L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
de George A. Romero (Etats-Unis/Canada)avec Michelle Morgan, Shawn Roberts, Nick Alachiotis, Matt Birman, George Buza, Joshua Close, Christopher Cordell
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Quels que soient les projets cinématographiques de George Romero, les zombies reviennent toujours croiser son chemin, comme si ces monstres surgis de l’au-delà stigmatisaient à merveille son point de vue sur les travers de l’humanité. Diary of the Dead est donc sa cinquième incursion au pays des morts-vivants – sans compter les cadavres récalcitrants de Creepshow – et s’apprécie comme une relecture complète du mythe que le cinéaste créa en 1968 avec La Nuit des Morts-Vivants. Ce nouvel opus prend ainsi les allures de préquelle nous racontant les événements depuis le tout début mais en s’appuyant sur les technologies d’aujourd’hui. « Land of the Dead était un film hollywoodien produit par le studio Universal », nous raconte Romero. « C’était agréable, dans la mesure où j’ai vraiment pu porter à l’écran ce que j’avais en tête sans trop de restrictions budgétaires. Mais le revers de la médaille est que j’avais un peu perdu le contact avec le concept brut tel que je l’avais imaginé à l’époque de La Nuit des Morts-Vivants. J’ai donc conçu Diary of the Dead comme un retour aux sources. » (1)
Lorsque l’épidémie de morts-vivants commence, ce ne sont d’abord que quelques cas isolés répertoriés par une police parfaitement impuissante. La nouvelle se répand à vive allure, et c’est à la radio que cette information parvient aux oreilles de Jason Creed, un étudiant en cinéma accaparé par le tournage d’un film d’horreur mettant en scène une momie à l’ancienne. Abandonnant son projet d’études, Jason entraîne son équipe dans la réalisation d’un documentaire dévoilant les horreurs bien réelles de l’affrontement entre les morts et les vivants. C’est donc à la première personne que Romero narre ce cinquième épisode de sa saga des zombies. Mais contrairement à Cloverfield ou à [Rec], qui optent pour le point de vue unique d’une caméra subjective, Diary of the Dead mixe diverses sources vidéo (caméras HD, appareil photo, caméras de surveillance, webcams, images d’actualités) auxquelles il ajoute des effets de montage et une bande originale de film d’épouvante.
Même si ces procédés sont pleinement assumés, dans la mesure où le long-métrage est conçu comme un faux documentaire (baptisé « Death of Death », autrement dit « la mort de la mort »), on ne peut s’empêcher de trouver le résultat hybride. Trop brouillon pour un film de fiction traditionnel, trop élaboré pour une simple captation vidéo, Diary of the Dead a du mal à se positionner et perd du coup une partie de son impact. L’autre problème est lié à la thématique du film, que la voix off nous assène de manière souvent trop explicite : la manipulation de la réalité. Le sujet est passionnant, mais il n’est jamais traité frontalement, à l’exception d’un bout de scène où les autorités truquent les premières images d’attaque des zombies pour faire croire à une agression de sans-papiers ! Malgré ces imperfections, la magie opère et les fans du réalisateur de Creepshow s’y retrouvent. Au lieu de sacrifier à la mode en se fendant d’une énième variante musclée sur le genre, le cinéaste parvient une fois de plus à se renouveler. Ce refus de la facilité est un atout considérable, dotant le film d’une sincérité que de nombreux réalisateurs devraient envier à Romero.
Le DVD: Attention, Bac Vidéo sort le grand jeu: un commentaire audio de George Romero sous-titré en français, une interview du maître et de ses acteurs, un reportage sur les maquillages spéciaux, un module sur les guest-stars prêtant leur voix off aux spots radio, les bandes annonces, et le court-métrage "La Boucherie Sangnom" de Julien Lefer.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en mars 2008
© Gilles Penso
Thema: Zombies
Mer 18 jun 2008
7 commentaires
premier commentaire "pas trop" négatif que je lis... Autant la BA m'avait accroché, autant je suis inquiet du résultat...
broots - le 18/06/2008 à 21h47
Grosse déception avec le diary de Papi Romero , la magie ne prend plus malgrés une idée sacrément intéressante et une critique de l'invasion dans nos vies des médias et du net ...
Les personnages sont assez inintéressants et trés clichés ( kikoo le vieux prof alcolo et cynique ) , les zombies sont certes lents et donc fidéles a ce qu'ils doivent être ( kikoo Zack Snyder et ses zomblards sous acide !! ) mais pour le reste ben ça tourne méchamment en rond ...
