L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
de Franck Darabont (Etats-Unis)Avec Thomas Jane, Andre Braugher, Laurie Holden, Marcia Gay Harden, Toby Jones, Amin Joseph, Alexa Davalos, William Sadler
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L’adaptation d’un roman de Stephen King par Franck Darabont est toujours un événement. Après The Woman in Room, Les Evadés et La Ligne Verte, notre homme s’attaque ici à « Brume », une nouvelle publiée en 1985 dans le recueil du même nom. Darabont en profite pour revenir à ses premières amours : les « monster movies » à l’ancienne. Rappelons en effet que cet auteur/réalisateur primé aux quatre coins du monde écrivit en début de carrière les scripts de Freddy 3, du Blob et de La Mouche 2. Incarné par Thomas Jane, le héros de The Mist est David Dayton, qui vit dans une petite ville du Maine et gagne sa vie en peignant des affiches pour le cinéma (son atelier est d’ailleurs orné par le fameux poster de The Thing). Un soir, une tempête ravage les environs et déracine de nombreux arbres autour de sa maison. Parti dans la superette du coin en compagnie de son jeune fils Billy pour acheter de quoi réparer les dégâts, David constate qu’une brume étrange enveloppe peu à peu toute la ville, et que d’inquiétantes créatures s’y dissimulent. Quiconque tente de s’échapper du magasin est en effet happé et dévoré par des choses invisibles. Pour éviter de connaître un sort similaire, la petite centaine d’habitants réfugiés dans le supermarché va devoir se serrer les coudes.
La grande force de The Mist est d’aborder son sujet sous un angle extrêmement réaliste et de s’attacher en priorité au comportement de ses protagonistes. En situation de crise, le vernis ne tarde pas à craquer, et lorsque la panique se répand telle une traînée de poudre, la nature humaine prend des atours très peu reluisants. A l’instar d’une Nuit des Morts-Vivants, The Mist pose alors en substance la question fatidique : les monstres qui rodent à l’extérieur sont-ils pire que les humains en proie au huis clos ? Galvanisés par une redoutable bigote (l’excellente Marcia Gay Harden) récitant sans interruption des versets de la bible, la plupart des rescapés se laisse bientôt aller au fanatisme religieux, quitte à organiser des sacrifices humains pour calmer « la colère divine ».
S’il se concentre sur ses comédiens qu’il filme d’ailleurs avec une nervosité proche du reportage (avec l’aide du chef opérateur et des cadreurs de la série The Shield), Franck Darabont ne délaisse pas pour autant les monstres eux-mêmes. Et lorsqu’il se décide enfin à les révéler, nous découvrons des abominations qui semblaient n’exister jusqu’alors que dans les pires cauchemars… ou dans les romans de Lovecraft. Céphalopodes titanesques dont les tentacules arrachent les chairs de leurs victimes, insectes géants armés de dards empoisonnés, créatures volantes à mi-chemin entre le ptérodactyle et le rapace, araignée géantes arborant d’hideux faciès grimaçants, chacune de ces bêtes apocalyptiques provoque d’irrépressibles frissons à chacune de ses apparitions. Accumulant les tensions extrêmes et les séquences horrifiques, le film s’achemine vers un dénouement très éprouvant, qui s’éloigne du texte original pour asséner un véritable coup de massue au spectateur. The Mist est donc une réussite indéniable, assumant pleinement son statut de « film de monstre » tout en transcendant avec talent les codes du genre.
© Gilles Penso
Thema: Insectes et Invertébrés, Araignées, Mondes Parallèles et Virtuels
Mar 24 jun 2008
3 commentaires
une belle réussite, sanctionnée par un Box Office anémique, mais très peu de promo a été faite en France pour ce film.
renaud - le 24/06/2008 à 18h56
Hello c'est encore moi ^^
J'ai adoré ce film qui est une trés trés bonne adaptation d'un des meilleurs récits jamais rédigés par le sieur Stephen King , les effets spéciaux sont certes trés cheap parfois ( le tentacule dans la réserve ) mais l'ambiance est tellement prenante qu'on en oublie facilement ces faiblesses .
Ce que je préfére c'est le côté huis clos malsain avec les fanatiques religieux qui tentent de se rassurer comme ils peuvent quand le monde qu'ils connaissent s'effondre .
Les vrais monstres ne sont pas forcément dans la brume !!
A noter la fin cataclysmique qui dépasse celle de la nouvelle !!!!
Gally - le 24/06/2008 à 19h43
Grand film, tres beaux monstres et putain, quelle fin !!!!
Beaucoup de points communs avec les deux premiers episodes de The Walking Dead, saison 1.
Beaucoup de points communs avec les deux premiers episodes de The Walking Dead, saison 1.
Airone - le 15/02/2011 à 01h49