L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
(Chronicles of Narnia chapter 2: Prince Caspian)d’Andrew Adamson (Etats-Unis)
Avec Ben Barnes, Georgie Henley, Shandar Keynes, William Moseley, Anna Popplewell, Peter Dinklage, Sergio Castellitto
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Le Monde de Narnia premier du nom ne nous ayant qu’à moitié convaincus, nos attentes quant à ce second épisode étaient prudemment mesurées. Et force est de constater que la première partie du récit n’attise que modérément l’intérêt, jonchée de clichés et de lieux communs inhérents au genre. Le prince déchu, le roi usurpateur, le tuteur à la longue barbe blanche (façon Dumbledore), les nains grognons cachés dans la forêt (hérités de Willow, l’un d’entre eux étant d’ailleurs incarné par Warwick Davis), la souris fine lame (copie conforme du chat botté de Shrek 2)… Si Andrew Adamson redouble d’inventions techniques et artistiques, révélant là une indéniable amélioration par rapport à l’épisode précédent, la narration a du mal à suivre.
Témoin cette scène d’introduction au cours de laquelle les quatre enfants Pevensie, héros du récit, sont transportés depuis le métro londonien des années quarante jusque dans le monde de Narnia. Visuellement, la séquence est une merveille : les dalles au mur se décollent une par une, la rame du métro s’engouffre dans un tunnel qui la fait brusquement disparaître, la lumière envahit soudain les lieux pour révéler une plage ensoleillée… Mais le potentiel dramatique d’un tel spectacle est considérablement amenuisé par les réactions des jeunes protagonistes, se contentant de constater tranquillement : « tiens, ça sent la magie ». La première heure du Prince Caspian est à l’avenant, galvaudant par son écriture laxiste une mise en image souvent remarquable. C’est d’autant plus dommage que l’une des thématiques centrales du film est passionnante, puisqu’il s’agit de la perte de l’innocence et du passage à l’âge adulte.
Lorsque les enfants Pevensie pénètrent à nouveau dans le monde fantastique de Narnia, 1300 ans s’y sont écoulés. Les palais qu’ils ont connus ne sont plus que des ruines, les Narniens sont devenus un peuple opprimé obligé de se terrer dans les bois, une tyrannie a été mise en place par le cruel Miraz (excellent Sergio Castellitto) et le puissant lion Aslan semble n’être plus qu’une légende ancienne. Tous leurs repères ont donc disparu. Pour renverser la situation, les enfants vont devoir prendre leurs responsabilités, rassembler les Narniens, s’allier au prince Caspian et s’opposer aux troupes de Miraz. Or la bataille semble perdue d’avance, tant le nombre de belligérants et l’équipement militaire du roi jouent en leur défaveur.
A ce stade de l’intrigue, les enjeux se concrétisent enfin et le spectateur, qui suivait jusqu’alors le récit d’un regard distant, se surprend à plonger dans le feu de l’action et à s’impliquer dans la lutte. Si elles ne dépassent jamais en démesure celles mises en image par Peter Jackson, les batailles s’avèrent très prenantes, car leur issue est toujours incertaine. Lorsque la monstrueuse échauffourée vire au duel mano a mano, le suspense est à son comble, et Andrew Adamson le gère avec beaucoup d’efficacité, s’appuyant sur un montage nerveux et une partition fiévreuse d’Harry Gregson-Williams. La seconde partie du Prince Caspian rachète donc en partie les lacunes précédentes et s’achève sur un climax démentiel, la nature participant au conflit de fort spectaculaire manière.
© Gilles Penso
Thema: Heroïc Fantasy, Contes de fées, Mythologie, Mammifères, Végétaux
Mer 18 jun 2008
4 commentaires
Autant le premier m'avait gonflé par sa féerie mielleuse et sa niaiserie débordante (j'avais détesté, au grand désespoir de ma fille), autant ce second opus se révèle assez agréable et même parfois jouissif. LEs ellipses narratives du début risquent de laisser plus d'un gamin sur le carreau et l'on assiste bien davantage à de la bonne heroic fantasy rythmée par de réguliers corps à corps pour un spectacle ressemblant à un Retour du Roi allégé. Dommage que quelques naïvetés (comme des passages obligés) et une fin hâtée et trop facile (reposant entièrement sur une magie toute-puissante) gâchent le ressenti. Mais au moins, j'y ai pris pas mal de plaisir ; les interprètes sont un peu moins empruntés et surtout les seconds rôles sortent du cadre gentil animal de compagnie qui parle. Décors & paysages somptueux, musique grandiloquente mais pas envahissante. Nettement plus réussi.
Il est clair que le thme central est intéresant, mais malheureusement un peu laissé pour compte, dissimulé dans les interrogations de Susan ("Pourquoi ne l'ai-je pas vu ?") et les décisions de Peter.
Vance - le 23/06/2008 à 18h53
Contrairement à certains spectateurs , j'ai beaucoup aimé le premier chapitre. Il est vrai que je l'ai vu avec une de mes filles qui avait 8 ans à l'époque et qui était totalement émerveillée.
De plus, j'ai adoré la lecture de Narnia , enfant, et j'ai redécouvert d'un oeil neuf l'histoire au cinéma.
J'attends donc beaucoup du Prince Caspian et votre chronique me laisse beaucoup d'espoir.
david martin - le 25/06/2008 à 08h08
Je répond ici, suite au passage sur mon blog ^^
Globalement ce second épisode est plus palpitant que le premier. mais je trouve qu'il souffre de quelques longueurs,notamment comme vous dites, dans sa première partie.
Angs - le 27/06/2008 à 23h35
Merci de votre passage sur mon blog, et merci pour votre message!!!
Comme je je dis dans mon article, j'ai bien aime ce film, mais aussi pour ses couleurs , son côté merveilleux mais pas mièvre, même sans les yeux de ma petite-fille , il m'a enchantée,la violence était supportable!!!
Bonne journée... amitiés picardes.... peneloppe
brigitte -peneloppe277 - le 02/07/2008 à 11h30