L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
(Children of Men)d’Alfondo Cuaron (Etats-Unis / Grande-Bretagne)
avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine, Chiwetel Ejiofor, Clare-Hope Ashitey, Pam Ferris, Danny Huston, Peter Mullan
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Alfonso Cuaron avait créé la surprise en réalisant l’épisode le plus stylisé de la saga Harry Potter. Le savoir aux commandes d’un film d’anticipation avait donc de quoi titiller notre curiosité, et le résultat est à la hauteur de toutes les attentes. Adaptant la nouvelle homonyme de P.D. James publiée en 1993, qui semble elle-même puiser des éléments d’inspiration dans le roman « Barbe-Grise » de Brian Adliss, Les Fils de l’Homme évoque moult fleurons du genre, de Soleil Vert à New York 1997 en passant par Blade Runner, Mad Max et même 2019 après la Chute de New York. Pour autant, le film de Cuaron n’a rien du patchwork référentiel.
Nous sommes à Londres en 2027, dans un futur qui ressemble étrangement à notre présent, à quelques exceptions près. Car une catastrophe insidieuse et imprévisible a frappé l’humanité : aucune femme n’est tombée enceinte depuis dix-huit ans. Cette stérilité généralisée annonce à terme l’extinction de la race humaine, ce qui explique en partie le chaos dans lequel le monde est tombé. Suite à de multiples actions terroristes, les plus grands pays ont été dévastés, voire rayés de la carte, et seule la Grande-Bretagne semble encore résister. D’où un flot incontrôlable d’immigrants irréguliers, parqués dans des cages ou dans des camps insalubres, et la mise en place d’un état policier frôlant le totalitarisme.
C’est dans ce contexte pour le moins pessimiste que se débat l’employé ministériel Theo Faron, qu’incarne avec beaucoup de conviction Clive Owen. Taciturne, il s’offre quelques escapades dans la maison de campagne de son vieil ami Jasper, un hippie sur le retour interprété par le savoureux Michael Caine. Au retour d’un de ces « bols d’air », Theo est kidnappé par un groupe extrémiste dirigé par Julianne Taylor, son ancienne campagne (la toujours magnifique Julianne Moore). Celle-ci lui offre de l’argent contre un service : aider une jeune femme prénommée Kee (Clare-Hope Ashitey) à passer la frontière. Theo accepte de mauvaise grâce, mais lorsqu’il découvre que Kee est enceinte, il réalise les énormes enjeux de sa mission…
Ce qui frappe dans Les Fils de l’Homme, au-delà de ses comédiens extraordinaires et de son univers claustrophobique, ce sont les choix de mise en scène de Cuaron. Rejetant l’image léchée, préférant le format 1.85 au Cinemascope, optant pour des mouvements de caméra accidentés, des lumières crues et des effets spéciaux discrets, le cinéaste emprunte souvent ses effets de style au reportage. La crédibilité du récit s’en trouve indiscutablement renforcée. Du coup, les scènes d’action s’avèrent brutales, plausibles et terriblement immergentes pour le spectateur. A ce titre, on n’est pas près d’oublier l’incroyable séquence d’attaque de la voiture conçue en plan-séquence (les effets numériques permettant l’enchaînement invisible de six prises distinctes) ou la longue fusillade finale dans les rues dévastées, tournée caméra à l’épaule et héritée de Full Metal Jacket, Il Faut Sauver le Soldat Ryan et La Chute du Faucon Noir. C’est donc dans un climat de tension et d’inconfort permanent que se déroule cette œuvre atypique dont l’impact perdure longtemps au-delà de son visionnage.
© Gilles Penso
Thema: Futur
Mar 3 jun 2008
2 commentaires
Ah tiens... j'ignorais que le plan séquence de l'attaque de la voiture était le fruit d'un montage numérique...
Merci pour l'info !
Peut-être ma scène préférée de ce film que j'aime singulièrement.
D - le 04/06/2008 à 22h06
totalement sous le charme de ce film ! Clair que les plans séquences sont hallucinants !
broots - le 09/06/2008 à 09h20