ai la hantise de l’avion ! » (1) Comme quoi, les grandes décisions artistiques du cinéma tiennent parfois à peu de choses.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 2005

© Gilles Penso

Thema: Heroïc Fantasy
Sam 10 mai 2008 3 commentaires
Bien d'accord avec le fait que Conan fait figure de réference pour les films de fantaisy. Il est rare de trouver des adaptations réussies de l'univers riche et inventif de ce genre littéraire (dernière réussite en date : le seigneur des anneaux, comme tu le signales dans la chronique héroïc fantasy). Il n'est pas rare que je me laisse surprendre à regarder une fois de plus Conan quand il passe à la télé. Merci pour le commentaire sur mon site, je profite de ma visite pour ajouter le tien dans mes favoris.
Mirbel - le 17/05/2008 à 12h26
L'un des meilleurs films de Swarzy selon moi, avec terminator.
Niko - le 27/07/2008 à 23h39
Un chef-d'oeuvre, et je pèse mes mots. Revu hier, il n'y a ni temps mort ni d'action prédominante. De l'initiation d'un Conan déjà physiquement impressionnant (presque une demi-heure sans paroles) à sa mort et à sa résurrection, puis au combat final épique, tout est juste. Tu as cependant raison de souligner que l'adaptation s'éloigne beaucoup de l'imaginaire de Howard, reprenant toutefois de larges pans des comics de Roy Thomas, où s'illustra John Buscema.
Vance - le 15/11/2008 à 08h31