Dommage ...
Gally - le 19/06/2008 à 21h08
Bonjour Gilles
Je viens de voir Diary of the Dead. J'ai vraiment bien aimé son dernier film avec effectivement une thématique sur la manipulation assez intéressante. C'est vrai que ce n'est pas traité frontalement, mais cela reste très intéressant pendant le film et cela est assez bien intégré au métrage.
Sinon, la présence de quelques "meutres" contre les zombies est sympathique avec quelques trouvailles vraiment pas mal.
Sur toute sa filmographie de zombies, ce dernier opus a l'avantage de se renouveller et de ne pas trop tourner en rond. En fait il y a une sorte de synthèse de tous ses précédents films.
La Momie est amusante car elle est l'image des anciens monstres de la Hammer, avant que les zombies ne les remplacent...
Captain Blood - le 21/06/2008 à 11h21
salut! personnellement, j'ai vraiment bien aimé! je n suis pas un spécialiste du genre, plutot attiré par le film Noir que par le film Fantastique...et j'ai été servi! ce film est hyper-noir, sans compassion pour une humanité qui ne mérite plus ce nom! la derniére image se prend comme un coup de poing dans la gueule! mais en plus y a plein de passages tres drôles! cette façon de jouer avec les clichés du genre et l'actualité (l'amérique est en guerre, ne l'oublions pas!), enfin ça m as bien plu!
sinon, dans le meme genre mais en BD, je vous conseille "walking dead" ,editions Delcourt,tres inspiré de romero, du zombi mais surtout porté sur la psychologie des survivants(pas pour longtemps,yerk,yerk!)c'est la seule BD de zombi (que je connaisse) qui m'ai vraiment accroché, j en ai même fait des cauchemards! ^^
pich - le 24/06/2008 à 23h37
Salut Gilles,
Le dernier Romero m'intéresse fortement. Encore une fois, à travers les zombies, il s'attaque à un problème de notre société.
Cependant, je dois avouer que j'émet quelques doutes sur la crédibilité de ce nouvel opus. Est-ce que Romero a encore en lui cette flamme qui faisait tant sa renomée ?
Thib.
Thib - le 25/06/2008 à 15h00
Ce n'est pas Romera qui réalise cette merde, c'est pas possible...ça fait pas peur, la critique des médias fait plus rire qu'autre chose, ect..
bref, énorme déception : le maitre est perdue !
slimdods - le 03/07/2008 à 13h49
Bon, je l'ai vu.
Après Land of the dead, j'étais peu emballé par l'envie de voir celui-ci.
A chaud, je trouve le film pathétique. Comme d'habitude, les acteurs sont mauvais ce qui n'est pas une surprise chez Romero. Il joue très mal, ce qui est dommageable dans un film où tout rpose sur eux puisqu'on les suit on particpe à leur aventure, leurs émotions.
Je n'ai pas réussi à m'impliquer.
La critique sociale est pathétique. C'est beau de vouloir faire des films sociologiques mais avec une critique assez pataude et facile, ce n'est pas possible. On se croirait au PMU du coin.
Et surtout alors qu'il démonte l"hyper-réalité", la manipulation, le sensationnel des médias, il use des mêmes artifices a des fins de mise en scène non pas critiques mais de divertissements:
-même si "Hello I'm Samuel" et le clown m'ont bien fait rire, mais ce ne sont pas leur place.
-Une "mort" différente pour chaque séquence de zombie
-Un shooting plat alternant avec des prises de vues virtuoses.
Ben alors Papi, on radote?
Je suis à chaud mais du coup, je regarde de plus en plus la saga de Romero avec de plus en plus de doutes. Et si finalement, les films n'étaient pas si bons?
Et ça, ça me fait peur
Maxime - le 30/08/2008 à 12h08
Allons, allons… Tu ne vas quand même pas remettre en cause LA NUIT DES MORTS-VIVANTS et ZOMBIE parce que tu n'as pas aimé DIARY OF THE DEAD ?!! C'est comme si tu reniais NEW YORK 1997 après avoir
été déçu par LOS ANGELES 2013. Je te concède que le propos de Romero commence à être redondant, mais c'est le seul qui continue vaille que vaille à utiliser les morts-vivants comme support à un
propos politique et social. Ça change un peu des RESIDENT EVIL, non ?
Gilles Penso