L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
(Lord of the Rings – Fellowship of the Ring)de Peter Jackson (Nouvelle Zélande)
avec Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Orlando Bloom, John Rhys-Davies, Christopher Lee, Liv Tyler
Voir la bande annonce
Le DVD est disponible ici
Le DVD version longue est disponible ici
La bande originale est disponible ici
Le roman original est disponible ici
Le projet semblait dément, mais comment ne pas lui donner raison au vu du résultat ? Qu’il s’agisse de la transcription du texte initial excessivement dense en scénario intelligible et captivant, du choix des décors naturels sublimes, du casting irréprochable ou des impressionnants moyens techniques mis en œuvre, La Communauté de l’Anneau ne dénote d’aucune faute de goût. Tout y est grandiose, magnifique, émouvant, essoufflant. Les superlatifs manquent pour décrire les qualités de cette épopée, s’attachant aux pérégrinations de neuf héros aussi dissemblables que faire se peut (trois humains, quatre minuscules hobbits, un elfe et un nain) qui se fixent la mission de détruire un anneau magique forgé par le maléfique Sauron.
On n’en finirait plus de citer les séquences sublimes qui rythment le film, à l’image de ce surréaliste torrent prenant la forme de chevaux au galop pour mieux écarter les cavaliers noirs de Sauron. Pour concevoir les multiples créatures fantastiques qui peuplent son récit, Jackson s’est octroyé les services de son vieux complice Richard Taylor et de Randy Cook, ancien spécialiste de l’animation image par image reconverti à la 3D. C’est l’occasion, pour Jackson, de rendre hommage à Ray Harryhausen, l’un de ses maîtres à penser. Notamment avec la séquence de la Moïra, qui met en scène un monstre marin tentaculaire, un gigantesque Troll et le fameux Balrog, sorte de redoutable dragon incandescent. "Pour la scène du Troll, nous avons utilisé le principe de la capture de mouvement non seulement pour l'actreur qui mimait la gestuelle du monstre, mais aussi pour les mouvements de caméra, ce qui permettait de le filmer comme s'il s'agissait d'un reportage, avec des mouvements brusques et saccadés", raconte Randy Cook (1).
La structure du scénario désobéit aux règles dramaturgiques habituellement établies, car non seulement le récit s’interrompt sans véritable climax, malgré une bataille entre hommes et Orques assez mouvementée, mais en plus il prend le temps de s’attarder sur chaque personnage et chaque enjeu sans se soucier véritablement des rythmes inhérents aux grands films d’action. En cela, il se rapprocherait plus du premier acte d’un opéra. Impression que confirme la partition d’Howard Shore, qui nous surprend lui aussi dans un registre où on ne l’attendait pas. Car le compositeur attitré de David Cronenberg, habitué jusqu’alors aux univers minimalistes, nous livre ici une musique flamboyante et emphatique.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 1999. L'interview complète a été publiée dans le livre STOP-MOTION.
© Gilles Penso
Thema: Heroïc Fantasy
Ven 23 mai 2008
Aucun commentaire