L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique

de Paul Anderson (Etats-Unis/Allemagne)
Avec Milla Jovovich, Michelle Rodriguez, Eric Mabius, James Purefoy, Martin Crewes, Colin Salmon, Ryan McCluskey


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Lorsqu’il créa le jeu vidéo « Resident Evil » en 1996, Yoshiki Okamoto s’inspira ouvertement de la trilogie des morts-vivants de George Romero. Il paraissait donc logique que le père de Zombie en réalise l’adaptation cinématographique, et il en fut un temps question. Hélas, le jovial barbu de Pittsburgh n’étant plus à la mode au début des années 2000, la mise en scène de Resident Evil échut à Paul Anderson, dont le seul mérite fut de signer Mortal Kombat, l’une des moins mauvaises adaptations de jeu vidéo pour le grand écran. Le prologue du film cultive le mystère, enchaînant des séquences énigmatiques dont le sens ne nous est révélé que dans un second temps. Il y a d’abord les 500 employés de la société Umbrella Corporation, pris au piège dans leur laboratoire souterrain, attaqués par les systèmes de sécurité et les ascenseurs, et enfin assassinés en masse. Puis apparaît Alice (Milla Jovovich), une jeune femme qui s’éveille nue dans une luxueuse villa, complètement amnésique, avant d’être embarquée de force par un commando musclé qui la dirige tout droit dans le laboratoire sinistré, via un passage souterrain et un train blindé.

Les choses s’éclaircissent alors peu à peu. Les 500 membres du personnel scientifique semblent avoir été sacrifiés par « La Reine Rouge », un système de sécurité doté d’une puissante intelligence artificielle, afin d’éviter la propagation du virus T qui y était expérimenté. Ce dernier a la capacité de réactiver le cerveau des morts, muant ainsi les cadavres en zombies animés d’une vie mécanique et primaire. Lorsque la mémoire lui revient progressivement, Alice réalise qu’elle est un agent secret au service d’Umbrella Corporation, chargée de s’assurer que le secret entourant les recherches effectuées dans le laboratoire reste entier. Dès lors, en compagnie du commando sévèrement burné qui semble photocopié sur celui d’Aliens, elle va devoir affronter toute une armée de morts-vivants en blouse blanche, avides de chair humaine, ainsi qu’une poignée de monstres mutants particulièrement féroces.

L’intrigue étant extrêmement linéaire, les personnages translucides et les situations mille fois vues, autant dire que Resident Evil se suit sans beaucoup de passion. D’autant que Milla Jovovich s’avère aussi expressive qu’un androïde et se bat contre les zombies à grands coups de kickboxing façon Jean-Claude Van Damme, en une série de pugilats franchement ridicules. Le film de Paul Anderson souffre ainsi du syndrome des adaptations de jeux, accumulant artificiellement les scènes d’action, le tout souligné par une musique techno fort prévisible. Restent trois séquences plutôt bien fichues : les soldats mutilés dans un sas par un rayon laser (avec un découpage en petits morceaux directement repris au prologue de Cube), l’attaque des chiens-zombies, et l’affrontement contre le monstre final, une hideuse créature conçue par les scientifiques d’Umbrella Corporation en injectant directement le virus dans des tissus vivants. Typique des « boss » de jeux vidéo, cette bête colossale en mutation demeure la seule pointe d’originalité d’un film par ailleurs assez banal, dont le final annonce une apocalypse très proche de la scène d’introduction du Jour des Morts-Vivants… de George Romero, bien sûr.

© Gilles Penso

Thema:
Zombies
Jeu 19 jun 2008 4 commentaires
Je suis pas très jeux vidéos et j'avoue que je n'ai jamais été tenté par ce film... Merci de ta critique. Bonne journée à toi!
Jim - le 19/06/2008 à 13h16
Hellooo !!! Fan des jeux vidéos , je me suis précipitée joyeusement au ciné lors de la sortie de cette adaptation sur grand écran d'un des meilleurs univers videos ludiques que j'ai jamais vus ... Quelle déception que de voir que ce qui aurait du être une ode aux zomblards n'était en fait qu'une pub pour milla jovotruc qui sautille et prend des poses dans sa robe devant des zombies navrés de ne pas pouvoir lui arracher le cuir chevelu parce qu'elle le vaut bien ... Nan sérieusement ce film et ses suites sont des purges immondes , j'ai été assez maso pour me matter les trois films , je ne sais pas lequel est le pire ... ( désolée , chuis pas douée pour les critiques constructives ^^ )
Gally - le 19/06/2008 à 21h05
Merci pour ton commentaire imagé ! C'est vrai que Leeloo L'Oréal face aux zombies, ça tourne vite au ridicule !
Gilles Penso
Je l'ai en DVD et j'ai bien aimé. Je n'ai pas eu l'occas de voir les 2 autres
Sebiwan - le 20/06/2008 à 09h25
Très loin en arrière, lors de l'annonce du projet avec Romero au commande, j'étais comme fou. Plus tard, en lisant son script pour le film, lequel respectait quasiment à 100% le 1er jeu de la série, j'étais encore plus impatient. Et puis est arrivé le véritable film, les affiche avec Milla machin et la bande annonce avec un kick dans la gueule d'un chien zombie. Je suis resté comme ça --> O__O et j'ai préféré laisser tomber (non sans enrager). Le film a disparu des écrans, est passé en DVD et a connu une première suite. Des années plus tard je le trouve pour 1euros en Cash et je l'achète quand même, dans l'optique "de me marrer". Mais sceptique, je laisse trainer la chose encore quelques temps. Puis sort le 3ème épisode. Avec le temps, la rancoeur de voir mon jeu préféré être complètement démolie c'est un peu apaisée (notamment avec des vidéos de Code : Veronica qui part un peu en live et l'histoire d'un RE4 qui n'entretien presque plus aucun rapport avec l'intrigue de base) et je me dis "oh allé !" Et puis bon. Ca reste naze. Pas AUSSI naze que mon ego de gamer enragé l'aurais voulu, mais c'est soft, cliché, Milla fait du L'Oreal Milla et le boss de fin, un Lickers, bon ben... C'est un peu ce foutre de nous. Au final RE le film, c'est le type de film qu'on oublie totalement après l'avoir vu en fait. Comme Super Mario Bros quoi. Sauf que Super Mario avait pas Milla pour faire sa pub et pas de campagne marketing aussi matraquante. Du coup ça saoule tout de suite moins. Enfin bon, en ce moment arrive RE5 le jeu et ça marque un peu plus les esprits que cette série cinoche.
Prem - le 16/07/2008 à 14h01